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On reconnaît le sectarisme par le refus de discuter, par les nécessaires affirmations erronées qui découleront de cette attitude et, en bout de ligne, par l'effet contre-productif du résultat. C'est un exemple de cela que nous offre la lettre de Samuel Dupéré dans Le Devoir du 14 février 2006 (http://www.ledevoir.com/2006/02/14/101964.html). Dans ce texte, au nom du Parti vert du Québec, l'auteur explique pourquoi il lui semble important de garder ses distances avec l'actuelle gauche en effervescence.
À écouter les Verts, on s'aperçoit qu'ils ne se sont pas contenté de prendre leurs distances avec la gauche, ils s'en sont complétement coupé. Comment expliquer alors qu'ils ignorent que la gauche du XXIe siècle fait de la démocratie participative l'un de ses chevals de bataille? Pourquoi ne savent-ils pas qu'à Québec Solidaire, un comité travaille exclusivement à développer un modèle plus démocratique qui, une fois appliqué au parti, pourrait en suite inspirer un nouveau modèle à notre société? Les Verts s'égarent aussi complétement lorsque qu'ils abordent le thème de l'État au yeux de la gauche. Alors que M. Dupéré écrit vouloir se défaire des vieux réflexes, il n'a pas trouvé mieux que de faire une critique du modèle économique proposé par la gauche des années 70-80, le modèle d'économie centrale planifiée avec laquelle la gauche n'a plus rien à voir depuis belle lurette même si elle croit bel et bien pouvoir développer une alternative solide et plausible au néolibéralisme ambiant, l'économie coopérative et participative étant certainement les pistes actuellement les plus stimulantes. Porte-parole femme de Québec Solidaire, Françoise David répondait ainsi aux allégations insensées: "Ce n'est pas vrai qu'on veut privatiser le dépanneur du coin !"
Le Parti vert du Québec. Manque de vision d'un petit groupe postmoderne capricieux qui crient bien haut tenir à leur étiquette internationale afin d'en venir à des petits accords pragmatiques qui se montrent utiles pour redorer le blason de quelques pollueurs privés ou gouvernementaux mais qui ne sert pas à grand chose lorsqu'on veut défendre réellement notre environnement. Les écologistes conséquents sont habituellement d'avis que la gravité de l'action l'humaine rend nécessaire une réforme profonde et même carrément structurelle. Lorsqu'on adopte cette position, on rejoint le camps des progressistes qui veulent évoluer vers quelque chose de meilleur, et pas se contenter de "patcher" un ordre socio-économique injuste, destructeur et qui pollue de façon abject. C'est ça la gauche, c'est pas seulement une couleur ou une étiquette, comme semble le croire M. Dupéré. Dans le système britannique archaïque qu'il nous faut toujours endurer au Québec et au Canada, les verts sectaires ne sont voués qu'à faire de l'obstruction.
D'ailleurs, si ces même verts s'étaient montré plus ouverts à la discussion avec la gauche québécoise en unification (un très vaste éventail de gens, aurais dû noter M. Dupéré qui accuse on ne sait trop pourquoi la gauche de manquer d'ouverture), il y aurait maintenant une commission environnementale à Québec Solidaire (dont l'un des quatre grands principes est l'écologisme), proposition auquelle il a manqué quelques votes seulement au congrès de fondation les 3, 4 et 5 février. C'est là aussi un exemple du pragmatisme des Verts? Le Parti vert ne s'est pas contenté de prendre ses distances: il a n'a même pas daigné répondre aux nombreuses invitations de la gauche en gestation.
Lorsque Françoise David en a eu assez des lettres de non-recevoir des gouvernements dirigés par des partis institutionnalisés, elle a décidé de passer à l'offensive dans l'arène électorale. Les mouvements sociaux (qui jadis appuyaient un jeune et prometteur Parti québécois) sont en voie de se joindre à la gauche dans la foulée d'une vague très forte. Les Verts ont jusqu'à maintenant décidé de regarder passer le défilé parce que, disent-ils, ils ont une étiquette internationale. Établissez vos priorités; l'environnement ou l'étiquette? Espérons seulement que les électeurs québécois, eux, ne seront pas bernés.
Publié par Guilherme d'Amérique le 14 février 2006 à 08:18 PM
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