Que le meilleur gagne

Selon Voltaire ''La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l'esprit humain'', c'est du moins l'impression que nous aura laissée l'actuelle course à la chefferie du PQ. Et pourtant chacun des candidats a entamé cette aventure avec l'intention, je présume, de proposer des idées et une vision pour le Québec de demain. Des débats ont eu lieu, mais le cirque médiatique autour des révélations sur un certain passé de Boisclair a fini par aliéner même certains candidats dits sérieux qui ont fini par jouer le jeu de la perversité. Sur la grandeur de l'esprit humain, on repassera.    

''L'homme c'est le style'', une phrase que le roi Hassan II répétait souvent à son fils le préparant à prendre la relève. C'est à son style qu'on reconnaît un grand politicien, un homme d'État. Consomme ou ne consomme pas de la cocaïne, l'important c'est avec quelle façon tu sauras gérer les effets d'une révélation plus que la révélation elle même. Ce qui préoccupe en vérité beaucoup de gens c'est moins le fait qu'un Ministre ait consommé ou non de la cocaïne que de ne pas avoir su le cacher. André Boisclair n'a pas su faire ce que d'autres apparemment font mieux que lui. Maintenant, aura t-il été capable de gérer les effets de cette révélation? Il faut lui redonner le mérite de ne jamais avoir adopté comme défense de renvoyer des accusations à d'autres qui ne manquent pas de squelettes dans leurs propres placards. À cause de l'acharnement médiatique sur la révélation plus que la révélation elle-même, les militants du PQ  auront à juger Boisclair doublement. Mais comme écrivait Charles Muras ''Il faut s'attendre à tout en politique, où tout est permis, sauf de se laisser surprendre''.  
 
Selon Paul Valéry, ''La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde''. En s'acharnant sur Boisclair, tous les médias ont fait de la politique en empêchant les gens de se mêler de ce qui devrait les concerner fondamentalement.   

Selon Stendhal ''Dans tous les partis, plus un homme a d'esprit, moins il est de son parti''. À ce niveau,  je pense que tous les candidats se sont montrés plus que jamais de leur parti excepté Pierre Dubuc qui a fait de cette campagne l'occasion pour insufler un peu d'éducation populaire sur différents enjeux. Mais le PQ n'est pas prêt à mettre à sa tête un progressiste de gauche, un social démocrate de conviction. Est-ce en désespoir de cause que Dubuc s'est rallié à Marois? Finalement une course en politique favorise moins d'esprit et d'éducation que de sport.

Selon Jean de La Bruyère ''Ne songer qu'à soi et au présent est source d'erreur dans la politique''. Qui de tous les candidats n'a pas fait cette erreur? L'avenir le dira plus que le présent.

Selon Joseph Joubert, ''En politique, il faut toujours laisser un os à ronger aux frondeurs''. Sans commentaires.

Publié par Mohamed Lotfi le 12 novembre 2005 à 01:17 PM TrackBack Commentaires (7)