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Parfois, on aimerait faire une sainte colère. Voyez-vous tous ces religieux qui de tous bords et de tous côtés veulent conserver leur pouvoir d'aliénation. J'emploie le mot à dessein, car toute religion musèle la pensée libre, l'autonomie, la souveraineté et l'égalité des personnes. Je regrette, mais ni la Bible, ni le Coran, ni le Talmud n'a préséance sur la charte des droits et la déclaration des droits de la personne. Mais qu'est-ce qu'on a avec ces empires mentaux et tous les potentats qui prétendent savoir ce qu'il en est de la vie, de l'univers, de la mort et des conduites humaines. Mais qui a décidé d'institutionnaliser une vision des choses concoctée parfois par un illuminé, parfois par un groupe autoproclamé médiateur de toute vérité, parfois sous l'influence, parfois dans le délire ou l'hallucination, etc. Ils sont là qui enseignent à suivre et à se soumettre avec moultes menaces ou séduction subversive, deux pôles de tout pouvoir, la menace et la miséricorde, selon et selon.
Ils jouent sur la peur ou prennent de vieilles traditions et les incorporent à leur sacré pour faire croire qu'il en est ainsi depuis les débuts du monde ou depuis un autre monde déclaré ispso facto normatif pour toujours. Font-ils oeuvre de libération de la personne en lui permettant d'accéder à son esprit? Mais non! C'est le genre "vous n'êtes pas musulman", vous ne pouvez pas comprendre!! Holà, messires les juges, Imans, Ayotolah, nous sommes tous égaux et à études égales, la compréhension se trouve, il suffit de chercher. Or, contrairement à plusieurs de vos compères du présent et du passé, vous avez littéralement oublié votre propre histoire, très concrète, l'ampleur des discussions et des points de vue, les guerres, les fratricides, les exploitations des femmes et des esclaves, les violences comme les moments de grandeur et de grande liberté; certains vous diront que vous avez oublié le Coran et son contexte historique et que vous hypostasiez l'histoire, un moment de l'histoire, vous ignorez les avancées philosophiques, toutes les sciences humaines, en d'autres mots, vous êtes cantonnés dans un savoir que vous proclamez le savoir: c'est dit, c'est ainsi, c'est tout; la norme au-dessus de toutes les normes.
La société québecoise devrait profiter de ce moment pour établir sans détour qu'elle est une société laïque, séculière: toute personne est libre bien sûr; ceci devrait vouloir dire qu'aucune autre personne ne peut dicter ce qu'il faut penser ni faire des pressions directes ou indirectes, physiques, psychiques ou morales pour contraindre à sa vérité dogmatique.
Le "Arbitration Act ", passé en Ontario en 1991, a été utilisé par certains groupes religieux: on a créé alors des cours pour régler certains litiges civils et familiaux, ce qui déchargeait les cours ontariennes. À l'automne 2003, les défenseurs d'un certain Islam créèrent l'Insitut islamique de justice civile qui devrait servir de médiateur par l'application de la Sharia dans certaines causes civiles et familiales. Il semble que c'est la première fois que la Sharia a une portée légale dans une société occidentale.
Il y a toutes sortes de cour musulmane. Le promoteur au Canada, un certain Syed Mumtaz Ali, a émis l'opinion que pour un musulman ne pas suivre la Sharia c'est un blasphème ou une apostasie, crimes qui sont dans certains pays punis par la condamnation à la mort. Il suffirait d'examiner le contenu de la Sharia en regard de la charte des droits et non l'inverse. Il suffit de se rappeler comment on a appliqué la Sharia au Nigeria; la communauté internationale a dû intervenir pour sauver deux femmes de mort par lapidation après avoir été condamnées pour adultère. On sait que selon certaines interprétations, le témoignage d'une femme est un demi témoignage, celui d'un homme doit être pris intégralement. Il s'agirait d'examiner les décrets de la Sharia concernant les femmes à l'aune de la charte.
(Voir Struggle against Shari'a in Canada par Mary Jo Grey and Terry Moon, News and Letters, nov. 2004)
La question religieuse devient épineuse maintenant puisque nous prenons concience du rôle énorme de la religion dans la vie politique internationale et dans celle des vies nationales à tous les niveaux. Or, comment peut-on éluder la question du fondement des religions, de leur pertinence et du miroir qu'elles offrent de la psyché humaine. Comment peut-on encore faire fi des avancées sur le plan des recherches sur l'humain et surtout sur le plan politique? Comment des personnes dites intelligentes peuvent encore prétendre que la vérité sur le monde ou quant aux valeurs s'ensouchent tantôt aux origines, tantôt dans une tradition classifiée de vénérable, mystérieuse, etc (tout l'ésotérisme, les sectes), tantôt en une illumination ou vision ou révélation, tantôt dans la nature ou un autre monde? Comment peut-on même penser que les divinités existent hors de l'imaginaire des personnes?
Comment même songer qu'un Dieu quelconque puisse justifier les guerres et les massacres. Chacun peut bien élaborer dans sa tête ses bandes dessinées sacrées ou répéter ce que d'autres ont pensé pour eux. Mais de là à proclamer à hue et à dia que c'est la vérité, qu'il n'y a que cela, que cette vision, cela ne devrait pas avoir aucune autre protection juridique que celle qui affirme que chacun est libre dans la mesure où....
Les métaphores de l'empire et du clonage sont aptes à décrire la situation présente: tel empire mental où il y a près d'un milliard de clonés mentaux, tel autre, il y a près d'un autre milliard, et ainsi de suite. Les six milliards d'humains seront libres et humains quand ils seront tous autonomes, libres et souverains. Utopie, peut-être. Cependant, on ne peut plus faire fi d'une recherche sur les cerveaux humains non pas uniquement sur le plan biophysique, mais surtout sur le plan de ce que ce cerveau génère: les idées et les images. Voilà pour le moment, cordialement.
Publié par Hermès le 11 décembre 2004 à 06:06 PM
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