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QUAND LA MUSIQUE DEVIENT UN ACTE TERRORISTE :
INCARCÉRATION ARBITRAIRE DES "PASAJEROS" DE COLOMBIE
Depuis 1991, date de leur fondation, les "Pasajeros" sont au cúur de la résistance civile en Colombie. Malgré la "guerre sale" qui détruit le pays depuis plus de 30 ans, la musique des Pasajeros anime les manifestations populaires en rythmant l'espoir d'un peuple solidaire et combatif. Hymne à la culture populaire mais également chant de désolation face à l'impunité et à la (para)militarisation qui ravagent la Colombie, la musique des Pasajeros est avant tout une résistance créative.
Malheureusement, élever sa voix en Colombie, aussi mélodieuse soit-elle, est un crime... Pendant que les paramilitaires, maintes fois reconnus coupables de massacres, jouissent de l'impunité, les artistes sont eux incarcérés.
Le 12 juin 2004, les "Pasajeros" participaient à un concert en solidarité avec la communauté du nord de MedellÌn, qui se mobilisait pour dénoncer la mise en place deux mesures anti-sociales : une nouvelle taxe et ce que le gouvernement colombien appel un "péage social". L'événement culturel se tenant à Copacabana rassembla plusieurs organismes sociaux et de nombreux artistes qui manifestèrent leur appui envers la grève civile organisée par la communauté de la région.
Tout au long de la journée, des inconnus, refusant de s'identifier, ont photographié et filmé les participant-es. Une stratégie maintes fois déployée par les "organismes de sécurité" de l'État avant de procéder à une opération policière. Du déjà vu pour les secteurs populaires dont la moindre manifestation publique provoque une vague d'intimidation et de répression de la part de l'État colombien et des ses complices paramilitaires.
Parmi les personnes photographiées et filmées se trouvaient HERN¡N RŽA, LEONARDO RŽA et ROLAND HIGUITA, membres du groupe musical Pasajeros, très connus dans la ville de MedellÌn pour leur constante solidarité avec les initiatives des différents organismes sociaux. Pour répondre à cette tentative d'intimidation, les représentant-es du Comité de citoyen-nes de Copacabana et les artistes se sont prononcés publiquement pour exiger le respect de l'activité culturelle pacifique. Suite à cette allocution, des membres du Corps d'élite anti-terroriste (CEAT) sont arrivés pour demander les documents d'identité de HERN¡N RŽA, LEONARDO RŽA et ROLAND HIGUITA, suite à quoi ces derniers furent mis en état d'arrestation sans que des explications soient fournies quant au motif de leurs accusations. Les escadrons armés n'ont présentés aucun mandat d'arrestation.
Ce n'est qu'après leur arrestation qu'une fiscale rattachée à cette unité est venue légaliser leur détention, déclarant que des délateurs les avaient reconnu comme étant partie intégrante de l'insurrection. Les Pasajeros, comme on les appelle affectueusement dans la ville de MedellÌn, sont toujours privés de leur liberté et partagent actuellement les cachots de la Police technique judiciaire (Sijin) avec les leaders des communautés déplacées, arrêtés dans le quartiers de La Cruz et La Honda ainsi qu'avec d'autres habitants des municipalités de Yarumal et Campamento.
Comme tous ces leaders communautaires, les Pasajeros sont aussi accusés de rébellion, de terrorisme et de d'autres délits du même acabit. Ils sont présentés au public comme de dangereux délinquants qui agressent la "démocratie". En réalité, ces accusations sont appuyées par le témoignage de délinquant-es qui, en échange de bénéfices économiques et juridiques portent des fausses accusations de délits graves contre des innocent-es. Tout ceci est une preuve indéniable de la partialité de la politique de "sécurité démocratique" fondée sur le principe du soupçon et qui a comme objectif de faire taire tous ceux et celles qui s'opposent à la politique du gouvernement d'Uribe Vélez. Une façon de gouverner qui trouve son égal dans les tristement célèbres dictatures de l'Amérique du sud où la chanson et la poésie furent emprisonnées.
Pour que la parole des délateurs, qui ont fait de ces faux témoignages, une affaire très lucrative, ne l'emporte pas sur la vérité et la justice, une campagne nationale et internationale se déploie dans le but de faire libérer les trois artistes et de dénoncer par le même fait le nombre croissant d'arrestations politiques.
Pour en connaître plus sur le groupe et la campagne d'appuie, visitez le site :
http://es.geocities.com/pasajeros_libres/, ou contacter le Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC) : pasc@riseup.net.
MOBILISATION À MONTRÉAL
À Montréal, les groupes de musiques GENR'RADICAL et CAGIBI ainsi que des membres du PASC organisent un show bénéfice dont la totalité de l'argent des billets et des ventes (cd des Pasajeros, t-shirt, macarons, empanadas, etc.) ira à la campagne colombienne d'appui aux Pasajeros. Notez que des groupes d'avocates et d'avocats colombien-nes se sont mobilisées pour assurer de façon bénévole la défense des Pasajeros; l'argent récolté ira donc à du soutien technique pour les besoins de la défense, à l'envoie de denrée pour les prisonniers et à la médiatisation de la cause.
SPECTACLE BÉNÉFICE
POUR LA LIBÉRATION DES PASAJEROS
avec Genr'Radical et Cagibi
à 21h , Jeudi le 21 octobre
La Place à Côté, 4571 Papineau
Billet en vente à la Place à Côté : 6$ à l'avance, 8$ à la porte
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PASC
Projet Accompagnement Solidarité Colombie
C.P. 8888, succ. Centre-Ville
Bureau A2480
Montréal, Québec
H2C 3P8
Boîte vocale: (514) 409-2641
Site web: http://projet-colombie.ath.cx
Publié par PASC le 15 octobre 2004 à 12:43 PM
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