Islam (encore)

Se souvenir de l’interprétation extraordinaire que Molà Sadrà - le plus grand philosophe iranien du 17e siècle - a donné du verset coranique: pas de contrainte en religion. Dieu est liberté créatrice, spontanéité pure et par conséquent le vrai fidèle exprime cette liberté divine à travers ses pratiques spirituelles: Dieu n’est pas enchaîné... et le fidèle en tant qu’émanation divine se doit de refléter cette “spontanéité déchaînee”. Ainsi aujourd’hui, le dilemne: Dieu est-il liberté créatrice ou est-on dans un système ténébreux où Dieu devient une idole malicieuse qui traque le moindre manquement. Note: pour un brin de réflexion plutôt court...

Application: à la scène internationale, de même à la scène nationale (au Canada et au Québec). Pourquoi? Parce que tant de clercs se réclament de l'Islam, tant de pays aussi, tant de mouvements, de partis, de groupes ou de groupuscules, que l'on ne peut passer outre et ne pas questionner les théologies qui inspirent les politiques. Tenter de joindre le coeur des problèmes, je dis bien tenter. Mais c'est de l'analyse même de la scène internationale qu'il s'agit : à savoir c'est du cerveau des hommes qu'émane toute idée qui inspire le politique, qui lui, institue notre réalité concrète.

J'ajoute, en jouant le jeu de la théologie quant au texte sacré et quant à la réalité sacrée, que l'humain-croyant ne peut ignorer selon sa croyance même qu'il se doit de penser le dieu auquel il croit et même de réfléchir au dieu présenté par ceux qui se disent les interprètes de ce dieu et des rapports entre les hommes et dieu. Or, quant au texte : proclamer que le texte origine de dieu, en dieu, sous le vêtement de l'écriture (donc de toute la langue très humaine) montre qu'il y a deux épaisseurs de signifiance, celle de dieu; celle de l'homme, cette dernière cernant l'autre. La signifiance de dieu se traduit en celle de l'homme. Or, celle-ci ne peut être strictement équivalente au "langage" de dieu (si dieu peut avoir un langage - ici, il y a une toute autre réflexion à poursuivre -). Pourquoi? Parce qu'il ne peut y avoir d'égalité au plan de l'être entre dieu et l'humain créé dans un monde autre que celui de dieu. OU, il y a de fait égalité, et cela relève de la puissance même de dieu. Mais si tel était le cas ; il n'y aurait entre les humains aucune différence ni aucune diversité, sinon celles de la variabilité des facettes infinie du divin; alors qu'au plan de la substance l'identité divine ne peut être qu'une. Et alors, les humains auraient ce privilège de se connaître puisque l'on ne peut dénier que le divin est omniscient. OR, tel n'est pas le cas; il suffit de voir et d'écouter la réalité des hommes. Dieux pourraient dire dieu. La formule est courte, il suffirait d'étendre la réflexion.

OU, il y a un écart, une séparation entre le divin et l'humain; écart tel que dire le divin, c'est entreprendre de dépasser cet écart et de le combler.

Mais comme l'écart est de l'ordre de l'être : dieu est dieu, etc...

Il importe de reconnaître qu'il y a non pas simplement impossibilité de dire, mais impossibilité de savoir que le dire dit quoique ce soit de l'ordre du divin. Le dire demeure entièrement humain: si Dieu crée, il institue la différence ou l'écart (il y a ici une autre piste sur la notion d'écart et de différence). Ce serait d'ailleurs l'essence même de la création - toujours selon la croyance et ce que les humains tentent d'en dire - que d'instituer un "hors du divin". Dans les traditions monothéistes, ce divin "jette" hors de lui - comment peut-il y avoir un "hors de" si le divin est dit tout et infini ? - justement, c'est de la puissance du divin d'instituer du multiple, à savoir une différence entre son être et un "autre" être.

C'est justement ici le lieu de l'achoppement des humains; penser combler la distance de la différence d'être et donc de prendre Dieu à revers en quelque sorte et de croire posséder la puissance de combler le passage. C'est la signification du rôle attribué à Lucifer : combler l'écart et se croire divin : capturer Dieu dans le filet de la signifiance, c'est dire le dire de Dieu en sachant ce qu'il en est de Dieu et de ce qu'il pense et fait.

Tout le rôle des clercs de tout acabit se résume à cela : messager ou pont, ou passerelle, médiateur certainement, et autorisé. Prendre la place dans l'entre-deux: entre Dieu et les hommes.

Ce qui est plus paradoxal encore, c'est que d'un point de vue de la connaissance : tout de la croyance est pensé et imaginé par le cerveau humain. Or, on peut se rendre compte d'une complexité inhérente à celle-ci lorsque l'on tente de l'expliciter et d'en décrire diverses facettes : le cerveau humain sécrète de la croyance. Elle ne peut que traduire comment l'humain se pense et se voit, même s'il demeure le plus souvent inconscient de la révélation qu'il inscrit lui-même en sa propre psyché. ici, débuterait une toute analyse pour montrer ce que la mytholgie inhérente dans la croyance montre de ce qu'est l'humain,

À suivre...

Publié par Hermès le 24 juin 2005 à 10:05 PM TrackBack Commentaires (44)