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Nous avons reçu ce texte d'Alain Thomas à propos d'un sujet incontournable ces jours-ci: le scandale des commandites. Il nous fait plaisir de le diffuser ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.
Commandites, fraudes et trahisons
Le nez collé dessus chez-nous, sommes-nous incapables de voir que les tergiversations qui nous apparaissent plus claires ailleurs dans des républiques "démocratiques" qui n’en ont que le nom? Comment être fier d’être Canadien quand sont mis au jour des pratiques dignes du crime organisé? Tous les coups sont permis pour s’accrocher au pouvoir à la manière des dictateurs.
Jean Charest sera le premier transfuge passant du PC au PLQ, fédéral/provincial me direz-vous, mais la ligne de conduite est la même. Comme électeurs, nous ne nous sommes pas attardés au pourquoi de ce changement subit de cap. Nous en payons le prix fort aujourd’hui. Nous découvrirons plus tard que notre Premier ministre d’aujourd’hui semble avoir profité d’obscures enveloppes pour arriver au pouvoir. Sans parler du tour de magie pour arriver à maintenir son train de vie.
Maintenant, la défection de Belinda Stronach au profit des libéraux de Paul Martin. La désertion sauve le parti et le maintien artificiellement au pouvoir. Stronach n’a pu défaire Harper, son homologue aussi jeune qu’elle, à la chefferie du PC pour arriver à la tête du parti. La députée voyant ses possibilités de peut-être un jour devenir la "première" ministre menait donc la vie dure à son chef. Devrait-on faire plus confiance à la dame qu’à Jean Charest ? J’en doute. La façon sauvage utilisée par Stronach pour faire défection, impliquant entre autre de mettre fin à son union de fait avec son actuel conjoint, peut raisonnablement nous porter à croire que nous sommes loin des beaux principes. Quand on est prêt à sacrifier son union pour du pouvoir, que peut-on offrir du côté humain. Parce qu'un pays, ce n'est pas que de l'argent, ce sont des personnes avant tout.
La décision de Belinda Stronach tient de l'opportunisme politique, nullement du sens des valeurs et des convictions. Pas facile de se présenter en public après son coup de théâtre. Bien sûr, ceux et celles qui questionnent son geste sont qualifiés de sexistes ou de misogynes. Faudra m’expliquer en quoi s’attaquer à une «traîtresse» est une attaque à toutes les femmes.
Mme Stronach a aidé à rendre impossible un vote de défiance qui aurait mené à des élections susceptibles selon la dame de livrer le Québec aux séparatistes. Les méchants séparatistes. Quel argument ! La nouvelle ministre ne parle pas un traître mot de français, mais elle craint les méchants séparatistes français… C’est sûrement pour le bien des Québécois qu’elle a agit. Du moins c’est le mensonge politiquement correct qui nous sera servit. Assez paradoxal, la dame unilingue anglophone ne permet pas la séparation du Québec pour ses grands principes, mais elle massacre sa propre union avec son conjoint. Bel exemple de la façon d'être égal avec soi-même ! Elle n’a pas dit un mot, en anglais, que déjà elle est en mauvaise position. En effet, comment expliquera-t-elle qu’hier conservatrice elle demandait une entité indépendante de l’assurance chômage pour mettre fin au vol de la caisse et aujourd’hui libérale à la tête du ministère qui gère cette assurance elle ne pourra rien changer parce que le PLC veut à tout prix garder la vache à lait ? Par contre, à regarder son CV, on ne peut douter que l’argent et le pouvoir soient les principales préoccupations de Stronach.
A-t-on besoin de s’étendre sur le sujet des commandites ? Je crois que monsieur et madame tout le monde ont déjà la preuve des fraudes effectuées pour financer le PLC, en faisant des cadeaux aux amis(e)s tout en s’attaquant au référendum québécois, dans le temps où les Canadiens anglais nous ont aimés ayant appris tois mots français «on vous aime», le temps d’une marche commanditée. L’argent avait été le plus fort, la trahison devait se voir plus tard.
Nous ne sommes pas sortis du scandale des commandites et de la Commission Gomery (que plusieurs tentent de museler) que le PLC continue ses commandites sous une autre forme. À preuve, deux députés conservateurs de Terre-Neuve ont laissé entendre qu’ils s’apprêtent à défier leur propre parti et à appuyer le budget Martin. La conscience s'éteint devant un Paul Martin qui accorde des milliards en redevances pétrolières à cette province. Quel esprit ! Donnez-nous de l’argent et nous vous accordons notre vote. Comme si aucun autre parti n’avait pu trouver une entente avec cette province ! Comment se fait-il que cette province boudée qu’est Terre-Neuve soit tout à coup si importante qu’on lui donne des tonnes de pétrodollars ? On parle peut-être de milliards.
L’amendement de 4,6 milliards mis de l’avant par Paul Martin pour rallier le NPD de Jack Layton est un autre élément qui devrait faire réfléchir. Ajouté aux 4,5 milliards de baisses d’impôts promises aux grandes entreprises ça commence à faire beaucoup. Où est-ce que le PLC a trouvé tous ces milliards qu’il distribue sans compter ? En pensant que Martin ne veut rien savoir du déséquilibre fiscal ni de changer la péréquation, je me demande si nous ne sommes pas dans le roman La ferme, de O. Wells. Toutes les provinces sont égales, mais certaines plus que d’autres.
Donc, un Premier ministre qui personnellement prend tous les moyens pour détourner le fisc, chef d’un camp de transfuges. Des fraudes à la pelle et des vols comme celui de l’assurance chômage. Un programme des commandites pour écraser le référendum québécois, annihiler l'autodétermination, financer le PLC et s’en mettre plein les poches. Des préférences arbitraires entre les provinces. Quelques milliards aux amis, aux maîtres chanteurs, le PLC s’accroche au pouvoir en vidant les coffres et le tour est joué. Stonach est convaincue que le PLC perdant, les méchants séparatistes québécois mettraient fin au Canada tel qu’il est. Je crois que c’est plutôt le parti qu’elle a joint qui est en train de briser le pays tel qu’il est. Je ne m’identifie pas au Canada. Vivement le Québec libre.
Alain Thomas
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