Arrestations de grévistes de la SAQ

Maintenant que le Temps des Fêtes est passé, le conflit de la SAQ risque malheureusement de s'enliser. Pensez-vous que les médias nous informent véritablement sur les enjeux de cette grève et son déroulement? Non. À preuve, aucun média ne parle de l'intimidation des grévistes et de leurs arrestations musclées par les forces constabulaires. Nous avons reçu ce texte de Sylvie Verreault, qui nous explique la situation sur les lignes de piquetage. Il nous fait plaisir de publier son texte ici, en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

Arrestations de grévistes de la SAQ

Je suis une des grévistes de la SAQ et depuis le Temps des Fêtes, il y a de fausses accusations de voies de faits portés à l'endroit des grévistes. Voici maintenant la façon de faire de la SAQ pour nous faire évacuer des lieux de piquetage. Les gardiens de la SAQ sont très nerveux et prennent parfois des clients qui attendent en ligne pour des grévistes qui voudraient s'infiltrer. Ils les bousculent et voyant qu'ils ont fait erreur sur la personne, on leur offre des bouteilles pour acheter le silence, évitant ainsi des accusations de voies de fait.

Ils appellent la police et disent que c'est un gréviste qui a bousculé le client. La police arrive et ni un ni deux, sans enquête et visionnement des bandes vidéo, ils procèdent à l'arrestation du gréviste et nous ordonnent de quitter les lieux, car il y a eu des gestes illégaux, et que si nous ne quittons pas dans les 3 prochaines minutes, ils procèderont a notre arrestation. Ainsi ils réussissent à libérer le paysage visuel des clients de grévistes voulant faire valoir leurs droits. Le lendemain, ils disent qu'ils laissent tomber les charges contre ce gréviste, bien entendu, car il n'a rien fait. Mais ils ont sauvés du temps et libéré le terrain.

Cette arrestation s'est déroulée le mercredi le 22 décembre. Voyant que ça avait bien fonctionné, ils ont recommencé jeudi le 23 décembre alors qu'un huissier filmait a l'extérieur, un gréviste lui cachait la vue avec sa pancarte. Le gréviste seul, dans le stationnement devant la succursale s'est fait ramasser par 2 gros débiles d'agents de sécurité qui l'ont traîné de force à l'intérieur de la succursale à notre grand désarroi. Nous sommes tous accourus et avons assisté, impuissants, à la force excessive qu'employaient 2 et même 3 gardiens sur notre collègue qui criait de douleur. Traumatisant pour tous de voir ça. Ils le détenait, le tabassait devant nous et malgré nos tentatives pour aller l'aider et nos cris, ils l'ont emmené loin des regards des nombreux clients à l'intérieur, dans le back-store pour continuer de lui servir leur cuisine.

Notre révolte s'est soldée par le bris de la vitrine double, car nous voulions pénétrer à l'intérieur pour aller l'aider. La police est arrivée, environ 15 autos et camionnettes, et une autre accusation de voies de fait est portée contre un gréviste. On menace de nous faire embarquer. Nous avons fait venir l'ambulance pour notre confrère, car il est diabétique, et dû a la force excessive exercé à son endroit, nous étions très inquiet de son état. Nous avons négocié avec les policiers afin qu'ils nous permettent d'attendre des nouvelles de l'état de notre confrère avant de quitter les lieux. L'ambulancière nous a dit qu'il allait bien malgré tout. Il l'ont fait sortir par en arrière et l'ont emmené au poste de police. Le grand chef de police (celui qui ne sert à rien et n'écoute que la version des riches) nous a sommé de quitter au plus christ sinon ils nous embarqueraient. Ne considérant en rien de tout ce que nous avions vu. Nous voulions porter plainte pour abus d'erreur de jugement et de force excessive de la part des gardiens et aucun poste de police n'a voulu nous écouter. Voila encore le nouveau marketing de la SAQ pour nous intimider et nous faire rentrer à genoux. Les accusations vont être retirées encore une fois, car c'est irrecevable devant un juge. Mais sachez que de travailler à genoux avec un poignard dans le dos, ça travaille très mal.

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Nous sommes révoltés de voir continuellement l'abus de pouvoir de ce gouvernement. Que les fonds public soient dilapidés, pour les mauvaises raisons. Abominable ce que le Québec est en train de devenir. Ils veulent tous nous briser, et nous, peuple Québécois, rampons devant eux à la moindre exigence. En tout cas, en espérant que le Québec va se réveiller, car il faut que la justice sois aussi bonne pour la classe moyenne et les pauvres. Même si la classe moyenne est en train de faire une chute vers le bas, ça ne fera qu'agrandir les troupes pour éventuellement se rallier contre les abus de pouvoir de ce sacré gouvernement.

Lâche pas mon Charest, nous autres aussi ont va être prêt.

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Une présence en civile d'un journaliste serait bien intéressante, car il pourrait démontrer au public comment notre employeur et le gouvernement nous méprise, et prendre les témoignages des témoins sur les événements des derniers jours. Cette succursale est située au 7550 Sherbrooke Est à Montréal. Nous sommes pourtant pacifiques avec la clientèle, et même si on nous crie des injures, on les ignorent. Sauf que les gardiens de sécurité de la SAQ, les huissiers et les employeurs, inventent des histoires et nous font arrêter injustement. J'ai moi même déposé une plainte de voies de faits contre un de ces agent de sécurité la semaine passée car il m'a poussé violemment et je suis tombé sur un autre gréviste. Nous sommes tombés dans le stationnement pendant qu'une automobile arrivait et la police ne l'a même pas arrêté. Et pourtant je n'était pas en situation d'attaque, j'étais de dos, je mesure 5 pieds et 2, pèse 100 livres tandis que lui en mesure 5 pieds et 11, pèse près de 200 livres et s'entraîne en plus. Il avait été déplacé de succursale suite à ça et depuis qu'un enquêteur de la police m'a appellé mardi le 22 décembre en me disant que ma cause ne donnerais pas grand chose, que les délais sont très long pour se faire entendre et qu'en plus ce n'était pas possible de mettre la main sur les cassettes vidéo de la caméra de surveillance de la SAQ pour l'instant ou l'on voit très bien, selon les dires du policier qui a pris ma plainte, que nous sommes tombés comme un jeu de quilles. Ce gardien est revenu depuis et nous accuse de n'importe quoi. Il continue de faire sa loi et d'employer une force abusive. Je me méfierais même de donner une tape amicale sur l'épaule d'un client qui nous dit qu'il nous appuie, de peur d'être accusé de voies de faits et tapoché violemment.

Le plus désolant, c'est que la police ne nous écoute même pas. C'est devenu pathétique. Je sais que la frustration fait que nous ne respectons pas tout à fait les injonctions mais cela ne fait pas de nous des criminels violents pour autant. Après tout, la SAQ ne respecte pas la loi sur les briseurs de grève et bien d'autres choses. Je pourrais en dire bien long sur cette entreprise, car en 14 ans de service, j'ai déjà 2 plaintes portées a l'endroit de 2 gestionnaires pour discrimination et harcèlement. Et ça ce n'est que moi, car il y a plusieurs victimes au sein de cette grande entreprise gouvernementale. C'est inacceptable, et il faut que cessent les injustices.

C'est vrai pardonnez-moi ma naïveté, les journalistes sont pas de notre bord non plus.


Sylvie Verreault

SEMB SAQ

Publié par La Tribu du Verbe le 07 janvier 2005 à 10:55 AM TrackBack Commentaires (16)