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Parlant devant un groupe d'hommes d'affaires de l'Est de Montréal, ces derniers jours, le chef du Parti québécois, Bernard Landry, a enjoint les syndicats de contribuer à la flexibilité du marché du travail ajoutant que si rien n'était fait de ce côté "il faudra que, d'ici 10 à 15 ans, un travailleur produise trois fois plus qu'aujourd'hui".
Devant ces propos à saveur néolibérale, l'ex-présidente de la CSQ maintenant présidente du club politique Syndicaliste et progressistes québécois pour un Québec libre (SPQ libre) qui appuie le PQ, Monique Richard, a tenté tant bien que mal de rectifier le tir du chef péquiste qui a accueilli cet organisme à bras ouverts il y a quelques semaines.
Après cet incident, Mme Richard , ainsi que les militants membres du club, doivent commencer à se rendre compte que l'objectif que s'est fixé le SPQ libre de ramener le PQ vers la gauche est une mission qui s'avère de plus en plus impossible. Ils doivent commencer à être conscients qu'ils ne serviront que de caution pour dédouaner ce parti auprès des travailleurs et des citoyens progressistes afin de de nuire à la montée de l'UFP et d'Option citoyenne.
Voici le compte-rendu du Devoir:
Landry réclame la collaboration des syndicats pour contrer le vieillissement de la population
Kathleen Lévesque
LE DEVOIR
Édition du samedi 6 et du dimanche 7 novembre 2004
Bernard Landry estime que les syndicats devront montrer une certaine souplesse à moyen terme pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre liée à une baisse démographique.
Dans un discours prononcé hier matin devant la Chambre de commerce et d'industrie de l'est de l'île de Montréal, le président du Parti québécois a soutenu que la collaboration de ´nos puissants syndicatsª est nécessaire à l'essor économique du Québec. ´Les syndicats ont une responsabilité sociale autant que les patrons sinon plus. [...] Les syndicats doivent voir comment ils peuvent contribuer à ce que le marché du travail soit plus flexible. [Il y aura] par négociation des avancées, des reculs dans certains domaines pour contribuer à l'effort qui doit être le nôtreª, a lancé M. Landry.
Selon ce dernier, l'immigration ciblée en fonction des besoins des entrepreneurs d'ici (comme le propose le gouvernement libéral), la retraite progressive ainsi que la flexibilité du marché du travail sont différents éléments de solution pour prévenir la pénurie de main-d'oeuvre. Si rien n'est fait, il faudra que, d'ici 10 à 15 années, un travailleur produise trois fois plus qu'aujourd'hui, a-t-il souligné, rappelant du même souffle que son parti se faisait l'apôtre de la conciliation travail-famille.
´J'appelle les syndicats, le gouvernement et les patrons à travailler particulièrement cet aspect. Ce serait un recul si on forçait les gens à travailler davantageª, a précisé Bernard Landry au Devoir après l'événement.
L'ex-présidente de la CSQ aujourd'hui porte-parole du club politique au sein du Parti québécois, le SPQ libre (syndicalistes et progressistes pour un Québec libre), Monique Richard, considère que le syndicalisme n'est pas une entrave à la flexibilité. Elle rappelle que le vieillissement de la population n'est pas le seul facteur à la source du problème. ´Le gouvernement sous le PQ a pris des mesures qui ont entraîné des pénuries, notamment les dossiers de l'équité salariale et les mises à la retraite de la main-d'oeuvre. [...] On peut interpeller les syndicats, mais quand les patrons ont-ils livré la marchandise ?ª, s'interroge Mme Richard. Le SPQ libre fait le pari de rectifier le tir au sein du Parti québécois, a ajouté en riant Mme Richard.
Outre ce sujet qui touche l'ensemble du territoire québécois, Bernard Landry n'a pas du tout abordé les dossiers strictement montréalais même s'il s'adressait à des gens d'affaires de l'est de Montréal. Il n'y a pas eu un mot sur les problèmes propres à Montréal et en particulier sur la modernisation de la rue Notre-Dame, qui préoccupe pourtant toute la communauté d'affaires de l'est de Montréal depuis des années.
En famille
En fait, c'est devant une salle remplie à moitié par des militants, députés et employés du Parti québécois que M. Landry a prononcé son discours. D'ailleurs, se sentant en famille, M. Landry s'est permis des commentaires qui ne semblaient destinés qu'à son équipe.
Sur le thème de l'éducation, M. Landry a expliqué que les frais de scolarité étaient très élevés -- ´35 000 $ au minimumª -- dans les universités américaines. Il a alors donné l'exemple du député démissionnaire André Boisclair, qui a mis sa carrière politique entre parenthèses le temps de compléter des études aux États-Unis. ´Il expérimente le système... dans une faculté où il fait une maîtrise sur la manière de devenir un chef d'Étatª, a lancé M. Landry, ce qui a déclenché les rires. Puis il a ajouté que son successeur, Nicolas Girard, présent dans la salle, avait obtenu plus de voix que M. Boisclair.
Malgré ce commentaire, Bernard Landry a nié qu'il y ait quelque menace que ce soit à son leadership dans les rangs péquistes. Il s'attend toutefois à des débats musclés lors des congrès de circonscription qui débutent demain.
Les militants de trois circonscriptions (Mercier, Chauveau et Pontiac) sont appelés à discuter des propositions concernant le programme et les statuts du parti mais, surtout, à choisir les délégués qui participeront au vote de confiance envers le chef lors du congrès de juin prochain. ´Tous mes collègues disent qu'il n'y a pas de course à la chefferie et ceux qui vont plus loin disent qu'ils m'appuientª, a rappelé M. Landry.
Malgré son ton confiant, il a choisi de ne pas prendre la parole dans Mercier, un terrain souvent tumultueux où l'on retrouve plusieurs des supporteurs à une éventuelle candidature de François Legault. De toute façon, l'exécutif de Mercier avait choisi d'inviter le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe. ´J'aime mieux laisser la place à Gilles. Il faut ménager les énergies. C'est son comté. [...] Quand on a un piano à queue à transporter, c'est mieux d'être plusieurs pour le faireª, a commenté Bernard Landry.
Publié par Paul Cliche le 08 novembre 2004 à 12:53 PM
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