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En Équateur, les habitants de Quito sont contrariés de la décision prise par l'OEA concernant leur désir d'analyser la situation politique du pays avant de reconnaître le nouveau président. Par leur cri de ralliement « Que se vayan todos », plusieurs équatoriens demandent au président Lula, du Brésil, qu'il n'octroie pas l'asile politique à l'ex-président équatorien Guttierez.
Les porte parole de la révolution rose et de la classe moyenne équatorienne sont sortis dans les rues la semaine dernière pour protester contre l'OEA alors que la journée était marquée par les rumeurs d'un contre coup d'État. Lucio Guttierez, ex-président considéré comme un traître envers la nation s'est réfugié à l'ambassade du Brésil entouré, en permanence, de ses adversaires. La décision de la OEA d'analyser la situation équatorienne a été le principal sujet de l'élite politique. Le nouveau gouvernement équatorien à qualifié de déconcertante la décision de l'OEA et l'inaction dont ils ont fait preuve lorsque Lucio Guttierez a réalisé des changements dans l'appareil judiciaire du pays, changements qui furent qualifiés d'illégaux par l'opposition.
Les manifestants, réunis depuis deux heures en face de l'ambassade du Brésil le 22 avril dernier, ont mal pris la déclaration de l'ambassadeur Celso Amorim affirmant que la sortie de Guttierez ne s'est pas produite de manière constitutionnelle. Les adversaires de l'ex président Guttierez disent que la raison pour laquelle le Brésil appuie Guttierez se trouve dans l'octroi de plusieurs contrats pétroliers avec le Brésil alors que Guttierez était encore au pouvoir. On manifeste aussi d'ailleurs contre les États-Unis depuis que Miss Rice a déclaré des élections anticipées en Equateur. Le nouveau président Alfredo Palacio a continué de former son cabinet et le renouvellement de son appareil militaire. L'une de ses premières déclarations a d'ailleurs été de blâmer la OEA concernant son inaction, alors qu'au cours des 4 derniers mois, l'Équateur vivait sous une dictature. Il faut préciser que Guttierez avait destitué les juges de la Cour Suprême pour y installer ses amis, il avait également invité les deux derniers présidents condamnés pour corruption à réintégrer le pays tout en annulant les poursuites qui pesaient contre eux. Ce sont ces deux principales mesures qui ont enflammé le climat social du pays.
L'un des nouveaux membres du cabinet de Palacio a déclaré qu'au cours des 4 derniers mois de dictature, plusieurs citoyens avaient demandé à la OEA d'intervenir mais personne n'a bougé. Maintenant que le peuple est sorti dans la rue pour sortir Guttierez du pouvoir, la OEA bouge en l'espace de 24 heures.
Le Brésil a demandé un sauf conduit pour l'ex président Guttierez, mais le nouveau président Palacio et son cabinet veulent prendre leur temps pour prendre une décision disant que les Equatoriens sont tannés de voir leurs ex présidents se comporter comme de véritables bandits pendant leur mandat pour finalement prendre la fuite lorsque ça commence à chauffer. Pour l'instant, Guttierez reste au pays et, à ce qu'il paraît, ils ont bien l'intention de le juger et d'en faire un exemple. Rappelons-nous que Guttierez s'était présenté comme un gauchiste lors des dernières élections ce qui lui avait valu l'appui des indigènes. Une fois élu, celui-ci s'envola à Washington pour s'entendre avec le FMI et donner l'autorisation aux troupes américaines d'utiliser leurs bases en Équateur afin de contenir la Guerilla colombienne. Fidèle allié de Washington, Guttierez était en faveur de la ZLEA.
Le président Palacio, pour sa part, a indiqué que les accords de la ZLEA sont inacceptables pour l'Équateur et que l'argent payé en intérêts sur la dette externe de l'Equateur ira dans les programmes sociaux. L'ex-président Guttierez s'est empressé de qualifier la révolte populaire d'anticonsitutionnelle et des rumeurs persistantes laissent croire que l'armée équatorienne pourrait changer son fusil d'épaule et redonner leur appui à Guttierez, même si le peuple ne veut plus de cette canaille.
Fait à noter, en janvier dernier, le chef de la Connaie (parti politique des indigènes ) a été victime, en compagnie de son épouse, à une tentative d'assassinat après qu'il eut retiré son appui au parti de Guttierez en raison de mesures néo-libérales que celui-ci avait instaurées. Les indiens de la Connaie appuient maintenant le nouveau président Palacio, disant qu'ils observeront ses agissements et que cet appui n'était pas inconditionnel. Palacio est un cardiologue réputé en Equateur et siégeait comme candidat indépendant au gouvernement.
Verrons-nous la OEA appuyer le dictateur Guttierez? Verrons-nous l'armée appuyer leur dictateur? Verrons-nous les indigènes réprimés avec l'appui de Condolezza Rice et de la OEA? Toutes des questions qui sont aujourd'hui sans réponses, mais une chose est certaine, le peuple équatorien ne veut plus de mesures néo-libérales, ils réclament justice et veulent que Guttierez soit jugé dans leur pays.
Longue vie à la révolution rose.
Publié par Libertador de Conciencia le 23 avril 2005 à 08:37 PM
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