En route vers notre fierté

Lucien Bouchard a toujours été un conservateur dans l'âme. On en vient presque à se demander s'il n'a pas carrément infiltré les souverainistes en se faisant passer pour l'un d'eux pendant quelques années. Quoi qu'il en soit, il fait tout un cadeau à son collègue conservateur Jean Patapouf Charest en publiant son "Manifeste pour un Québec lucide", un ramassis de clichés de droite dont le théorème est que pour assurer la survie de l'État, il faut le démanteler. Les réactions à ce texte risquent d'être nombreuses. Émile Fréchette nous fait d'ailleurs parvenir la sienne, qu'il nous fait plaisir de publier ici, en vous invitant, comme toujours, à faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

En route vers notre fierté

L'ex premier ministre Lucien Bouchard n'a jamais digéré de se faire éjecter du Parti Québécois. La décision de quitter lui appartenait certes, mais il fallait lire entre les lignes. Le Parti Québécois a trop souvent été l'artisan de ses propres malheurs. D'ailleurs, nombreux sont les analystes politiques qui prédisent l'éclatement de ce parti dès les lendemains d'un Québec souverain.

Il ne faudrait donc pas trop croire à une coïncidence de voir apparaître sur l'échiquier politique du Québec un manifeste, le jour même où le parti Québécois tenait son débat sur la souveraineté. La gifle est d'autant plus grande que le manifeste se veut on ne peut plus clair sur cette question : « ... nous avons tous la certitude que quel que soit le choix des Québécois, les défis qui confrontent le Québec resteront entiers. »

Depuis trop d'années, le Québec se complait dans une forme de pensée magique qui frôle l'insouciance et l'irresponsabilité. Héritage de l'État providence ou aveuglement volontaire, chose certaine plusieurs groupes de pressions n'hésitent pas à abuser de cette passivité collective à l'égard des grands enjeux auxquels nous sommes confrontés. Et ils réussissent si bien que notre premier défi est aujourd'hui de s'entendre collectivement sur les objectifs à poursuivre pour assurer notre avenir.

Si la charge est si dure à l'égard des syndicats, c'est qu'il ne pouvait en être autrement. Leur discours se borne à dire que le Québec a les marges de manœuvre nécessaires pour investir toujours davantage. Leur poids dans la société leur donne un rapport de force démesuré que personne n'osait dénoncer jusqu'à ce jour. Le manifeste à le mérite d'attaquer de plein fouet cette question.

Au cours des prochains jours, nous verrons certains tenter de récupérer le manifeste mais il ne faudra surtout pas s'étonner d'en voir plusieurs le dénoncer. En ce sens, ils feront la démonstration de plusieurs des constats évoqués, notamment à l'égard du refus du changement. Chose certaine, il nous faut plus que jamais débattre des thèmes abordés. Ce n'est pas en occultant ces questions que nous retrouverons au Québec cette fierté qui nous a jadis caractérisés et qu'il nous faut, avant toute chose, retrouver.

Émile Fréchette

Publié par La Tribu du Verbe le 20 octobre 2005 à 12:33 PM TrackBack Commentaires (21)