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M. Claude Béland, président du Mouvement Démocratie et Citoyenneté du Québec et ex-président du comité directeur des États généraux de la réforme des institutions démocratiques, vient de me répondre suite à la missive que j'ai envoyée hier aux dirigeants de la chaîne Gesca (ex-Power Corporation) qui concentre la propriété de presque tous les quotidiens québecois (voir cette missive à la fin de ce texte).
Il persiste et signe. Pour lui , il est normal, en effet, de collaborer ainsi avec les dirigeants de la chaîne de Paul Desmarais. Cela démontre le type de relations qu'ont entre eux les membres de l'élite québécoise qu'ils soient nationalistes comme Béland ou fédéralistes comme Desmarais. Ils partagent la même idéologie et leurs actes en découlent comme nous le prouvent les dirigeants péquistes depuis des années. Il n'y a pas de différence entre un libéral et un péquiste à ce point de vue.
Il faut se souvenir que Béland avait, lors de son dernier mandat comme pdg du Mouvemement Desjardins, soumis le développement des institutions financières du mouvement coopératif aux diktats du néolibéralisme. Cet alignement s'était fait aux dépens des principes de la doctrine coopérative et à l'encontre des règles élémentaires du fonctionnement démocratique des caisses populaires, rendant ainsi le réseau coopératif semblable aux banques capitalistes.
Est-ce cela qu'on appelle la trahison de nos élites ou est-ce simplement de l'inconscience sociale et politique? Il faut se souvenir aussi que M. Béland avait publié son texte sans avoir consulté les membres du mouvement dont il est le président.
Je vous y laisse y réfléchir si le coeur vous en dit. Merci de votre attention et bonne journée.
Paul Cliche
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RÉPONSE DE BÉLAND
Monsieur Cliche,
Merci de m'avoir fait parvenir copie de votre missive. Toutefois, il ne faut pas être jaloux du traitement que m'a réservé La Presse - mes textes ayant été également souvent non publiés par le
journal. Oui, Monsieur Pratte m'a demandé ma réaction au dépôt de l'avant projet de loi, par courriel, sans savoir ce qu'elle serait. D'écrire qu'il s'agit d'un moment historique, c'est vrai. Il faut remonter loin dans l'histoire pour retrouver une occasion où un gouvernement propose une révision du mode
de scrutin et une réforme parlementaire.
Oui, il y a des dispositions pour réduire les distorsions entre le % de votes et le % de sièges. Pour
maintenir un lien entre l'électeur et le député - même si un très faible pourcentage d'électeurs ont recours à leur député pendant son mandat... et faible aussi le pourcentage d'électeurs qui connaissent le nom de leur député! Faiblesse toutefois dans l'espoir de créer un plus grand pluralisme politique, etc. C'est pourquoi je concluais en saluant le dépôt de cet avant projet et en saluant l'ouverture faite aux citoyennes et citoyens qui le désireront de proposer des améliorations. D'ailleurs, la publication
d'un document de travail du professeur Louis Massicotte met la table à ce sujet.
Mon texte a été publié, j'en suis heureux. Il dit bien ce que je pense de l'avant projet de loi. Je signe...et je persiste !
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MESSAGE DE CLICHE AUX DIRIGEANTS DE GESCA
Sujet: Débat public sur le projet de réforme électoraledu ministre Dupuis: requête à Gesca pour un traitement équitable
-À l'éditeur de La Presse, M. Guy Crevier; à l'éditorialiste en chef de La Presse, M. André Pratte; au chroniqueur de de la chaîne Gesca, M. Alain Dubuc
-Aux responsables des pages d'opinions des quotidiens de la chaîne Gesca: La Presse, Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien, la Voix de l'Est.
Messieurs (et peut-être) mesdames,
Dans les semaines qui ont suivi le dépôt par le ministre Jacques Dupuis à l'Assemblée nationale le 15 décembre dernier, d'un avant-projet de loi réformant le mode de scrutin, je vous ai fait parvenir, en tant que porte-parole de l'Union des forces progressistes, quelques textes pour publication dans vos pages d'opinions critiquant cette proposition gouvernementale.
Mais aucun de ces textes n'a été publié par La Presse. Pourtant, dès le 17 décembre, ce quotidien publiait un texte de M. Claude Béland, président du Mouvement Démocratie et Citoyenneté du Québec, où ce dernier accueillait favorablement l'avant-projet de loi Dupuis. Dans La Presse, il était coiffé d'un titre sans équivoque "Un moment historique- L'avant-projet de loi du ministre Dupuis sur la réforme du mode de scrutin constitue un bon pas vers une démocratie nouvelle" et une mise-en-page flamboyante dans le haut de la page Forum.
La veille, soit à peine 24 heures après le dépôt, M. Béland, dans un courriel adressé aux membres du conseil d'administration de son organisme, les informait que La Presse lui avait demandé, en tant qu'ex-président du comité directeur des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques, une réaction qui serait publiée le lendemain non seulement dans ce journal, mais aussi dans les autres quotidiens de Gesca, Le Soleil, La Tribune, Le Droit, etc.
Cette initiative extraordinaire de La Presse et des autres quotidiens s'expliquait sans doute par le désir des dirigeants de la chaîne que le gouvernement Charest reçoive la caution, dès l'ouverture du débat
public, de celui qui a symbolisé chez les citoyens la réforme des institutions démocratiques au Québec depuis 2002. C'est une tactique efficace car on obtenait ainsi le concours d'une figure emblématique que le grand public ne peut soupçonner de collaborer à une opération qui pourrait s'apparenter à une tactique de manipulation de l'opinion.
Mais là ou le bât blesse le plus, c'est lorsque vos journaux refusent ou omettent de publier des opinions contraires ou différentes. Certes, les opinions exprimées dans vos éditoriaux réflètent le point de vue de vos propritétaires dont vous êtes les porte voix. Mais lorsqu'un sujet fait l'objet d'un débat public comme celui qui nous intéresse, vous êtes tenus de faire preuve d'équité de la même façon que vous le faites généralement dans vos pages d'information. Sinon, on devra déplorer un autre exemple des abus entrainés par la concentration de la presse qui fait en sorte que n'ont droit de cité que les opinions des magnats . Ce danger est décuplé dans les pages éditoriales parce que les employés qui y écrivent ne sont pas protégés par un syndicat qui agit ordinairement comme de chien de garde dans une situation du genre.
Aussi, je vous demande de faire peuve d'équité et de publier le texte contenu dans le fichier attaché. Il est peut-être trop long avec ses quelque 1100 mots, mais il est rédigé à la façon d'un article d'information; ce qui permet d'en couper des paragraphes par la fin. C'est dans ce but d'ailleurs que j'ai tiré une ligne avant les quatre derniers paragraphes.
Espérant que vous accéderez à ma demande, que je formule au nom du droit à un débat public où la diversité d'opinions pourra s'exprimer, je vous remercie de votre attention.
Paul Cliche,
porte-parole de l'Union des forces progressistes en matière de réforme des institutions démocratiques
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