Tuer le rêve

Ce qu’il y a de pire avec la commission Gomery, ce n’est pas d’apprendre que des millions de dollars ont été engloutis dans les poches de quelques privilégiés connectés sur le pouvoir, qu’un parti politique s’est financé à même les fonds publics en contournant les lois ou même que la démocratie a été bafouée en partie lors du référendum de 1995.

Le pire, c’est que toutes ces révélations tuent le rêve. Elles tuent l’espoir de construire un monde meilleur. Elles contribuent à engraisser le cynisme, la généralisation outrancière et finalement le repli sur soi. Lorsque l’on ne croit plus en rien, lorsque l’on met tout le monde dans le même bag, il ne reste plus qu’à s’enfermer dans son salon et à cultiver la mousse de nombril. Et ainsi, on continue de laisser un groupe d’opportunistes conduire la destinée de la majorité.

Pourtant, il faut entretenir le rêve pour améliorer notre sort. Il faut croire. Il faut avoir foi en la nature humaine et en son potentiel. Les belles inventions, la création, les systèmes efficaces étaient tous au départs des utopies. S’il n’y avait pas eu de rêveurs, la société n’aurait pas évolué.

Il faut donc se relever les manches, faire le ménage, stabiliser la démocratie et la justice au plus christ. Sinon, la pente que nous empruntons deviendra rapidement trop glissante et abrupte, sans possible retour. Ensemble, tout est possible.

Publié par Le Caméléon le 09 mai 2005 à 07:55 AM TrackBack Commentaires (8)