Réponse à mon ami Paul Cliche

Il y a quelque temps, Paul Cliche publiait une lettre ouverte sur ce site, s'adressant à l'ex-conseiller du RCM, Richard Théorêt, suite à sa décision de joindre les rangs du parti de Géranium 1er pour les élections municipales de novembre prochain. Nous avons reçu la réponse du principal intéressé, et il nous fait plaisir de lui accorder ce droit de réplique.

EN RÉPONSE A LA LETTRE DE PAUL CLICHE AU MOMENT DE L’ANNONCE DE MA CANDIDATURE AVEC PIERRE BOURQUE

Bonjour,

Cela aura pris le temps de laisser la poussière retomber avant de répondre à la question de mon ami Paul Cliche. D’abord réglons quelques erreurs du texte de Paul. Lorsque tu affirmes: "Ce parti dont le séjour au pouvoir a permis de détruire les réalisations démocratiques de l’équipe du RCM", tu es au pluriel. La seule réalisation démocratique dont on puisse faire état, selon André Cardinal et moi-même, est la mise sur pied de la CDU (Commission du Développement Urbain) en lieu et place de l'étude publique des dossiers locaux par l'instance des CCA (Comité Conseil d'Arrondissement). Il faut remarquer que nos pressions ont permis à nouveau à la CDU de siéger localement. Nous n'avons pas (André et moi) pu identifier d'autres exemples.

Tu affirmes également: "Le comité exécutif siégeait aussi à huis clos alors pour accorder de plantureux contrats aux amis du régime, souscripteurs sous la couverture à sa caisse électorale". André Cardinal, dans votre propre document de programme, nous informe qu'il n'était pas possible légalement que le comité exécutif accorde à huis clos des contrats plantureux. La limite légale pour le comité exécutif du temps de Bourque était de 100,000$. En comparaison, la règle (et non l'exception) aujourd'hui est le huis clos pour des contrats valant souvent des millions, comme le démontre si bien André Cardinal dans le même document.

Tu affirmes: "Et il n’existe aucune garantie que ce serait différent si ce populiste de droite à la gomme reprenait le pouvoir en novembre prochain". Tu as raison en cette matière il n’y a pas de garantie pour personne. Il faut seulement savoir que le 25 janvier 2005, c'est Pierre Bourque qui a supporté la motion de l'ex-leader Dida Berku pour étudier publiquement les contrats, et qu'il s'est engagé publiquement à le faire, contrairement à l'UCIM (Prescott & Fotopoulos compris). Par ailleurs, la loi permet ce genre de cochonneries et nul n'est à l'abri à ce moment-ci d'un comportement inacceptable.

"Au contraire, l’ex-maire parle d’abolir une réalisation intéressante de l’administration Tremblay en ramenant dans ses mains à l’hôtel de ville des pouvoirs décentralisés vers les arrondissements dont tu veux devenir une figure de proue". Cette autre citation n'est pas exacte. En effet, déjà le projet d'un financement additionnel aux arrondissements afin de leur permettre de remplir leurs nouvelles obligations correctement est annoncé par Pierre Bourque (20 millions pour Ville-Marie et autre à venir). Pierre Bourque ne pourrait modifier certains pouvoirs des arrondissements qu'avec l'accord de Québec et celui d'ester en justice est un bon exemple. Mais on ne peut à la fois financer et enlever à l'instance son pouvoir de réaliser ce pourquoi l'argent lui est donné. Là dessus Pierre Bourque est plus cohérent que Tremblay, on l’admettra en assurant le financement correspondant aux responsabilités.

Maintenant que les erreurs de ton texte sont corrigées, voici pour ce qui est du motif.

Tu admettais dans toutes nos conversations que Projet Montréal ne levait pas. Le chef lui-même admet sa défaite. J’étais parti pour ma retraite. Environ 10 jours avant de quitter (date prévue le 5 août) Pierre Bourque m’offrait la candidature de la mairie du Plateau. En 2001, approximativement, 62% des votes des citoyens sont allés à Vison Montréal.

On admettra que ce n’était pas une offre d’un siège perdant. Après que Pierre Bourque m’aie donné l’assurance recherchée sur la transparence des contrats et le redressement dont les citoyens du Plateau ont absolument besoin en matière de financement, j’ai conclu que ma responsabilité envers les citoyens dans le contexte actuel était d’assurer une voix progressiste après le 6 novembre dans l’environnement politique municipal. C’est peut être prétentieux mais j’ai la conviction de ne pas avoir changé d’opinion en ce qui a trait à la conduite des affaires publiques. L’important n’est pas le véhicule mais les idées et projets mis de l’avant.

Si ta lettre contenait quelques erreurs j’en profite pour corriger de grossières erreurs commises par Marvin Rotrand dans le journal Place Publique du 3 septembre sur les mêmes sujets.

Rotrand y affirme que la décentralisation vers les arrondissements tient son origine dans la loi 33. C’est faux. Louise Harel avec la loi 170 a jeté les bases de la réforme demandée par le RCM depuis sa fondation en 1974. Marvin dit que le prochain conseil d’agglomération va chapeauter le Conseil de ville et qu’environ 50% du budget sera transféré au conseil d’agglomération et aux arrondissements. C’est faux. La réalité c’est que 25% va aux arrondissements et que 60% va au conseil d’agglomération pour un total de 85%. Le plus important que ne dit pas Rotrand, c’est que le maire Tremblay appuie la formule qui enlève au conseil municipal pratiquement tous ses pouvoirs au profit d’un droit de veto du maire sur les nominations, le budget, les contrats etc. au sein du conseil d’agglomération. Même Jean Drapeau ne serait pas allé aussi loin. Et quant au budget participatif dont Marvin se réclame, il faut l’oublier cette année, l’oublier au conseil d’agglomération et au conseil municipal avec la formule de l’UCIM.

Enfin, terminons en indiquant que l’administration Tremblay a le record de non-réponses aux recommandations des commissions (à l’encontre de son propre règlement) et a mis fin à l’entente négociée par le défunt Abe Leimonchik quant aux choix démocratiques des candidats par les citoyens des différents quartiers.

Pour les quatre prochaines années, ma connaissance des enjeux dans l’UCIM et du rôle des élus dans le contexte actuel m’amène au constat suivant : l’UCIM n’est pas (ou pour certain n’est plus) la formation politique tournée vers un avenir progressiste. Les décisions de Gérald Tremblay depuis maintenant plus d’un an le démontrent clairement. Pierre Bourque a compris pour sa part que la majorité des élus tout parti confondu ne souhaitent pas le retour à la ville centralisée d’avant les fusions et qu’en conséquence il veut par un budget additionnel garantir leur fonctionnement. De plus, sur les valeurs de transparence dans la gestion publique, on sait maintenant qui est le plus progressiste.

Je suis personnellement tout à fait disposé auprès des gens de Projet Montréal ou de tout autre milieu à participer à un échange qui nous permettrait d’établir les faits, de corriger les perceptions et les distorsions que le contexte électoral amène.

Amicalement

Richard Théorêt

Publié par La Tribu du Verbe le 09 septembre 2005 à 12:16 PM TrackBack Commentaires (2)