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Curieusement, sur la Tribu du verbe, là où le fétichisme de GWB n'a d'égal que ceux voués aux fantoches fédéraux et provinciaux mis en place pour favoriser la nouvelle aristocratie neo-lib, où le moindre faux pas est ridiculisé et dénoncé, personne n'a encore pris la parole pour dénoncer le meurtre sordide de Theo Van Gogh, chantre de l'anti-religion et Guignol des Hollandais politically incorrect, meurtre perpétré par un musulman citoyen néerlandais originaire du Maroc, afin de venger son honneur bafoué en raison d'un film condamnant la violence faite aux femmes de l'Islam.
Ce meurtre, commis à peine deux ans après celui de l'apôtre de l'anti-immigration Pim Fortuyn, perprétré par un activiste des droits des animaux, ramène une fois de plus à l'avant-plan la remise en question de la tolérance des Néerlandais, dans un contexte ou l'Islam devient de plus en plus une épine au pied d'une Europe qui s'ouvre sur elle-même.
Au Québec, l'apparence de tolérance religieuse tient bon malgré le durcissement de nos voisins du Sud, dans la mesure où pour le moment les immigrants de foi musulmane ne menacent pas directement les fondements de la nation (nonobstant la création d'un tribunal islamique à Toronto). Pourtant, l'acte abject perpétré par un individu possédant la double citoyenneté devrait nous faire réfléchir sur un aspect important de la société canadienne, l'immigration.
Le Canada, comme les États-Unis et presque tous les pays d'Amérique, s'est développé grâce à un flux incessant d'immigrants, légaux et illégaux, arrivés de plein gré ou de force. Si par le passé les valeurs et les principes moraux des immigrés ont influencé sinon supplanté ceux des arrivants précédents, pourquoi en penser autrement des immigrants récents?
Un moratoire sur l'immigration de 5 ans, par exemple, pourrait au moins offrir un répit le temps que l'on se penche sur une politique non pas inefficace mais un peu chaotique. L'essentiel de la justification du moratoire, selon moi, provient du fait que ce n'est pas un manque de ressources mais plutôt une ignorance relative des ressources qui désavantage les immigrants.
Sous le système actuel, les immigrants s'installent en "tapons" ou en groupuscules et ont tendance à se retrouver dans la métropole et, dans une moindre mesure, dans les grandes villes où il est plus facile de se trouver un emploi. Le moratoire ne permettrait pas de les obliger à s'installer selon les vouloirs du gouvernement mais faciliterait l'allocation des ressources à ceux qui ont le désir de le faire; surtout, l'allocation des ressources pourrait être concentrée sur les immigrants reçus ce qui permettrait même coup rediriger des ressources aux familles québécoises et autochtones afin d'augmenter la part du temps consacré exclusivement aux premières année de l'enfant et juguler quelque peu cette pauvreté rampante. Inutile de pénaliser les immigrants fraîchement reçus ou en processus d'immigration, il suffirait de fixer une date butoir et ne permettre aucun nouveau dossier après la dite date.
D'autre part, un moratoire à l'immigration permettrait un contrôle plus serré de la population immigrante dans la mesure où il serait plus aisé de cibler les ressources selon des besoins spécifiques. Par exemple, pour permettre d'aider financièrement les oeuvres de charité ou organismes d'aide de foi musulmane plus progressifs, ou encore pour ré-établir des programmes d'enseignement du français.
Dans le contexte actuel, c'est un projet qui mérite au minimum réflexion.
Publié par Phonono le 29 novembre 2004 à 01:40 AM
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