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Reprenons le chemin de la critique. L'éducation est en crise sur le plan de la recherche, de la formation, ainsi que dans les pédagogies. Ne considérons que la recherche. Ce contexte est double. D'une part, le dernier rapport piloté par l'ONU sur l'état de la biosphère ne laisse aucun doute sur la nécessité de mieux saisir les inter-relations dans tous les écosystèmes ainsi que de capter comment le cerveau humain subsiste en ce XXIe siècle après sa longue évolution depuis "l'humain" de Tourmai, il y a sept millions d'années. D'autre part, les humains, sans toutefois le percevoir en clair, sont devant quelques questions tellement fondamentales que la tentation est grande de se mettre une cagoule: par exemple, comment définir et mandater l'autorité décisionnelle à l’échelle macropolitique pour fonder en pratique un ordre moral pour tous étant donné que certains pans de l'humanité ont les savoirs en physique et en biologie pour infléchir le destin des espèces vivantes dont l'espèce humaine?
L'avenir de la recherche demeure très problématique faute d’une politique claire et ferme appuyée sur des finalités non moins claires et fermes, et par voie de conséquence, faute de financement adéquat. Mais qu'entend-on par "recherche"? Primo, c'est de recherche dite fondamentale. Pour toute société humaine, il importe de tenter de découvrir tout, de la physique aux tissus et cellules du cerveau, des modes d'organisation sociale, des structures de parenté aux systèmes symboliques et mythologiques. Recherches aussi sur nos logiques, tout l'ensemble des mathématiques. Recherches sur nos constructions mentales, sur nos adhésions à des fins, à des opinions, à des croyances, à des états d'être. Tout peut être objet d'étonnement et de quête. Il s'agit de bâtir le savoir. Cette poursuite ne peut être motivée par le rendement et le profit mercantile immédiats. Ce n'est pas l'affaire de quelques-uns ou réservé à une élite fermée sur elle-même. La connaissance du monde est une quête fondamentale par et pour toute la société. Tout le développement de nos manières de vivre et de penser en dépend.
Que ce soit l'astrophysique, ou le génétique ou les systèmes de croyances, tout peut découler d'une plus grande connaissance: amélioration de la santé, de notre bien-être, de notre connaissance de l'énigme que nous sommes. La pensée mercantile et utilitaire se valorise par des logiques où les critères demeurent mal réfléchis, pesés selon et selon par ce que l'on peut décrire comme un manque de connaissance et de savoir-faire. Les crises politiques, la crise biosphérique, les terrorismes comme les fondamentalismes, peuvent être des effets, et je pense qu'ils le sont, d'ignorances crasses. Des "lecteurs-lectrices" des étoiles aux lecteurs des textes anciens, aux lecteurs-lectrices des vestiges de la vie ou des couches géologiques, tous peuvent nous aider à mieux vivre et à transformer nos vies, toutes nos vies.
La connaissance serait un bien qu'aucune autre valeur ne peut soupeser, sûrement pas selon les "petites" valeurs mercantiles comme l'accumulation des richesses pour l'accumulation par quelques-uns. Que nos sociétés, que les politiques, que les agoras du savoir que sont les universités ne voient pas cela est le signe du plus profond déclin qui soit.
Comme la recherche en astrophysique et en physique a permis de découvrir le système solaire, la décomposition spectrale de la lumière, la découverte de l'hélium et notre place dans l'univers ou encore les limites de nos représentations. Sans Newton et Hertz, il n'y aurait pas eu d'Einstein. Aujourd'hui, qui ne peut saisir l'importance de nos connaissances anthropologiques et des systèmes religieux, qui commencent au XVIIe siècle, si négligés dans toutes nos universités alors que le monde des cultures et des croyances se côtoie, se confronte, là où on souffre le plus de l'incompréhension et de méconnaissance des uns et des autres. Les coupures, parfois arbitraires, souvent inspirées d'ignorance, réduisent toute la vie sociale à la médiocrité et la bêtise.
Sauver la planète, sauver l'humain, sauver la vie, nous en sommes là. Nous ne pouvons y parvenir qu'en consacrant plus de nous-mêmes à mieux nous connaître, ce qui comprend notre milieu de vie et l'univers. Puis, on peut espérer vivre et vivre mieux.
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La recherche de la beauté, c'est la vie (Ferland).
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