Au diable la politique!

Ouais, c’est assez la politique, je change de sujet et je vous parle aujourd’hui de... politique. De politique éditoriale pour être plus précis. Ou, pour être encore plus précis, de la politique éditoriale de l’industrie du film.

En fait, tout à commencé avec le film Hostel, L’Auberge en français.

Un film hyper-violent où l’on nous dit en substance (et avec beaucoup d’images sanglantes) qu’en y mettant le prix, on peut se payer n’importe quoi, y compris un trip de torture. Assez débile merci! Comme si on avait besoin de voir ce genre de film, comme s’il était nécessaire d’imprégner encore plus de violence dans la tête des gens, comme si c’était une bonne idée de suggérer ce genre d’entreprise qui, espérons-le, n’existe que dans l’imagination de certains malades.

Vous savez comment ça marche. Vous vous souvenez du fils d'Éric Clapton, ou encore de cet épisode des Simpsons où Maggie se met à taper sur la tête d'Homer avec des objets de plus en plus lourds, parce qu’elle à vu ça à la télé… C’est une habitude. On le voit une fois deux fois et ça fait son chemin, on se demande ce que ça peu bien faire de planter un couteau dans le dos de quelqu’un. Est-ce que c’est aussi facile que ça en a l’air? Est-ce que ça saigne autant? Est-ce que ça fait vraiment aussi mal - ou aussi peu mal - que l’on nous l’affirme dans tous ces films? Ça vous est peut-être déjà passé par la tête, mais vous ne l’avez pas fait. Vous êtes équilibré, vous savez que ça fait vraiment mal et que ce n’est pas bien et ainsi de suite, mais à force de suggestion, il y en a qui passe à l’acte…

Ensuite ça a continué avec L’île, ce film sur les clones – que j’ai bien aimé d’ailleurs. Est-ce la même chose que pour L’Auberge? Pas évident... On suggère certes, mais on dénonce, ce qui n’est vraisemblablement pas le cas de L’Auberge que je n’ai pas vu et que je n’ai pas l’intention de voir. Mais on suggère tout de même. L’idée fait son chemin. Mais le produit, plutôt que de faire l’apologie de la violence (ou du clonage dans ce cas) pose les questions morales qui doivent être posées. Ce film n’est pas que pur divertissement. On y fait même un excellent petit crochet par le marquage des esclaves noirs, considérés à l’époque comme moins qu’humains, tout comme les clones de L’île...

Mais ça ne s’arrête pas là. J’ai vu Madagascar avec les enfants, ou plutôt le court-métrage de Noël des pingouins du film Madagascar. On y voit là encore une scène qui pose le même type de problème.Les pingouins, fêtant Noël, calent du lait de poule à l’aide d’un entonnoir et d’un tuyau, exactement comme cela se fait dans certaines beuveries collégiales. Encore là, c’est une scène banale ou presque destinée à faire sourire les parents, et ça fonctionne on sourit, mais ça s’arrête vite lorsque l’on réalise que nos petits bouts viennent d’enregistrer cette image et de la classer comme chose drôle et normale.

Évidemment la scène avec les pingouins et l’idée qu’elle véhicule est bien moins grave que celle de L’île ou encore celles de L’Auberge. Cela dit, elle est à mon sens plus dangereuse que celle de L’île, où il y a un discours complet sur le sujet.

Voilà, je ne suis pas nécessairement en train de dire qu’il faut empêcher des films comme L’Auberge d’être diffusé - quoi que dans ce cas précis moi j’aurais dit non - et certainement pas en train de dire que L’île n’a pas sa place au cinéma, mais je crois que dans des cas comme L’Auberge et même dans le cas de ces petits pingouins qui calent « innocemment » du lait de poule, nous devrions peut-être nous poser des questions.

Bon, là j’ai l’air d’un vieux réactionnaire, ce que je ne crois pas être. Je ne suis en fait qu’un simple citoyen qui se pose des questions sur la politique éditorial de l’industrie du cinéma, car qui prends un espace médiatique prends un espace éditorial qui véhicule en tout temps et sans exception des valeurs...

Publié par jpm le 28 janvier 2006 à 10:19 AM TrackBack Commentaires (7)