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Dans la foulée du scandale des commandites et la volonté fédéraliste de taire les souverainistes québécois, je commençais à me demander si vraiment il existait des gens qu'on ne peut acheter... J'ai aujourd'hui découvert avec satisfaction que cela semblait exister en la personne de M.Raymond Lévesque.
J'ai copié ci-bas l'article paru dans La Presse qui fait état de ce fait. Qu'on soit d'accord ou non avec sa décision, je tiens à souligner le respect que j'ai pour cette personne qui prend soin d'exprimer son opinion de façon claire, mais aussi respectueuse.
La Presse
Actualités, mardi 25 octobre 2005, p. A5
Raymond Lévesque refuse le prix du Gouverneur général
Mercure, Philippe
Raymond Lévesque refusera le prix du Gouverneur général qu'on s'apprête à lui décerner. Dans une lettre que La Presse a obtenue, l'auteur-compositeur indépendantiste affirme que " Bozo les culottes ne s'inclinera pas devant la gouverneure générale du Canada " (Voir encadré).
L'auteur de Bozo les culottes- mais aussi de Quand les hommes vivront d'amour- explique qu'il décline la distinction et la bourse de 15 000 $ qui lui est associée pour rester " fidèle au Québec, à son peuple, à ses lois et à son avenir ".
M. Lévesque s'était pourtant montré ému, il y a trois semaines, en apprenant qu'il figurait sur la liste des lauréats du prix du Gouverneur général pour les arts de la scène. " Je reconnais aussi le grand coeur du comité d'évaluation qui m'a accordé ce prix même s'ils savent très bien que je suis souverainiste ", avait-il confié.
Il avait cependant dit s'inquiéter de la réaction de Michaëlle Jean. Alors que celle-ci était encore journaliste, M. Lévesque lui avait déclaré qu'il trouvait " antidémocratique " le fait que des immigrants installés au Québec depuis six mois puissent voter au référendum sur la souveraineté. " Elle n'avait pas aimé cela et j'ai bien peur qu'elle me fasse une grimace lors du gala ", avait-il lancé en septembre.
Aujourd'hui, M. Lévesque explique sa volte-face par le fait que Michaëlle Jean a " renié l'idée de deux nations au Canada " lors de son discours inaugural. Il lui reproche aussi de s'être présentée aux Québécois comme " la commandante en chef de l'armée canadienne ". Une armée, plaide M. Lévesque, qui a " emprisonné plus de 450 de nos compatriotes " au cours de la crise d'Octobre en 1970.
En tant qu'auteur de Bozo les culottes- une chanson qui raconte l'histoire d'un de ces prisonniers-, M. Lévesque écrit qu'il ne pouvait aller s'incliner devant la commandante en chef de l'armée. Il justifie finalement son refus par le fait que le gouvernement fédéral a " volé " le référendum de 1995.
Les prix du Gouverneur général pour les arts de la scène sont décernés depuis 1992 à des artistes qui se sont distingués par leur contribution à la culture canadienne. En plus de Raymond Lévesque, la cuvée 2005 des lauréats comprend Peter Boneham, Jackie Burroughs, Marcel Dubé, Oliver Jones et Moses Znaimer.
Dans son communiqué, le Conseil des arts décrit Raymond Lévesque comme " un pionnier de la chanson québécoise et un artiste engagé ", qualifiant son oeuvre Quand les hommes vivront d'amour" d'une des plus belles chansons françaises du siècle ".
Joint hier à son domicile par La Presse, M. Lévesque a refusé de commenter davantage sa décision. L'attaché de presse de Mme Jean n'a pas rappelé La Presse.
BOZO LES CULOTTES NE S'INCLINERA PAS DEVANT LA GOUVERNEURE GÉNÉRALE
Voici le texte intégral de la lettre que Raymond Lévesque a écrite pour expliquer son refus du prix du Gouverneur général.
Je suis indépendantiste depuis toujours. Quand on m'a proposé le prix du gouverneur général, j'ai accepté car j'ai vu là, de la part du Canada anglais, un hommage rendu à mon oeuvre. Je lui en sais gré.
Mais, depuis, des choses se sont produites qui changent la situation, et qui me conduisent aujourd'hui à refuser ce prix.
a) Dans son discours inaugural, la nouvelle gouverneure générale a renié l'idée des deux nations au Canada. C'est grave. Toute notre histoire est là.
b) La gouverneure générale s'est d'abord présentée à nous comme commandante en chef de l'armée canadienne, titre qu'elle a mis de l'avant pour renoncer à sa double nationalité. Le Canada a envoyé son armée au Québec en 1970 et emprisonné plus de 450 de nos compatriotes sans mandat, sans porter d'accusations, sans faire d'excuses. Ayant écrit la chanson Bozo les culottes, je trouve incorrect de ma part à l'endroit des gens ayant souffert des mesures de guerre d'accepter un prix des mains de la commandante en chef et de m'incliner devant elle.
c) Le référendum de 1995 a été volé! Le gouvernement du Canada a violé les lois du Québec et le droit du peuple québécois de disposer de lui-même.
En refusant ce prix, je reste fidèle au Québec, à son peuple, à ses lois et à son avenir.
Raymond Lévesque, auteur-compositeur
PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL - HISTORIQUE DES CONTROVERSES
Si les prix du Gouverneur général pour les arts de la scène ont été inaugurés en 1992, les prix littéraires, eux, sont décernés depuis 1936. Historique des controverses les entourant.
> 1968 : Hubert Aquin refuse son prix pour des raisons politiques, tandis que Fernand Dumont remet la somme attachée au sien au Parti québécois. Leonard Cohen refuse également son prix, expliquant qu'il a " consulté sa poésie et qu'elle lui a donné ce conseil ".
> 1970: Fernand Ouellette refuse pour des raisons politiques.
> 1973 : Roland Giguère refuse pour des raisons politiques.
> 1974 : Victor-Lévy Beaulieu et Nicole Brossard acceptent leur prix en déclarant se sentir en pays étranger.
> 1977 : Michel Garneau refuse pour des raisons politiques.
> 1978 : Gilbert Langevin remet sa bourse à un organisme de défense des prisonniers politiques du Québec.
Publié par Pat Myette le 25 octobre 2005 à 02:28 PM
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