NON au projet de loi 57 sur l'aide sociale

Nous avons reçu cette affiche dénonçant le projet de loi 57 et le texte l'accompagnant de Johanne Chagnon. Il nous fait plaisir de les publier ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

NON au projet de loi 57 sur l'aide sociale

Voici un projet d'affiches que j'ai conçu comme un appui personnel à l'action du Collectif pour un Québec sans pauvreté (soutenue par une volonté populaire) pour le retrait du projet de loi 57 sur l'aide sociale.

Le gouvernement du Québec s'apprête à adopter cette loi qui marquerait un recul inacceptable pour la dignité des personnes en situation de pauvreté, et ce, en faisant fi des positions majoritaires exprimées en Commission parlementaire sur ce projet de réforme.

Pour plus d'informations, voir ce dossier sur le sujetÝ:

http://www.pauvrete.qc.ca/mot.php3?id_mot=18

Ces affiches sont distribuées présentement partout au Québec. Tous les députés de l'Assemblée nationale en ont reçu une. Je vous invite à en tapisser le plus grand nombre, et le plus visiblement possible. Vous n'avez qu'à en faire la demande (par courriel ou au 514-523-5700).

De format 24 X 36 pouces, elles se veulent une forme de tapisserie sociale : ensemble, elles érigent un énorme feu rouge face aux reculs que provoquerait l'adoption du projet de loi 57. Le texte est volontairement écrit en petits caractères pour faire en sorte qu'on soit obligé de se coller le nez sur le ´mur des préjugésª pour le lire. En voici la transcriptionÝ:

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NON

au projet de loi 57

sur l'aide sociale !

´Quand j'étais à l'aide sociale, tout ce que la dureté du régime a réussi à me faire, c'est de m'enrager. La job, je l'ai trouvée moi-même. Une image qui me vient : plus quelqu'un est fier, plus il relève la tête, plus il voit loin. C'est pas en écrasant et en abaissant quelqu'un qu'on le rend plus fier. Quand est-ce qu'on est fier? Quand on peut subvenir à nos besoins. Quand on peut nourrir sa famille. Quand on se sent apprécié. Quand on a l'estime de soi et des autres. Quand tu te sens pas jugé.  tre jugé, sentir les préjugés, ça contribue à t'écraser.ª

Gilles Tremblay, ouvrier, Québec

´Moi, j'ai travaillé des 60 et 72 heures par semaine dans la restauration. Ensuite j'ai eu deux fils, dont un qui a de graves problèmes de santé. Cet enfant demande beaucoup. À cause de cela, même si je suis apte au travail, je ne puis accepter un emploi de façon régulière. Il y a quelques années, vous m'auriez dit que je vivrais cette pauvreté, que je la côtoierais, j'aurais ri de vous, je ne vous aurais pas cru personne. Maintenant, je comprends l'âme de cette souffrance.ª

Danielle Caroll Lacoursière, mère monoparentale, Québec

Le 13 décembre 2002, l'Assemblée nationale du Québec adoptait à l'unanimité la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Cette loi visait et vise toujours à engager le gouvernement et la société québécoise à ´tendre vers un Québec sans pauvretéª. Deux ans plus tard, une réforme de l'aide sociale enfreint grossièrement cette loi sur la pauvreté et alimente les préjugés au lieu de les combattre.

La loi actuelle sur l'aide sociale est un vrai parcours à obstacles. À 533$ par mois, la prestation de base rend impossible de s'en sortir. Elle a perdu 30% de sa valeur depuis 20 ans par défaut d'être indexée correctement. Et le gouvernement prévoit ne l'indexer désormais qu'à moitié. Il augmente les contraintes dans le règlement et veut remplacer la loi actuelle par le projet de loi 57, qui nous ramènerait 40 ans en arrière.

Comment sortir de l'impasse ?

Une solution : retirer le projet de loi 57, améliorer la loi actuelle pour qu'elle couvre les besoins dans la dignité et les droits et tenir un débat public sur le régime de garantie de revenu qui devrait prendre le relais.

Face aux préjugés porteurs d'inégalités, qui aura le dernier mot? Prétendons que le futur meilleur prime sur le futur à reculons. Allumons la lumière rouge. Marquons l'objection. Et agissons.

www.pauvrete.qc.ca

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Nous en sommes effectivement rendus à un mur : il nous faudrait débattre collectivement des causes mêmes qui engendrent la pauvreté, mais ce qui nous empêche de le faire, ce sont les préjugés.

Dans ce sens, le rouge de ces affiches symbolise également la souffrance : la souffrance que vivent les personnes en situation de pauvreté, victimes des préjugés; la souffrance que je ressens personnellement de vivre dans une société qui entretient de tes préjugés. Une société qui se dit responsable ne saurait accepter cette situation.

Il faudra user de beaucoup de créativité pour défaire, brique par brique, ce mur rouge qui nous déshonore.

Entre-temps, affichons-le pour bien le voir!

Johanne Chagnon

artiste, Montréal

Publié par La Tribu du Verbe le 08 décembre 2004 à 11:19 AM TrackBack Commentaires (2)