Parizeau avait raison

Suite aux révélations faites à la Commission Gomery, le référendum de 1995 est revu sous un éclairage nouveau. Les déclarations de Benoit Corbeil, ancien directeur général du Parti libéral du Canada au Québec, ont motivé Pascal Garceau a écrire ce texte. Il nous fait plaisir de le diffuser ici en vous invitant, comme toujours à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

Parizeau avait raison

Dire que nous avons condamné les propos de Parizeau, le traitant même de "dangereux d'extrême droite", "d'Hitler" parce qu'il avait dit la vérité. Dire que nous serions peut-être en train de fêter le dixième anniversaire de la naissance d'un nouveau pays le QUÉBEC. J'ai pleuré à l'époque devant cette défaite, aujourd'hui je rage. Tout ça orchestré par des québécois. Triste réalité.

Voici les propos de Benoît Corbeil. Venant de l'ancien directeur général du Parti libéral du Canada au Québec

« Aujourd'hui, si on me pose la question (M. Parizeau avait-il raison), je suis obligé de dire oui, a dit M. Corbeil au cours d'un entretien, hier. Venant de moi, c'est assez particulier. C'est clair que la stratégie (du Parti libéral), c'était de faire sortir le vote ethnique au maximum. Si nous avions gagné par 300 000 électeurs, j'aurais dit non (c'est-à-dire que M. Parizeau n'avait pas raison). Mais lorsqu'on regarde les résultats du référendum, la réponse est oui. »

Les forces du NON ont gagné le référendum par un peu plus de 50 000 voix (50,6 % du total). M. Corbeil était déjà actif au sein du Parti libéral du Canada au Québec (PLC-Q). Il dit qu'il a pu voir, de proche, comment le bureau du premier ministre Jean Chrétien a agi pour le gagner.

« Il y a eu une accélération du processus menant à la citoyenneté de milliers d'immigrants au Québec, dit-il. Ce n'était pas difficile: plusieurs commissaires à l'immigration étaient liés au parti. Jean Chrétien a fait un discours à la nation, un en français et un autre en anglais, qui n'était pas identique et qui contenait un message particulier pour les groupes ethniques. »

« Puis il y a eu la fameuse manifestation d'amour du Canada au centre-ville de Montréal. Bien qu'actif au parti, je n'ai été mis au courant qu'à la dernière minute. J'étais chargé d'aller chercher les manifestants du Manitoba à l'aéroport de Dorval. Je les ai amenés en autobus jusqu'au square Dominion. Puis je suis monté au 33e étage du Château Champlain; il y avait là plusieurs membres du bureau du premier ministre et d'autres personnes qui surveillaient la manifestation, armés de jumelles et de caméras. »

C'était clair que l'organisation de la manifestation avait coûté très cher, et c'était aussi clair que cette dépense ne respectait pas la loi sur les référendums au Québec, ajoute M. Corbeil. Selon lui, le programme de commandites a suivi dans cet état d'esprit: il fallait combattre le mouvement souverainiste par tous les moyens, c'est-à-dire avec beaucoup d'argent, quitte à ne pas toujours respecter la loi.

« À l'époque, pour moi, les déclarations de Jacques Parizeau (ancien premier ministre du Québec), c'était de la folie. Avec le recul, 10 ans plus tard, je dis que ce n'était pas une folie. »

Pascal Garceau

Publié par La Tribu du Verbe le 22 avril 2005 à 10:33 AM TrackBack Commentaires (44)