Humanité ?

Ceci est une amorce de réflexion philosophique. Note: les événements récents nous invitent à réfléchir aux signes des temps: le geste impérial des États-Unis, le rapport de l'ONU sur la biosphère; le décès du Pape au long règne ainsi que l'état du droit dans le monde.

Après tant de folies, et de désastres, et de mensonges grossiers, qui peut conclure qu'une humanité existe? Plusieurs? Aucun doute. Toutes fondées sur l'arbitraire: celui des coups de force; celui des autoproclamations; celui des opinions. Les "humanités" demeurent prisonnières de leur territoire symbolique tissé sous l'impulsion d'une angoisse sourde qui, elle, renvoie au drame de l'identité impossible à fixer dans une "permanence" p.c.q. l'animal humain est de nature "ouvert" à l'autocréation de son destin.

Les territoires symboliques sont de fait autant de visions de l'univers, de la vie, de la personne, inventée pendant la courte histoire, quelques 100,000 ans à peine, de ce singe séparé du tronc initial des simiesques.

Il n'y a pas encore d'humanité parce qu'il n'y a pas de consensus entre les "humanités" forgées par des camisoles de force dogmatiques. À ce titre, toute mondialisation est un leurre profond qui occulte ce qui est devenu des quasi réflexes: s'imposer par la force ou par les magouillages; s'approprier de tout le possible ou de n'importe quoi. La mondialisation n'existe tout simplement pas : sûrement pas au plan culturel; ni en écologie; pas dans le partage; ni par une reconnaissance des droits élémentaires; pas de gouvernance mondiale; pas d'identité commune; ni morale. Mondialisation ou globalisation ne sont que spectrales.

Le religieux, le politique, le culturel, l'économie, le philosophique sont mes témoins. Les experts de la magie du pouvoir en toutes ces sphères demeurent les témoins de la déréliction de l'animal encore étranger à lui-même: ils fabriquent des masses ou des foules, mais ne libèrent pas les personnes-sujets. Un milliard ici, un milliard là, quelques millions éparpillées ici ou là.
Ceux-là ne sont que vulgaires techniciens du faire-dire pour faire-croire. Ils font parler qui, le monde, qui, la nature, qui, une raison, telle autre, un ordre des choses, une conscience universelle, une logique impériale, une nécessité interne ou externe; tout soupeser par le nécessaire. C'est qu'ils montrent le chapeau magique d'où ils tirent le "fatum", l'implacable, l'irréversible, l'incontournable, la certitude-pour-toujours. Le tour de magie est occulté. Miroitement de la surprise ou des étincelles: la foule est hypnotisée par l'incantatoire: répétition de la magie au quotidien comme à l'universel.
Serait-ce le temps de se remettre à la tâche d'examiner nos cerveaux, et surtout comment ils fonctionnent ?

Publié par Hermès le 05 avril 2005 à 11:17 AM TrackBack Commentaires (0)