Réductions de taxes versus baisse du coût du transport collectif


LA CONDITION DE PROJET MONTRÉAL POUR APPUYER LE NOUVEAU BUDGET DE GÉRALD TREMBLAY
 
Montréal, le 23 janvier 2006 — Le 12 décembre dernier, devant le tollé soulevé par son budget 2006, Gérald Tremblay décidait de le retirer. Ce 20 janvier, le maire Tremblay a déposé son nouveau budget 2006. Dans le budget retiré, les taxes s'élevaient à 2 611 M$. Dans le nouveau, elles ont été ramenées à 2 540 M$. Par rapport au budget retiré, le nouveau budget comporte donc 71 millions de dollars de baisse des taxes.

Le secteur non résidentiel, constitué des entreprises, commerces et autres places d'affaires, assume 55 % du total des taxes municipales. L'autre tranche de 45 %, celle du secteur résidentiel, est pour sa part majoritairement assumée par les ménages les plus à l'aise financièrement. Les diminutions de taxes sont toujours régressives, ce qui signifie qu'elles profitent beaucoup plus aux contribuables payant des taxes élevées qu'à ceux qui en paient peu, a fortiori qui n'en paient pas. Pour se limiter à un exemple, soulignons qu'en moyenne, les charges fiscales du secteur résidentiel s'élèvent désormais à 1 280 $ par habitant à Outremont, à comparer à 401 $ dans l'arrondissement Villeray - Saint-Michel - Parc-Extension. Le nouveau budget a eu pour effet d'abaisser ces charges de 31,67 $ par habitant dans le premier de ces deux arrondissements, contre 8,35 $ seulement dans le second. Il est par conséquent clair qu'en consentant 71 M$ de diminution des taxes, Gérald Tremblay a d'abord cherché à plaire au milieu des affaires et aux franges les plus fortunées de la population montréalaise.

Quand Richard Bergeron a rencontré Gérald Tremblay, le 19 décembre, il lui a proposé de mettre à profit la reprise du budget pour augmenter de 10 M$ la dotation de la Ville à la Société de transport de Montréal (STM), dans le but d'annuler la toute dernière hausse de 2 $ de la carte autobus-métro (CAM). Une hausse du coût du transport collectif heurte d'abord les habitants des quartiers centraux de Montréal, là où 40 % des ménages ne disposent pas d'une automobile. Pour cause, ce sont dans ces quartiers que vivent les populations les moins fortunées de toute l'agglomération. Il faut aussi rappeler que la carte CAM a été haussée 6 fois depuis que Gérald Tremblay est devenu maire, passant de 48,50 $ en 2001, à 63,00 $ en 2006, soit une hausse de 30 %, trois fois l'inflation. Enfin, ces hausses à répétition n'ont pas manqué d'avoir un impact sur l'achalandage de la STM, qui a chuté de 4,71 millions de déplacements entre 2003 et 2004 (source : rapport annuel STM 2004).

Gérald Tremblay profite de toutes les tribunes pour dire l'importance qu'il accorde au transport collectif. La reprise de son budget 2006 était l'occasion rêvée de se montrer conséquent à ce chapitre, tout en y allant d'un geste concret en faveur des populations les plus démunies de Montréal.
 
Nous connaissons maintenant la réponse de Gérald Tremblay. Son nouveau budget accorde 71 M$ de réductions de taxes au milieu des affaires et aux ménages les plus fortunés, mais rien aux quelque 500 000 Montréalais vivant sous le seuil de la pauvreté.
   
Il n'est pas trop tard pour agir. Projet Montréal propose aujourd'hui à Gérald Tremblay d'abaisser à 61 M$ les réductions de taxes consenties par le nouveau budget, de façon à ramener à 61 $ le coût de la CAM. Certes, cette proposition ferait perdre 1,25 $ d'avantages fiscaux à chaque habitant de l'arrondissement Villeray - Saint-Michel - Parc-Extension. Mais elle lui permettrait aussi d'économiser annuellement   24 $ en frais de transport, pour un gain net de 22,75 $. En agissant de la sorte, Gérald Tremblay respecterait donc son engagement de réduire significativement les taxes, par rapport à son premier budget 2006, tout en envoyant un message fort en matière de promotion du transport collectif et de lutte à la pauvreté.
 
Pour Richard Bergeron, l'heure de vérité approche : « Si Gérald Tremblay accepte cette proposition, je voterai en faveur de son nouveau budget. S'il la refuse, je voterai contre ».
 
Projet Montréal est un parti municipal populaire, financé, contrôlé et orienté par sa base, dans une démarche de démocratie participative. Ses membres proposent à la population montréalaise de se réunir autour d'un projet de développement urbain équitable, durable et enthousiasmant visant à construire l'avenir de Montréal .
 
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Pour information : Émilie Thuillier, attachée politique, (514) 586-2486

Publié par La Tribu du Verbe le 23 janvier 2006 à 03:14 PM TrackBack Commentaires (2)