Et les mufflers devinrent à jamais silencieux...

Ceci est une tentative de résoudre deux problèmes importants, deux boulets qui empêchent le Québec d'avancer. Il y a d'une part le système de santé, qui semble se détériorer assez rapidement en raison en partie d'un vieillissement de la population, de l'augmentation du nombre de maladies dégénératives et du désengagement de l'État. L'autre problème est l'augmentation de la pollution, qui ne comprend plus aujourd'hui que la seule pollution de l'environnement physique mais également la pollution visuelle, la pollution sonore et de plus en plus la pollution lumineuse.

Il existe une façon de soulager assez efficacement le Québec de ces deux boulets qui sont le lot de plusieurs autres pays, quoique à des degrés différents. À la racine de ces deux problèmes on retrouve une des inventions les les plus dangereuses pour l'homme, malgré ce que la plupart en pensent.

L'automobile est un des fléau du monde moderne, un "cancer" qui ronge les terrains, pour reprendre une expression d'Edgar Fruitier, et il est plus que temps de réduire au minimum les manifestations de cette invention devenue calamité par l'entremise de l'Oncle Sam. L'automobile est une arme meurtrière, blesse chaque jour plus de gens que n'importe quel couteau ou arme à feu et produit plus de substances polluantes qu'un cabinet de pharmacie mal géré. Les Québécois, pour pouvoir obtenir les services du dieu AUTO, ont sacrifié des acres de terres arables et très fertiles, des quartiers habitables, des lignes de tramway, des forêts et des milieux humides, souvent pour des tronçons de route dont l'utilisation se mesure en minutes par jour (l'exemple le plus flagrant est la région de la capitale de la province, où les autoroutes ne servent véritablement que de 8 h à 9 h et de 15 h à 17 h).

Maintenant que le Québec n'est plus un producteur automobile, le temps est venu de passer à une structure de transport davantage multiforme. Mais pour décourager la propension culturelle des Québécois à prendre leur "char", il faut développer des stratégies robustes et nombreuses. Ces stratégies sont les miennes et je crois qu'elles peuvent compléter celles du nouveau parti politique montréalais Projet Montréal.

Une première initiative serait de rétablir les postes de péage sur les autoroutes. Les premiers postes de péage devraient en fait apparaître sur tous les ponts de Montréal et les deux ponts de Québec. Les postes de péage sont une bonne solution pour

1) ralentir et régulariser la circulation sur les autoroutes

2) contribuer à améliorer l'entretien du réseau routier

3) amener certains automobilistes à emprunter des routes secondaires au lieu des autoroutes

Un grand nombre d'édifices ayant servi de postes de péage dans les années 1970 sont encore debout, il suffirait alors de les rénover et d'installer des guichets modernes. Il faudrait que les profits de ces postes de péage aient en majorité dans les coffres du Ministère des Transports. Il s'agit d'une bonne solution de rechange à une taxe sur l'essence, qui finalement ne rapportera peut-être plus un jour si les gens se dirigent vers les autos hybrides ou économe d'essence. Une partie de l'argent des postes de péage pourrait être investie dans des solutions de transport en commun comme le tram-train ou les pistes cyclables.

Une deuxième stratégie serait d'interdire la propriété de véhicule aux personnes de moins de 21 ans. Il est déjà impossible pour une personne de moins de 21 ans de louer une voiture, alors, bien qu'impopulaire au début, cette mesure contribuerait à faire baisser le nombre d'accidents de la route.

Une troisième stratégie serait d'abolir les régimes d'assurance-auto au privé de l'étatiser et de faire en sorte que d'assurer un deuxième ou un troisième véhicule devienne respectivement le double et le quadruple du prix d'un seul véhicule. Les sommes exigées seraient ensuite versées directement au Ministère de la Santé et des services sociaux. Une plus grande prime serait aussi exigée des camionneurs, des conducteurs et propriétaires de véhicules utilitaires et de récréation.

Une quatrième stratégie demanderait aux instances municipales des grandes villes de fermer les centres urbains à la circulation automobile, désignant des quadrilatères de plus en plus vastes où la circulation piétonnière et la circulation cycliste, sans oublier le transport en commun, deviennent les seuls moyens de se rendre au centre ville. À Montréal, par exemple, la rue Sainte-Catherine pourrait devenir piétonnière-cycliste-tramway de l'avenue Guy à Papineau. L'été cette artère ferme presque tout le temps en raison des multiples festivals de toute façon, ce ne serait qu'un pas de plus dans la bonne voie. Une étude allemande a démontré que les centre villes des cités dépourvues d'autoroutes sont celles avec le plus faible taux de chômage. L'avantage de fermer des quadrilatères entraîne aussi une baisse de fréquence de déneigement et une diminution du smog et d'embouteillages, donc une amélioration de la qualité de l'air.

Parmi les autres stratégies pour décourager les automobilistes et donner plus d'argent au réseau des transports, des amendes pour excès de vitesse au pourcentage du salaire (par exemple, une amende de 10 000 $ pour un salarié de 100 000 $ par an qui roule 200 km/h dans une zone de 100). Pour augmenter la sécurité sur la route, il serait aussi possible d'interdire et enlever les klaxons sur les véhicules automobiles (En Suède les accidents ont diminué de 25 % après l'application de cette politique) ou encore, retirer le permis à vie des conducteurs pris en état d'ébriété ou sous narcotiques, et de leur retirer aussi le droit d'acheter un véhicule automobile.

Si vous avez d'autres stratégies, elles seront les bienvenues.

Publié par Phonono le 18 septembre 2004 à 12:51 AM TrackBack Commentaires (14)