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La Sharî'a.*
Un débat sur la Sharî'a (charia) en Ontario et parmi les communautés musulmanes au Canada laisse perplexe. Des ìtribunauxî ou comités d'arbitrage fondés uniquement sur le ìdroit musulmanî existe déjà. Ils sont régis par la loi de 1991 sur les arbitrages. Mais que ceux-ci soient permis par la loi canadienne ou une loi provinciale et s' inspire premièrement de la SharÏ'a pose le problème suivant: la SharÏ'a devrait-elle être le fondement de la pesée des litiges et des médiations dans certaines causes civiles, dont celles qui touchent le mariage et le divorce, pour les musulmans qui le désirent?
Premièrement, il y a plusieurs Sharî'a et plusieurs médiateurs de celles-ci: selon les grandes traditions (branches religieuses), selon les ìsectesî, selon les lieux et leurs coutumes et les écoles juridiques. Quelle SharÏ'a alors prédomine? On peut supposer aussi que les juges médiateurs s' inspireront aussi de la Sunna et du Fiqh. ** De plus, il y a toutes sortes de règles explicites et implicites d' interprétation sans parler des coutumes et moeurs des uns et des autres.
Les uns veulent vivre leur vie selon leur foi; à la limite, selon les points de vue, cela peut signifier que la loi religieuse est au-dessus des lois civiles, des chartes et des constitutions. Ceci fut il y a quelques temps clairement énoncés lors de débats télévisés sur la chaîne CBC. Les visées de ceux et celles qui cherchent à instaurer des tribunaux islamiques le montrent. Ce qui dans une société dite multiculturelle et démocratique et régie par une charte ou une déclaration des droits, une constitution, des systèmes de droit et leurs institutions est un pur non sens.
En l'occurence, ici, les Sharî'a recèlent des anthropologies diverses, c'est à dire des conceptions sur les humains, les personnes, les rapports entre les personnes, entre homme et femme, sur les enfants et les rapports entre enfants et parent. Il faut que le gouvernement ontarien examine sérieusement les vues anthropologiques inhérentes aux Sharî'a et les compare avec celles inhérentes aux chartes de droit et aux droits divers. Il me semble que dans ce pays, dans nos provinces, ce sont les institutions et les valeurs religieuses et les comportements qui en découlent qui devraient être soumis aux chartes des droits et aux droits d' ici et non l'inverse. La raison principale est le fondement de toute société qui se dit démocratique, à savoir la souveraineté de la personne, ce qui implique sa liberté; source ultime du fondement de la société et de tout l'ordre social. Il est malheureux qu'au Canada, on a pas saisi encore toute la portée de cette réalité, le Canada n'étant pas tout à fait une société ìlaïqueî.
Note:
*--ì La Sharî'ah serait le Coran et les traditions sur la vie du prophète; forme la base de la loi islamique. Mais la loi ici n'est pas une forme de la volonté humaine, elle s'enracine dans la volonté divine. C'est en somme le modèle divin de l'agir humain. Sharî'ah, le terme signifiait à l'origine, "chemin menant à l'eau", ce qui favorise le rapprochement avec la source de la vie, surtout dans le contexte de la vie pastorale et nomade au désert.î
**-- Existe aussi la SUNNA, ce semble être des propos personnels du prophète qui présentent l'ensemble du code de vie (hadîth, les paroles recueillies de la bouche du Prophète). Il s'agit d'une élaboration d'une morale de vie qui se fonde sur la vie du Prophète, sur ses commentaires sur la vie en tant que celle-ci s'inspire de la révélation.
Il y a aussi le Fiqh, le droit musulman, qui est l'oeuvre de théologiens ou de docteurs de l'Islam qui ont interprété la vie en regard du Coran et de la tradition. C'est la connaissance concrète de ce qui est nécessaire à une vie pleine en Dieu. L'orientation religieuse est essentiellement celle d'une foi qui se traduit dans l'action. Cette conduite de vie s'inspire d'un modèle divin qui de fait est révélé par la voix du Prophète. Les interprètes dans l'histoire de l'Islam ont sans cesse eût le souci de préciser la connaissance concrète de la loi. La compilation la plus connue est celle de El Bokhari (Al-Bukhâî) (818-878): al-Jâmi aç-çahîh. Chaque grande école a ses manuels de fiqh. < Une source utilisant les précédentes et les complétant, c`est le Tafsîr ou Exégèse de Tabarî(923). C`est un commentaire exhaustif du Coran, paru en 30 tomes au Caire en 1884, (1954), et à Bûlâq en 1904.>
Publié par Hermès le 04 septembre 2004 à 05:20 PM
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