![]() |
![]() |
|

Voir dans le numéro d'octobre/novembre du journal Le Québécois cet article où le politicologue montréalais Henry Milner (qui a été candidat du PQ dans les années 70) affirme qu'une réforme du scrutin proportionnel mixte d'inspiration écossaise permettrait aux partis souverainistes du Québec de s'allier et d'obtenir ainsi une majorité à l'Assemblée nationale. Cela permettait d'enclercher un processsus vers la souverainteté qui aurait beaucoup plus de chances d'être couronné de succès que si le PQ l'entreprenait seul dans un régime électoral majoritaire uninominal à un tour comme actuellement, estime-t-il.
Milner pense aussi qu'avec ce système, l'UFP (ou le parti qui pourrait résulter éventuellement de sa fusion avec Option citoyenne) pourrait jouir d'une représentation à l'Assemblée nationale digne de ce nom. Il pourrait ainsi faire pression de façon plus efficace sur les décideurs souverainistes pour qu'ils intègrent plusieurs éléments de nature à mobiliser à nouveau une gauche qui a considérablement déserté le mouvement souverainiste québécois depuis quelques années, et ce , à cause de l'influence totale qu'y exercent les péquistes et les bloquistes. Mais pour que cela se fasse, ajoute-t-il, il faudrait que le PQ accepte d'abandonner son hégémonie sur la conduite du mouvement souverainiste.
Milner craint, par contre, que la réforme du mode de scrutin promise par les libéraux ne se fasse pas parce que leur remontée dans les sondages, combinée aux problèmes internes du PQ, ne les incite à répéter l'expérience de l'élection d'avril 2003 où ils ont obtenu suffisamment de voix (13% d'avance) pour surmonter l'handicap de 5% à 7% (quelque 300 000 votes) qui les afflige vis-à-vis de ces derniers.
Une autre raison qui peut inciter le gouvernement Charest à ne pas présenter sa réforme, explique Milner, est l'opposition manifestée jusqu'ici par la grande majorité de députés péquistes. Ils boudent le processus parce qu'ils pensent qu'une telle réforme ferait en sorte que la réalisation de l'indépendance du Québec serait plus difficile qu'avec le mode de scrutin actuel. "Affirmer une telle chose, ce n'est ni plus ni moins qu'une erreur stratégique" dit le politicologue. Ce dernier renchérit en soutenant que les péquistes qui veulent maximiser ainsi le nombre de sièges péquistes démontrent que ce qui compte avant tout pour eux ce n'est pas l'avenir politique du Québec, mais celui du PQ.
Au contraire, dit-il, l'opposition péquiste devrait collaborer en jouant son rôle de façon contructive, c'est-à-dire en proposant des amendements pour bonifier le projet des libérau afin d'y faire inclure un deuxième tour et l'utilisation de listes, car sans de tels éléments éléments les petits partis seraient considérablement défavorisés, conclut-il. (Il aurait pu ajouter qu'il en serait ainsi pour la représentation des femmes et des communautés ethnoculturelles.)
Pour plus d'information, aller sur le site: www.lequebecois.org.
Publié par Paul Cliche le 22 octobre 2004 à 11:40 AM
TrackBack
Commentaires (3)