![]() |
![]() |
|


C'est l'impayable www.vigile.net qui a affublé ce titre évocateur à notre ex-chantre locale de la culture. La descente aux enfers de Lisa Frulla, est un exemple frappant des velléités politiques qui guettent ceux qui s'imaginent pouvoir améliorer la condition des Québécois via la confédération. Notre fière défenderesse avait pourtant fait ses preuves, au provincial, en faisant adopter la première politique culturelle du Québec, en 1992, puis en créant le Conseil des Arts et des Lettres du Québec, en 1995.
La culture sans la souveraineté, c'est les mots sans les choses.
Son passage à Ottawa s'est terminé en queue de poisson sur une liste d'épicerie de bonnes intentions et de nombreux déboires. Il n'en reste que des promesses d'élection, comme celle de doubler le budget du Conseil des arts. Dans les faits, les résultats sont assez troubles.
Malgré un front commun exemplaire du milieu artistique québécois, le dumping américain, via radio satellite, a été approuvé. Merci pour l'unilatéralisme et la compréhension (www.adisq.com/doc/press-communiques-43.html).
Sous sa veille, le secteur de l'information de la SRC a vu son budget coupé de 4 millions de dollars, et 21 postes fûrent abolis. Le ras le bol exprimé par une centaine d'universitaires, intellectuels et scientifiques, n'y a rien fait. Le lockout à la CBC ajoutait alors au malaise. Rabinovitch continuait sa job de bras (www.ondespubliques.ca/index.php?page=1389&PHPSESSID=3f8f9a58a697646e63926d9c7f38eaac).
Plus cheap encore : après les livres, c'est au tour des magazines de perdre leur statut préférentiel de Poste Canada. Une mesure crasse et sans vision. Les Canadiens doivent trop lire? ( www.ledevoir.com/2005/09/12/90153.html?255).
Tout se déroule comme si on avait compris qu'il est plus facile de se faire élire par une gang de gnochons incultes, nourrit essentiellement à la tivi.
La pauvre culture québécoise n'a jamais pu trouver de gouvernements (PQ y compris) pour remplir la promesse plancher de consacrer un maigre 1% de son budget pour adresser les besoins de l'âme du peuple et de la nation. Pourtant, la dernière fois que l'on a tabulé, en 96, les retombées économiques directes du secteur culturel, elles totalisaient 43 milliards de dollars, soit 4,8 % du PIB. Pas des peanuts!
Comme l'enfant abandonné qu'il est, le milieu trouvait Lisa Frulla quasi-béatifiable, juste parce qu'elle leur adressait la parole. Les faits sont malheureusement irréfutables pour l'ex ministre Frulla, qui ne cessait de trompetter les valeurs du fédéralisme dans le domaine de la culture.
Vu qu'elle s'est rétractée et excusée d'avoir accusé Normand Lester de s'être fait congédier de Radio Canada pour manque de rigueur; serait-elle maintenant prête à avouer que son détour à Ottawa n'a accouché que d'une souris, en plus de réduire encore plus l'expression de la culture québécoise?
Laissez-moi en douter. Quand les libéraux font leur lit, ils couchent dedans et ce malgré l'odeur ou la malpropreté des draps!
"Depuis 1763, nous n'avons plus d'Histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d'autant plus facile que nous secrétons nos propres bourreaux".
Léon Dion
TrackBack
Commentaires (2)