Certains s'en mettent plein les poches par Yanick Clément-Godbout

Depuis qu'il augmente par rapport au dollar américain, les fluctuations du dollar canadien intéressent et font jaser plusieurs personnes. Certains y voient une bonne occasion pour prendre des vacances et effectuer un voyage aux Etats-Unis, tandis que d'autres croient que la hausse du dollar canadien risque de coûter cher à l'économie canadienne, surtout aux entreprises exportatrices. Ces deux situations sont facilement compréhensible et ne nécessite qu'une brève analyse. Pour les premiers, une appréciation du dollar canadien entraîne une diminution des dépenses relatives lorsqu'ils quittent le pays pour aller chez les voisins du Sud. Dans le deuxième cas, l'impact est loin d'être positif (en théorie). Un dollar fort cause une augmentation des coûts de production par rapport aux entreprises des autres pays où la valeur monétaire demeure stable. Toutefois, dans la réalité cet effet n'est pas encore observable. Ceci s'explique par la forte demande des ressources naturelles sur les marchés mondiaux, qui contribue à rééquilibrer les "pertes" que ces entreprises pourraient essuyer.

Changeons l'orientation de cette analyse, et parlons des groupes qui gagne le gros lot à chaque jour que le dollar conserve sa nouvelle valeur, j'ai nommé les entreprises importatrices. Pour ces compagnies, un dollar canadien fort a le même effet que pour les vacanciers, c'est-à-dire qu'ils doivent débourser moins pour obtenir la même quantité de produit. En anlysant les taux de change fournit par la Banque du Canada, entre le 7 mai 2004 (0.72$US) et le 26 novembre 2004(0.85$US), on obtient une variation positive de 18% du taux de change. Cette variation signifie que les entreprises important des produits américains déboursent 18% moins pour se procurer les biens qu'ils revendront sur le marché canadien. La question qu'il faut maintenant se poser : Est-ce que les prix ont diminué de 18%? Réponse : Non. Cette constation permet d'affirmer que les entreprises font donc des profits sur le dos des consommateurs.

Certains seront tenter de critiquer cette analyse en affirmant que le Canada ne fait pas que se procurer des biens aux Etats-Unis. Ils ont raison, certains de nos produits proviennent de l'Europe, de l'Asie, du Moyen-Orient et des Amériques. Toutefois, si l'on compare le dollar canadien aux monnaies de certains pays de ces régions :

Date Europe (Euro) Taiwan (Nouveau Dollar) Chine (Renminbi) Japon (Yen) Mexique (Peso)
07-mai-04 0,61 24,06 5,97 81,04 8,33
26-nov-04 0,64 27,37 7,03 87,08 9,55
Variation % 4,9% 13,7% 17,7% 7,4% 14,6%

Données recueillies sur le site de la Banque du Canada (http://www.banqueducanada.ca/fr/exchfo-f.htm)

Ce tableau démontre bien que l'appréciation du Dollar canadien n'existe pas que par rapport au Dollar américain, mais qu'il a pris de la valeur sur l'ensemble de la scène internationale. Ceci signifie donc que l'ensemble des biens provenant de ces pays devrait être moins dispendieux, puisque notre pouvoir d'achat a augmenté. Comment (par exemple) expliquer que le prix du pétrole ne diminue pas, et que les pétrolières osent augmenter leur prix? Tout d'abord, comme la plupart le savent, elles n'ont aucun scrupule, et ensuite, elles s'en mettent plein les poches, tout comme l'ensemble des entreprises importatrices. Publié par Tremblay le 15 décembre 2004 à 12:42 PM TrackBack Commentaires (1)