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Joint mercredi le 8 décembre 2004 vers 19h15, puis plus récemment vers 21h35, un membre du groupe d'occupantEs du bureau de Pierre Reid m'informait que le climat avait commencé à changer entre les forces policières et les étudiantEs. Coïncidant avec la fin des bulletins de nouvelles de 6 heures, la police aurait tenté d'intimider les militantEs par le bruit; ils auraient aussi entrepris de leur cacher la vue que leur procurait les caméras de surveillance de l'édifice. L'accès Internet leur aurait aussi été coupé. Seul le téléphone est demeuré fonctionnel; probablement dans le but d'intercepter des communications susceptibles de faciliter l'intervention de la Sûreté du Québec afin de procéder à leur éviction.
Dans les heures qui viennent, il sera donc très intéressant de voir comment les autorités policières manoeuvreront pour résoudre cette "crise". Soit ils agiront avec diligence par la négociation, ou ils useront de la force brute et légitimeront une fois de plus les décisions du gouvernement Patapoufien et sa vision pour le moins discutable du Québec de demain...
Mais parallèlement à ces manoeuvres et aux gestes que posera le Ministre en réaction à l'action sociale entreprise par les militantEs, il sera tout aussi intéressant de voir comment l'ASSÉ réagira, puisque cette association, perçue comme étant la plus radicale des regroupements d'associations étudiantes au Québec, a promis depuis l'automne d'utiliser tous les moyens de pression possibles afin de faire reculer le gouvernement Libéral de Jean Charest.
Selon Julie Lachance, porte-parole du groupe d'occupantEs du bureau de Pierre Reid, on peut forcément s'attendre, dans les mois qui s'en viennent, à une escalade des moyens de pression des étudiantEs face aux pressions financières qu'exerce le gouvernement à leur endroit. Selon Julie Lachance, une grève générale dès le début de la session d'hiver est envisageable. Et pour le moment, l'ASSÉ encourage les associations étudiantes à poser des actions locales contre le désengagement de l'État québécois dans le domaine de l'éducation.
Tôt dans la journée, les occupantEs ont reçu des appuis de l'Association étudiante du Vieux Montréal, de l'association étudiante du Cégep St-Laurent, des Associations de sciences humaines, d'histoire, de lettres, langues et communications de l'UQAM ainsi que de l'Association étudiante du Collège de Sherbrooke. La table d'action populaire contre l'appauvrissement de l'Estrie s'est aussi montré solidaire de l'action entreprise au bureau du Ministre Pierre Reid.
Rappelons que la coupure de 103 millions du gouvernement Patapoufien dans le régime des prêts et bourses pénalise les étudiantEs les plus démuniEs de notre société et réduit considérablement la persistance et leur accessibilité aux études post-secondaires. Rappelons qu'actuellement, trois québécoisEs sur quatre s'opposent à la coupure de 103 millions dans le programme des prêts et bourses.
Publié par Sébastien Aubé le 08 décembre 2004 à 09:47 PM
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