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En effectuant un virage à 180 degrés au sujet de la loi fédérale sur la clarté qu'il appuiera désormais alors qu'il l'avait dénoncée jusqu'ici, le chef du NPD, Jack Layton, va laisser en plan bien des progressistes québécois qui ne sont pas des fédéralistes avoués et même des souverainistes comme moi. Plus surprenant encore est l'appui sans réserve qu'il reçoit sur ce sujet de celui qu'on présente comme son nouveau lieutenant québécois, le professeur Léo-Paul Lauzon, cité dans les médias comme ayant fait cette déclaration incongrue : « C'est le temps de l'indépendance, de la souveraineté du Canada ».
On comprend la motivation de M. Layton. C'est un calcul électoraliste. Il met fin à l'ouverture qu'il avait manifestée envers le Québec depuis son accession au leadership de son parti de crainte de mécontenter le Canada anglais où on parle de plus en plus d'un prochain référendum. Mais celle de M. Lauzon, qui avait appartenu jusqu'ici à la mouvance progressiste souverainiste, est incompréhensible. Elle doit faire partie des contradictions du coloré personnage. De plus, comment va réagir Svend Robinson qui a été un des rares députés néo-démocrates à se tenir debout en votant contre cette loi inique aux Communes? J'espère qu'il va se manifester.
Autre engagement non tenu par M. Layton. Lors de la campagne électorale de 2004, il avait promis de travailler fort pour l'instauration d'un scrutin proportionnel. Mais à part sa participation avec les deux autres partis d'opposition à la création d'un comité parlementaire dont on n'a pas entendu parler par la suite, son parti n'a rien fait aux Communes. Aux dernières élections, j'ai voté néo-démocrate, car M. Layton représentait à mes yeux l'espoir d'un rapprochement, et même d'un éventuel front commun, entre les progressistes québécois et anglo-canadiens pour aider au règlement de la question nationale. Cet espoir est maintenant évanoui.
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