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mars 31, 2006

Règles religieuses et démocratie: le débat doit se faire maintenant

Les décisions récentes des tribunaux concernant les accomodements que les institutions publiques doivent faire envers certaines religions relancent le débat de la laïcité dans nos sociétés démocratiques. C'est à ce propos que Diane Guilbault nous fait parvenir ce texte, qu'il nous fait plaisir de diffuser ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

Règles religieuses et démocratie: le débat doit se faire maintenant

Nous avons tendance à réduire la démocratie à la possibilité d’exercer notre droit de vote et de choisir celles et ceux qui dirigeront notre société (pays, province, municipalité, etc.) en notre nom. On oublie trop vite que la démocratie, c’est aussi la possibilité pour les citoyens de gérer leur vie en commun : on décide des lois, des interdits, on les applique et au besoin, on les remet en question. En démocratie, tout peut être discuté contrairement aux théocraties où la parole divine, le plus souvent prononcée il y a des siècles, ne peut être discutée puisque elle n’appartient qu’au dieu ou au prophète dont cette théocratie se réclame.

Or, les récents accommodements décidés par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) et par la Cour suprême, re-consacrent le caractère inaltérable des «ordres» divins. Dans son jugement autorisant le port du kirpan à l’école primaire, la juge qui rédige la décision va jusqu’à affirmer que le voile (hidjab) est une obligation religieuse!!! Non seulement cette interprétation est réfutée par bien des musulmans modérés, mais force est de constater que les règles dites de source divine sont d’emblée jugées plus importantes que les règles démocratiques. Pourtant, on se dit en démocratie.

Bien sûr, notre histoire, comme celle de bien des sociétés, a été marquée par la religion qui faisait plus ou moins office de cadre légal. Mais justement, la modernité nous a permis de transformer ces règles dont plusieurs avaient beaucoup de sens- tu ne tueras point, tu ne voleras pas, etc. - en code juridique civil non théocratique. On a aussi décidé, ce faisant, d’abandonner certaines règles jugées inacceptables à l’aune de nos valeurs démocratiques comme l’égalité. Les droits des femmes et la mixité des institutions publiques s’inscrivent dans cette modernité choisie. En outre, plusieurs fêtes religieuses ont été transformées, avec le temps, en jours chômés légaux accordés à tous les gens sur le marché du travail. S’il y a des personnes exclues de ces congés, cela n’a rien à voir avec leur religion mais davantage avec leur statut de salarié précaire!

Bien sûr, ce processus de démocratisation et par le fait même de laïcisation est récent et n’est pas totalement terminé. Ces changements prennent du temps quand on veut bien les faire. Cependant, cette volonté est réelle et indiscutable. La société québécoise, pour parler d’elle, a posé, depuis les années 60, plusieurs gestes concrets qui témoignent de sa volonté d’aller réellement dans cette direction. Pensons notamment au grand branle-bas qui a mené à la déconfessionnalisation des commissions scolaires et qui s’achèvera avec la déconfessionnalisation des écoles prévue d’ici peu. Tout cela s’est fait pacifiquement, dans le respect des règles que notre société s’est données.

Ce qui choque dans cette succession d’accommodements à la pièce qui remettent en question cette laïcisation en voie de se faire, c’est qu’on a l’impression que nos choix collectifs sont, peu à peu, «grignotés» pour répondre aux demandes d’individus qui refusent cette vision laïque des institutions civiles et qui cherchent à les transformer voire, à nous ramener contre notre gré à une situation que nous avions pourtant décidé, collectivement et démocratiquement, de changer.

Parfois, la majorité peut et doit l’emporter, c’est le propre de la démocratie. Et c’est ainsi que les catholiques et les protestants pratiquants, devenus minoritaires, ont dû accepter la déconfessionnalisation du système scolaire après de nombreuses années de lutte. Pourtant, malgré le fait que cette décision passait outre les droits historiques d’un groupe, elle fut saluée comme une victoire de la démocratie.

Au moment où les Chartes québécoise et canadienne ont été adoptées, fin des années 70 et début des années 1980, nul ne pouvait prévoir que notre élan vers l’affranchissement de la société civile vis-à-vis la religion allait être remis en question avec la montée des fondamentalismes religieux amorcée dans plusieurs parties du monde. Si ces chartes étaient écrites aujourd’hui, le libellé serait-il exactement le même? Comme elles sont des produits de la démocratie, on a le droit de se poser la question. (Un gros avantage sur tous les écrits bibliques, coraniques et autres.) Ne serait-il pas le temps de revoir ces instruments dans le contexte d’aujourd’hui et à la lumière des décisions rendues?

D’une part, on pourrait se demander dans quelle mesure cette reconnaissance quasi absolue des droits individuels est compatible avec le vivre ensemble qui repose sur des choix collectifs faits démocratiquement. D’autre part, on pourrait aussi s’interroger sur la place qu’on accepte de donner aux règles religieuses - par essence non démocratiques mais théocratiques – dans l’espace public moderne. La CDPDJ a reconnu elle-même l’urgence de faire le débat au moment où elle a rendu sa décision concernant les locaux de prière pour les musulmans à l’ETS.

Dommage qu’elle ne l’ait pas fait avant de rendre sa décision mais… mieux vaut tard que trop tard.

Diane Guilbault
Saint-Lambert

Des menottes aux journalistes

"Peut-être est il temps de passer les menottes aux journalistes qui fabriquent des histoires, qui déforment les informations, et qui accusent même faussement des citoyens".

Colin Mayes
Député Conservateur de Okanagan-Shuswap

Citation originale:

"Maybe it is time that we hauled off in handcuffs reporters that fabricate stories, or twist information and even falsely accuse citizens"

Source:
http://www.thestar.com/NASApp/cs/ContentServer?pagename=thestar/Layout/Article_Type1&c=Article&pubid=968163964505&cid=1143806479416&col=968705899037&call_page=TS_News&call_pageid=968332188492&call_pagepath=News/News

La Caravane Solidaire: Argent du Nord, Terres du Sud

La tournée provinciale  Argent du Nord / Terres du Sud qui aborde les conséquences de l'exploitation des ressources naturelles sur les communautés du continent, met en vedette des femmes d'Amérique du Sud impliquées dans des processus communautaires visant à protéger les territoires paysans et les modes de vie ancestraux des communautés de la région andine. 

Après avoir participé à une tournée d'information passant par différentes villes du Québec, les déléguées de la région andine seront de retour à Montréal le samedi 8 avril pour participer à une activité familiale prenant la forme d'une assemblée publique à saveur artistique.

Des activités sont organisées pour les enfants entre 15 h et 18 h.
 
Un souper colombien sera servi (gratuitement)  et le  bar sera ouvert à compter de 18h (avec bière à 2$!).
 
L'entrée est libre et gratuite !
Bienvenue à tous !
 
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Quand ? Le SAMEDI 8 AVRIL  15h et 22h
Où ? Au Comité social Centre-Sud ( 1710 beaudry, métro beaudry)
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Voici un aperçu des activités :
 
15h   Projection vidéo : l'exploitation pétrolière en Amazonie  équatorienne et la résistance des femmes autochtones Sarayaku

15h30 Présentations des déléguées
 
* Liliana Flores, Front de défense de la Vallée de San Lorenzo et Tambogrande (Les investissements miniers canadiens au Pérou)

* Hilaria Serrano, Mouvement des sans terres de Bolivie (La question des terres en Bolivie)

* Gloria Orcue, Commission de Justice et Paix  (Le conflit armé en Colombie et les investissements étrangers)
 
16h10      Théâtre forum sur le thème des conflits environnementaux au Nord et au Sud animé par le Collectif de théâtre engagé Vichama

16h40  Présentation du Centre des femmes d'ici et d'ailleurs ( CFIA)

17h Présentation de l'oeuvre collective artistique confectionnée pendant la caravane & discussion sur les propositions d'alternatives solidaires récoltées

17h30 Interventions artistique du Projet « O » sur le thème de l'eau : bien commun ?

18h Souper colombien

18h30 Animation théâtrale  « La dictature de la dette » par le Comité pour la Justice sociale

19h   Musiques et danses
-  Spectacle de « Samian »  rappeur algonquin de Pikogan
-  Musique et danses traditionnelles de la région andine


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En savoir plus :
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Pour téléchargez la programmation :
http://www.ccdhal.org/documents/Assemblee_8avril06.pdf

Contact: CCDHAL
(514)387-2541 poste 238
info@ccdhal.com
Pour informations, visitez : http://www.ccdhal.org
 
La Caravane Solidaire est organisée par le CCDHAL, le PASC, le Collectif VICHAMA et SUCO.

mars 30, 2006

23 M$ d’investissement en réfection d’infrastructures d’eau: les familles à faibles revenus pourront-elles payer la note ?

La mise aux normes des infrastructures d’eau à Sherbrooke, nécessitera des investissements de 23 M$ d’ici 2008. Le gouvernement du Québec assumera 50% des coûts de la facture, la Ville de Sherbrooke déboursera, quant à elle, un montant de 16.3 M$. Nous croyons essentiel que les citoyens sherbrookois puissent avoir accès à une eau salubre, de bonne qualité et quantité suffisante dans les foyers. Par ailleurs, l’ONU prévoit que : L’eau, les installations et les services doivent être d’un coût abordable pour tous. Les coûts directs et indirects qu’implique l’approvisionnement en eau doivent être raisonnables, et ils ne doivent pas compromettre ou menacer la réalisation des autres droits consacrés dans le Pacte International relatif aux droits sociaux, économiques et culturels (PIDSEC). Rappelons que le Québec et le Canada ont adhérés à ce Pacte en 1976, et que celui-ci garanti entre autres le droit à la santé et le droit à un niveau de vie suffisant. À ce sujet, la Ligue des droits et libertés du Québec, dans son rapport social paru en mars 2006, faisait état du non-respect par le gouvernement du Québec de plusieurs droits garantis par cet instrument international.

La Ville de Sherbrooke doit s’assurer que les investissements de 16. 3 M$ qu’elle fera d’ici 2008 pour la mise aux normes de ses infrastructures d’eau, respectera la capacité de payer des familles sherbrookoises. Il est important de mentionner que nous ne remettons nullement en question l’importance de la mise aux normes, nous croyons que toutes améliorations de la qualité des infrastructures d’eau ne peuvent qu’être bénéfique. Plusieurs familles de cette même ville ont peine à s’alimenter et à se loger convenablement faute de moyens financiers adéquats. Or, la question suivante se pose, augmenter la taxation municipale de ces familles est t-elle souhaitable ? Nous savons qu’habituellement, une hausse du rôle de taxation chez les propriétaires d’immeubles locatifs résidentiels, entraîne une augmentation du prix des logements offert en location. Les familles à faible revenus de Sherbrooke pourront t-elles facilement absorber cette hausse. La question est ouverte ?

Une augmentation importante du fardeau fiscal des familles à faibles revenus, même de façon indirecte, pourraient restreindre leur pouvoir d’achat et menacer éventuellement la réalisation des droits garantis par le PIDESC. Montréal et Cornwall se sont déjà penchées sur les impacts négatifs que peut causer la taxation foncière intensive auprès des ménages à faibles revenus. La ville de Cornwall offre un programme de report et d’annulation des taxes foncières pour les aînés à faibles revenus et pour les personnes handicapées à faibles revenus. La Ville de Sherbrooke, pourrait s’inspirer de ce type de mesure pour alléger le fardeau fiscal des familles sherbrookoises, qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Cette aide pourrait permettre à plusieurs familles d’éviter de fréquenter les banques alimentaires déjà surchargées et ainsi contribuer au respect des droits garanti par le PIDESC.

Information :
Eric Lachance
Ligue des Droits et Libertés section Estrie
(819) 346-7373
ldlestrie2005@yahoo.ca

mars 29, 2006

Partir, revenir...

En une année, le Parti Québécois nous en a fait vivre. Entre la démission inattendue de Bernard Landry, le départ attendu d'André Boulerice et celui précipité de Pauline Marois, je me rends compte à quel point ce parti plonge, à chaque départ, plus profondément dans l'incertitude de son avenir. À l'image d'un monde un peu à l'envers. À qui profitera ce nouveau départ? Au renouvellement du parti ou à la réelection de Jean Charest? En politique, plus rien ne me surprend. Je n'en suis pas membre mais le PQ c'est une affaire de famille, pour le meilleur et pour le pire. 

Le départ de Pauline Marois ne me laisse pas indifférent. Elle est arrivée en politique en même temps que moi je suis arrivé au Québec. Je l'ai vu enceinte, portant des lunettes géantes, le nouveau immigrant que j'étais la trouvait marrante. Elle a par la suite adopté une attitude et un style. Sa grande réalisation pour moi c'est d'avoir fait avancer le Québec vers un peu plus de laïcité.   

Le soir même de sa deuxième défaite dans la course à la tête de son parti, 25 ans après son arrivée en politique, Pauline Marois s'est révélée une femme touchante. Ironiquement, ce soir là, elle n'aura jamais été aussi proche du coeur des Québécois. Aujourd'hui, alors qu'elle annonce son départ, contrairement à d'autres, je n'arrive pas à la trouver trop vieille ni trop ancienne pour quitter déjà la politique active. Le discours sur le renouvellement du parti est tenu par certains jeunes du PQ dont la langue de bois ne promet rien de si nouveau. Sans la maturité des anciens, un parti politique est destiné à disparaître. Alors, pourquoi celle qui a accumulé l'expérience de 9 ministères quitte un parti qui a plus que jamais besoin d'elle? Son coeur n'y est plus parce que probablement elle ne se sent plus désirée par ceux qu'on appelle les nouveaux. 
 
Le point déclencheur de sa décision ne serait-il pas le refus de Boisclair à toute coalition avec le nouveau parti souverainiste de gauche, Québec solidaire? Ce n'est pas impossible puisque Jean-Pierre Charbonneau, un des très proches de Marois, avait souhaité publiquement la possibilité d'une telle coalition.  
 
Est-il possible que le départ de Pauline Marois soit stratégique? J'ai compris de sa conférence de presse que son retour à la politique active n'est pas chose complètement exclue. Si c'est le cas, ce n'est pas une mauvaise stratégie. Si la démission de Bernard Landry est une erreur grave, son retour aurait aggraver la situation. Par contre, si Boisclair n'arrive pas à se montrer l'homme de la situation pour les prochaines élections, si Charest gagne avec un gouvernement minoritaire, Marois alors paraîtrait enfin comme une lumière rassembleuse vers laquelle les militants du PQ pourraient se diriger. Si cela arrive, le PQ serait-il capable de se montrer cette fois plus solidaire?  
 
On peut déjà se questionner si le départ de Marois ne met pas Boisclair et son parti dans une situation encore plus fragile. D'une part, le PQ ne peut et ne doit pas capitaliser ses chances d'être réélu uniquement sur le bilan de l'actuel gouvernement et d'autre part les plus jeunes de la relève du parti ne sont pas aussi connus et populaires que Boisclair. L'heure de vérité pour le nouveau chef et son parti sonnera quand d'autres anciens  annonceront leurs départs. J'ai déjà une grande peine à envisager le départ de Louise Harel. C'est elle le poteau mitant qui tient ce parti encore debout. Dans sa peine devant le départ de son amie Pauline, j'ai senti la douleur et l'impuissance de toute une génération. Que restera t-il de mature au PQ après le départ des Harel, des Charbonneau, des Gendron et des Maltais? 
 
Quoi qu'il arrive, j'espère que le départ de Pauline Marois, et tout ce qu'elle représente, n'est pas le début de la fin d'un rendez-vous du Québec avec son destin.
 
On se rend compte de la valeur des gens quand ils partent.  Mais parfois aussi, quand ils reviennent...    
 
Bientôt le Québec sera solidaire ou ne le sera pas. 

Une diversion et un exhutoire anodins?

Tiens, s'il est un sujet brûlant d'actualité ces temps-ci, c'est bien cette chasse aux phoques commencée samedi dernier dans le golfe... J'en profite donc pour vous proposer quatre commentaires-textes d'opinion/information/vulgarisation de mon cru, avec liens et belles illustrations et photos, qui parlent de phoques, de leur chasse, de leur écosystème, de changements climatiques et d'évolution des mammifères marins.

Anthropomorphistes disneyphiles, créationnistes, gros pollueurs propagandistes : entrez, mais à vos risques, mouah-ah-ah-ah-ah... (coff coff tousse tousse)

Sur les ... de bébés phoques...... Avec le recul (l'essentiel fut écrit il y a un an), je le trouve un peu "fat" et long, mais bon, y'en a d'autres moins lourds ci-dessous...

Sur des menaces écologiques plus importantes, mais "tassées" de l'actualité par ce gros show larmoyant animé par une "Ex Symbol" et un ex-Beatle...


Sur une espèce "méchante" et dangereuse de phoque pas mal moins sympathique que le "phoque à Bardot", et aussi sur notre tendance à chercher des boucs émissaires (ex: phoques et morues)


Encore un peu au début sur le léopard de mer (c'est l'une de mes bêbêtes fétiches)... mais beaucoup sur l’origine des cétacés et sur leur évolution depuis la disparition des dinosaures


Voici le contexte, l'enfilade de commentaires où ces textes s'inscrivent :
http://www.politiquebec.com/forum/viewtopic.php?t=17755

Merci et bonne lecture!

Bouddhorus Virtualis ;O(

mars 28, 2006

La Commission populaire: pleins feux sur les abus « ordinaires » dont sont victimes les immigrant(e)s

La première Commission populaire québécoise, dont le lancement public a eu lieu aujourd'hui, à Montréal, fera connaître les abus liés aux mesures sécuritaires en matière d'immigration, tels que les « certificats de sécurité ».

« Nous percevons la Commission comme une version démocratique de l'enquête Arar », affirme Tatiana Gomez, une organisatrice communautaire qui travaille avec Solidarité sans frontières, un des trois groupes à l'origine du projet. Le rapport de l'enquête Arar, qui a investigué le kidnapping d'état et la torture du Canadien Maher Arar, devrait être rendu public à la mi mai, juste avant le rapport de la Commission populaire.

« La Commission Arar s'est concentrée sur un seul cas. La Commission populaire, pour sa part, recevra de l'information sur une multitude de cas. De plus, contrairement à la Commission Arar, cette enquête-ci ciblera les abus « ordinaires », actuellement sanctionnés par la loi et les procédures juridiques, plutôt que de cibler les abus « extraordinaires », ajoute Marie-Ève Lamy, de la Coalition justice pour Adil Charkaoui, un autre groupe organisateur.

« La Commission populaire ouvrira un espace de discussion qui permettra à nos communautés d'examiner ces enjeux en profondeur », déclare Salam El Menyawi, président du Conseil musulman de Montréal et parmi les neuf Commissaires. « Actuellement, la tendance est à désigner les musulman(s) et les immigrant(e)s comme boucs émissaires et à violer des droits au nom de la sécurité. Ensemble, nous devons trouver des moyens d'en finir avec la peur et de réagir aux tendances dangereuses », ajoute-t-il.

« L'importance de cette initiative réside dans le fait que nous offrirons la chance à plusieurs personnes de parler de ces enjeux », dit May Chiu, également Commissaire et en congé de maternité de son poste de Directrice exécutive des Services aux familles chinoises du Grand Montréal. Mme Chiu est aussi conseillère juridique pour le Centre de recherche – action sur les relations raciales (CRARR).

La Commissaire Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec, ajoute : « La communauté noire lutte depuis de nombreuses années contre le profilage racial. Nous sommes très préoccupés par la situation actuelle. Selon nous, la Commission populaire permet de questionner la notion de « sécurité » qui est mise de l'avant et qui détourne notre attention des insécurités quotidiennes – le racisme et la précarité économique – que vivent nos communautés. »

« Historiquement, nous avons servis de cobayes afin de tester et d'introduire des mesures controversées de contrôle et de surveillance », déclare la Commissaire Kahentinetha Horn, membre aînée Mohawk, Kahnawake de la territoire Mohawk.

Les autres Commissaires sont: Fetya Ahmed, de l'Association des étudiant(e)s musulman(e)s uni(e)s; Sarita Ahooja, de Personne n'est illégal –Montréal; Bassam Hussein, président de l'Association El Hidaya; Sarwat Vigar, professeur de sciences humaines au Collège John Abbot et Jared Will, membre de la Coalition contre la déportation des réfugié(e)s palestinien(ne)s.

Les Commissaires ont le mandat « d'investiguer et de rendre compte des actions des fonctionnaires canadiens et des instances gouvernementales en ce qui concerne la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), les certificats de sécurité et d'autres mesures sécuritaires de la LIPR, y compris: l'égalité de traitement des non-citoyen(ne)s; la procédure de révision des certificats de sécurité; la détention; la déportation et la torture. » Les Commissaires doivent également émettre des « recommandations pour des actions appropriées, tant sur le plan juridique que populaire… et pour des changements aux cadres juridiques et procéduraux ». Leur rapport final sera traduit, vastement diffusé et présenté, en main propre, aux membres du Parlement et à d'autres décideurs.

La Commission populaire a lieu quelques mois avant que la Cour suprême examine la constitutionnalité des certificats de sécurité. Les certificats de sécurité sont à l'avant-plan des luttes pour l'égalité au Canada menées par les personnes migrantes et les communautés racialisées. Ils font également partie de la bataille contre l'expansion des pouvoirs gouvernementaux de surveillance et de contrôle mis en œuvre sous le couvert de la « guerre au terrorisme ».

La campagne contre les certificats de sécurité compte parmi ses victoires le fait qu'aucun certificat de sécurité n'ait été émis depuis mai 2003. « Mais, au nom de la sécurité nationale, les immigrant(e)s continuent à subir des détentions arbitraires, se voient refuser la protection contre la torture, sont déporté(e)s et maintenu(e)s, des dizaines d'années durant, en suspens juridique sous d'autres articles de la LIPR. Pour cette raison, nous avons choisi de couvrir la plus grande question des mesures sécuritaires en matière d'immigration », explique Poya Saffari du GRIP – Concordia, le troisième groupe organisateur du projet.

« L'important, c'est de regarder au-delà des cas extrêmes, tels que les certificats de sécurité, et de se pencher sur le traitement routinier accordé aux immigrant(e)s qui sont perçus comme une menace à la sécurité nationale. Nous ne voulons pas banaliser les abus moindres en se concentrant sur les abus plus spectaculaires », affirme Dr Jill Hanley, du Centre des travailleurs et des travailleuses immigrant(e)s. Dr Jill Hanley est l'une des douze membres de l'équipe de recherche de la Commission.

Des audiences publiques et ouvertes se dérouleront du 21 au 23 avril. Parmi les thèmes qui seront abordés se trouvent : « l'extradition ordinaire » et la normalisation de la torture; l'impact communautaire et le « chill effect »; la torture psychologique de la détention indéfinie sous menace de torture; et les antécédents du SCRC et de la GRC. Parmi les présentations confirmées se trouvent celles de M Johanne Doyon, Jaggi Singh, Evert Hoogers (l'Union des postiers du Canada), Barbara Jackman, Warren Allmand et Sophie Lamarche Harkat (l'épouse de Mohamed Harkat). Un processus de demande est en cours afin de solliciter la participation d'individus qui n'ont pas encore publiquement témoigné leur histoire. La requête garantira l'anonymat.

La Commission populaire a été endossée par plus de trente organismes, dont CAIR – CAN, le Conseil canadien pour les réfugiés, South Asian Women's Community Centre, le Comité Chrétien pour les droits humains en Amérique Latine, la Communauté Catholique Congolaise de Montréal, le Comité des sans-emploi Montréal-Centre, la Fédération canado-arabe, le International Civil Liberties Monitoring Group, la Table de concertation au service des personnes réfugiées et immigrantes, le Conseil des canadiens et Inter Pares.

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Pour plus de renseignement: (514) 222-0205 ou (514) 267-3701
Mise en contexte: www.peoplescommission.ath.cx.

BHL entarté pour la septième fois!

bhl_tarte.jpg

La nouvelle n'a pas fait beaucoup de bruit de ce côté-ci de l'océan, mais il semblerait que Bernard Henri-Lévy, BHL pour les intimes, ce "philosophe pète-sec qui pue des yeux" (dixit Noel Godin), celui qui "sculpte ses excréments pour en sculpter un arbre de la connaissance" (dixit Dieudonné), a été entarté pour la septième fois le 18 mars dernier, lors du lancement de son nouveau livre à Paris, par une équipe d'entarteurs belges.

mars 27, 2006

La bonne croix et la mauvaise prière

J'admets volontiers qu'une gang d'étudiants musulmans de l'École de Technologie Supérieure sont maladroits parce qu'ils font de leur revendication d'un lieu de prière une affaire de liberté. La prière d'un musulman n'a pas besoin obligatoirement de local ni de mosquée. Partout ou il peut reconnaître la direction vers la Mecque, le musulman pratiquant peut prier. Nulle part dans la religion musulmane n'est écrit qu'un local officiel est obligatoire pour qu'une prière soit entendue! Vous verrez bientôt dans le coin d'un parc un homme ou une femme faire leur prière. Mon père faisait souvent sa prière dans le train. J'ai vu dernièrement un musulman prier dans une église. Cependant, les quelques étudiants musulmans de l'ÉTS ne sont pas moins confus que ceux qui font de leur revendication une affaire d'État.

Avec l'avènement massif des immigrants, beaucoup de québécois de souche se trouvent pris entre les effets post-traumatiques d'une religion catholique, qui dominait tout il n'y a pas longtemps, et l'arrivée des signes religieux étrangers qui ravivent ce traumatisme. Le discours que j'entends sur la laïcité depuis quelques temps est pervers, pour ne pas dire de mauvaise foi. Que cherche t-on, faire avancer la laïcité ou manifester le refus de l'autre?
 
Alors que des crucifix pondent encore un peu partout dans les écoles primaires et même à l'Assemblée Nationale du Québec, des voix s'élèvent contre toute tentative de retour de la religion dans l'espace public. Y'aurait-il des bonnes et des mauvaises religions? Et ce n'est pas vrai qu'un signe catholique dans un lieu public est plus discret qu'une prière musulmane dans un local universitaire. 
 
Par ailleurs, si au Québec il reste du sacré plus de croix et moins de prière, chez beaucoup d'immigrants le sacré fait encore partie prenante de tout leur être et leurs vies. C'est donc aussi une question de décalage entre des mentalités ou le besoin de spiritualité n'est plus aussi enraciné chez les uns par rapport aux autres.   
 
Parmi ceux et celles qui se sont arrachés à leurs racines, certains retrouvent dans leurs prières un réconfort qui adoucit, par la même occasion, leur exil. Pour eux, un lieu de prière c'est aussi un lieu de communion. Mais toute revendication religieuse venu d'un musulman paraît suspecte parce qu'elle est perçue à travers un autre passé religieux et les évènements du 11 septembre n'ont fait qu'aggraver les perceptions. Mais on ne peut pas dire que les étudiants musulmans de l'ÉTS abusent de la tolérance de qui que ce soit. Aussi maladroite soit-elle, leur revendication demeure conforme à l'esprit d'une charte qui protège les minorités. Mais devant les controverses suscitées par les médias et l'opinion publique suite à l'affaire du kirpan et celle du local de prière, le temps serait-il venu d'une mise à jour entre la charte et les mentalités?  

Daniel Baril, du mouvement laïque, rappelle lui-même que ni au Québec ni au Canada, ni dans aucune institution d'éducation, les règles de la laïcité ne sont clairement établies comme c'est le cas en France.  Le vrai problème se situe donc moins dans l'acharnement de quelques étudiants musulmans qui revendiquent un lieu de prière que dans l'ambiguïté de la place de la laïcité au Québec et au Canada. Un débat sérieux et honnête sur la laïcité ne devrait pas attendre des incidents isolés pour nourrir les amalgames. Et si on commençait par décrocher toutes ces croix, question de donner l'exemple. Comme m'a déjà écrit un ami québécois, "Qu’on commence par enlever la poutre dans notre œil avant de regarder la paille dans l’œil du voisin!".   
   
Oui à la laïcité et à la cohérence. Non aux amalgames. 
  
PS: Michel Lacombe rapporte dans sa dernière émission que dans les universités marocaines, il n'y aurait pas de local pour la prière, cela est faux. Dans tous les pays musulmans, il y a partout des lieux réservés à la prière. Mais fondamentalement, la prière pour un croyant pratiquant, de quelque religion que ce soit, ça devrait être moins une question de lieu qu'une affaire de Dieu. 

Un Français à Montréal

Gilles Ferre nous fait parvenir ce texte traitant du télémarketing et qui, selon ses propres mots, n'a d'autre prétention que de divertir... Il nous fait plaisir de le publier ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse webmestre@latribuduverbe.com.

Un Français à Montréal

Assis dans mon box, l'index de ma main droite dans le nez et mes godasses raclant le sol, je ne peux m'empêcher d'acquiescer aux vitupérations d'une mémé hargneuse tout juste réveillée en sursaut. Pour l'énième fois de ce premier jour de travail, je me demande bien ce que je fous là. Emmerder des gens au téléphone à neuf heures du soir à essayer de leur refourguer un contrat d'endettement ne correspond pas vraiment à l'idée que je me faisais de mon intégration dans la société Québecoise.

J'imaginais plutôt œuvrer à la noble cause des loisirs dans une agence de voyages. Tout un bureau aux petits soins et de ravissantes collègues souriantes et célibataires. En matière d'accroche syllabique, « Acapulco » enfonce littéralement « carte de crédit ». En règle générale, les gens ont tendance à se montrer plus réceptifs à la Riviera qu'à tous les taux avantageux de la terre. Pourtant, la Riviera, enlevez les palmiers, les seins à l'air, les carlingues et le fric (l'été, en somme) et il ne reste plus que des mémés hargneuses, justement. Et des plages de galets. Ceux qui se sont déjà allongés sur une plage de galets savent à quel point les plages de galets sont inconfortables. Mais allez, quoi, je me remets à bonimenter pour l'argent du bifteck et de la Labatt bleue, depuis le temps que je cherchais un travail ! Deux semaines que je me promène, que je me démène et que je la ramène. Et voilà que sur un coup de fil hasardeux suivant une annonce dans le journal Metro, je me retrouve dans un bureau des ressources humaines au 17è étage d'un gratte-ciel de verre bleu-vert à exposer ma motivation à me faire envoyer chier sans discontinuer toute la semaine de 1h à 9h du soir.

Tout a l'air possible ici à Montréal. On peut entrer dans un palace y déposer son CV et se retrouver à discuter avec le responsable des ressources humaines de petites choses telles que le tailleur de celui-ci ou la couleur des yeux de sa blonde. C'est bien simple, j'ai répandu mon CV dans tout Montréal. Un peu plus et je le distribuais à la sortie du métro. Mais on ne m'a rappelé que deux fois sur une centaine de candidatures, et bien évidemment aucun de ces coups de téléphone ne provenait du palace en question.
Tout à l'air possible à Montréal. On vous sourit, on vous promet de parler de vous aux cadres, on s'ébahit de vos expériences. Alors pourquoi tant de jeunes à la rue ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

Et qu'est-ce que c'est que ce système de crédit ? On ressasse à qui veut entendre que les québecois sont endettés jusqu'aux tempes. Mais pour autant que je puisse en juger, le système actuel pousse les gens à utiliser ces fameuses cartes de crédit, ces dangereuses « réserves d'argent ». Peu importe les 3 dollars et demie que ça me rapporterait de convaincre mon interlocuteur, je me sens soulagé chaque fois qu'on me dit quelque chose équivalent à « votre crédit, c'est de la connerie, on n'en veut pas de vos cartes à la con » (c'est du moins ce qu'on répondrait en France où les gens ne s'embarrassent pas de politesse). Je ne vais pas faire long feu dans cette compagnie, c'est certain. Qu'ils m'éjectent ! Je trouverais bien autre chose.

Tout à l'air possible à Montréal.

Tout est-il possible à Montréal ?

Gilles Ferre

mars 26, 2006

Accommodements

Une religion cherche des accommodements. La commission des droits de la personne tranche à la Salomon. Madame Boileau, dans un éditorial du Devoir où les mots sont pesés, souligne. Cet automne, un débat sur la laïcité et la religion. Brièvement, amorçons la discussion. Il suffit de s’interroger: comment une religion peut-elle songer à demander des accommodements? Surtout dans une cité où ce sont les valeurs immanentes à la Déclaration des droits de la personne qui modulent le droit et la vie sociale. C’est un paradoxe!

On demande des accommodements parce qu’il y a une exigence incontournable. C'est dire que le religieux n'accepte aucun compromis: sa déclaration demeure sans appel. La croyance est ainsi faite; elle est inchangeable, non examinable, surtout par une raison autre. On fait appel au raisonnable. Or, le raisonnable du point de vue de la croyance est d'emblée soumis à la croyance. La foi l'exige, l'exégèse aussi, ainsi que la théologie. Ou bien, la foi secrète son propre raisonnable. Et, il n'y en a pas d’ autre.

Démarche curieuse tout de même: le religieux fait appel à une instance autre, fondée sur un raisonnable différent, pour que lui soit accordé telle ou telle place dans la cité. Pourtant, ce même religieux ne reconnaît pas la valeur de cet autre raisonnable ou rationalité parce que la rationalité du religieux relève d'une autorité qui en est la source et le fondement. À mon sens, pour le religieux, une autre rationalité n'a aucune légitimité puisqu'elle n'existe pas. Elle ne peut exister, selon la foi.

Quel que soit le « religieux », chrétien, juif, musulman, bouddhique, hindouiste, etc., il relève strictement de la croyance et celle-ci dorénavant ne peut qu’être personnelle et subjective. En tant que tel, il n’a aucune place dans la cité. Pourquoi? Parce que la vie dans la cité se fonde sur la négociation permanente entre des personnes souveraines. C’est un vouloir commun qui est en cause, le vouloir de créer une société de personnes libres. La seule autorité légitime, c’est celle qui est acceptée librement par l’ensemble des personnes. Ce sont elles qui créent les valeurs et les incarnent dans des institutions selon et selon. C’est une raison partagée et constamment en état critique qui est inventée par les humains.

Ceci peut sembler abstrait. Mais c’est tout le contraire, car ce sont des personnes concrètes qui sont appelées à négocier sans cesse; ce sont elles qui spécifient quel bien tous cherchent à incarner. Nous sommes ici dans une société qui a opéré, malgré ses hésitations, une révolution majeure, celle de rompre avec les dictatures issues de toutes les mythologies du monde. Dorénavant, toutes les mythologies subissent l’examen d’une intelligence critique qui invente les pesées et les critères de celle-ci afin de mieux connaître l’animal humain d’une part et d’inventer une humanité d’autre part.

Vous pensez que le paradis est ailleurs; vous pensez que vous êtes gouvernés par un extra-univers; vous pensez que quelqu’un d’il y a un millénaire et plus a détaillé un plan de vie, a déterminé des obligations et a planifié votre vie. Vous pensez que des ouvrages passés concoctés au hasard de luttes, de pertes, de transmissions orales ont une valeur autre que celle d’être un indice d’une mentalité locale. Vous pensez que un décret d'il y a un millénaire est immuable. Que le repas sacrificiel cannibalistique autour de la table-autel se répète des millions de fois depuis des millénaires? Qu’une attitude mentale spécifie une race, un peuple. Qu’une terre conquise il y a quelques millénaires et reconquise par d’autres vous revient de droit? Et ainsi de suite...

Qui donc a décidé que cette vision, cette pensée, ces décrets, ces institutions sont sacrés? Qui a ainsi le pouvoir de décréter que telle ou telle doctrine, ou rite sont immuables, non critiquables et éternels. Qui dit qu’il est nécessaire que toute l’humanité soit un troupeau servile sous la dominance de clercs non élus, maîtres du savoir et de l’ignorance? Maintenant, examinons ces songes qui habitent l’encéphale de l’animal égaré parmi les galaxies et les nébuleuses; ces songes qui lui font inventer mille carnages; ces songes qui le mènent selon la crainte et la récompense; ces songes qui lui offrent le miroir où il se cache en regardant sans se voir; ces songes qu’il adule et qui le réduisent à n’être qu’un pantin ou une girouette en désarroi; ces songes qu’il bénit du statut de “réalité supra réelle”.

Dire que tel groupuscule se pavane sous un habillement des siècles passés et enseigne une science vieille de 2,500 ans. Un autre où les mâles agissent comme de petits potentats. Et tel qui sème la terreur en tronçonnant impunément sans aucune loi, aucun honneur, aucune dignité.

Serait-ce être humain que de nier la radicalité de l’unicité de la personne, la radicalité de sa capacité de s’auto-créer, la radicalité du pouvoir de spécifier toutes ses valeurs, ses lois, ses moeurs, ses institutions, ses plaisirs, bref son bonheur. Serait-ce être humain que de proclamer haut et fort que l’humain est seul dans un univers qu’il lui est impossible de mesurer avec l’intelligence qu’il possède actuellement, que l’humain est seul pour déterminer son destin et le sens des “choses”, que l’humain est une espèce particulière d’animal non régulée par des instincts tout en demeurant conditionnée et qu’il doit à la fois développer les meilleurs moyens pour survivre, affronter seul les “éléments muets” et surmonter tant et tant de propension à toutes sortes de violences. Il est en cela si unique qu’il crée à partir de rien la loi de son existence afin qu’un “amour” polarisé par le bonheur puisse un jour exister pour tous ceux et celles qu’il décide d’ engendrer. Il est seul pour connaître ce qu’il en est de l’ amour et de la loi. Mais, tel n’est pas actuellement notre mode d’exister. Nous sommes en tant qu’espèce devant une question transcendantale : serons-nous un jour des humains, qui nous nous interrogeons en toute liberté sur ce que c’est que d’être humain?

Les liens de la semaine

Nous avons reçu plusieurs suggestions de liens cette semaine. Il faut croire que l'internet citoyen est en pleine ébullition, et c'est tant mieux. Tout d'abord, Frère Ours porte à notre attention un site dont il est artisan, celui de la revue Aube, revue consacrée au développement durable et aux alternatives écologiques. De son côté, Guillaume Grenier nous informe de la naissance du site Le Bulbe, un site de discussion, d'analyse de l'actualité et de la non-actualité politique, affilié au parti Québec Solidaire. Finalement, Gautier Langevin propose le nouveau site Presse-toi à gauche!, dont nous avons déjà parlé ici. Bonnes lectures...

mars 25, 2006

Nouveau budget voué à l'assèchement

Le Québec a déjà developpé une grave dépendance au jeu pour payer ses dettes et on voit mal comment le gouvernement du Québec pourra un jour sortir de ce piège en appliquant la seule mesure sociale qui puisse vraiment venir en aide aux joueurs plus ou moins pathologiques à savoir cesser toute promotion du jeu et planifier la décroissance progressive de ce secteur "économique".

Avec le nouveau budget qui prévoit de réduire la dette grâce aux profits d'Hydro-Québec et aux redevances sur l'eau captée les québécois peuvent dire adieu à tout espoir de gestion raisonnable des deux secteurs les plus névralgiques pour la mise en place du développement durable; la réduction de la production et de la consommation d'énergie et la conservation de l'eau.

Je ne sais pas si les québécois réalisent qu'avec un tel montage financier il deviendra impossible de réclamer des limites à la constructions de nouvelles infrastructures de production et de distribution d'électricité (barrages, parcs à éoliennes, lignes de haute tension, etc) ou des interdictions de capter l'eau dans tel ou tel secteur particulièrement sensible. Aux groupes de citoyens soucieux de préserver l'environnement il suffira désormais de dire : " Écoutez, on n'a pas le choix, il faut payer la dette!" Argument parfait, simple et définitif. Tel est le piège tendu aux écologistes par ce nouveau budget. Grâce au gouvernement Charest on pourra donc dire que tout espoir de développement durable est bel et bien mort pour le Québec.

Pour éviter ce piège et tout de même toucher les redevances sur l'eau, le gouvernement devrait plutôt lier les sommes obtenues à un programme garantissant la préservation de l'eau, un programme qui ne soit pas contradictoire avec les finalités de développement durable. Ce pourrait être un fond dédié à la restauration des milieux humides qui non seulement préserveraient l'environnement mais permettraient peut-être en retour des captations d'eau un peu plus importantes étant donné que le milieu restauré pourrait être éventuellement capable de fournir de l'eau de manière plus constante... Par contre, lier les redevances au paiement de la dette ne peut que mener à l'assèchement énéluctable des puits... Toute dette étant par définition... Sans "fond"!

mars 24, 2006

Projection bénéfice pour la défense de Farley Matchett

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Une projection bénéfice aura lieu vendredi le 31 mars prochain, à 20h, au Café Toast Thé (2129 Mont-Royal Est, angle De Lorimier). Cette projection a pour but de venir en aide à Farley Matchett, condamné à mort en 1991 et incarcéré depuis à Huntsville au Texas, afin qu’il puisse faire valoir ses droits auprès de la Cour suprême des États-Unis. Farley a en effet été victime d’un procès bâclé où il a entre autre été empêché de plaider la légitime défense (qui aurait pu l’innocenter) par un avocat incompétent.

On apprenait récemment que la date d’exécution de Farley pourrait être fixée sous peu, d’où une mobilisation dans plusieurs pays pour financer les derniers recours auxquels il a droit.

Les deux films qui seront présentés lors de cette soirée sont tous deux du réalisateur québécois Julien Élie, ami de Farley depuis plus de dix ans.

Le premier film s’intitule Le Dernier repas. Il s’agit d’un long-métrage documentaire d'une durée de 75 minutes, en version originale anglaise avec sous-titres français. Le film est une plongée dans l'univers cauchemardesque de la petite ville de Huntsville, capitale de la peine de mort aux USA. Il y est aussi question de Farley Matchett, à travers Penny, sa grand-mère.

Prix du Public, RIDM 2002-Montréal

Sélection Officielle, FIPA 2003-Biarritz

Le second film, 999 060 (titre inspiré du matricule de Farley) est une entrevue de 30 minutes avec Farley. Le film est également en anglais avec sous-titres français.

Julien Élie sera présent lors de la projection ainsi qu’Étienne Pagé, producteur et co-scénariste du Dernier repas. Le DVD incluant les deux films sera aussi en vente sur place. La contribution de 5$ (ou plus) demandée à l’entrée ainsi que l’argent provenant de la vente des DVD iront entièrement à la défense de Farley Matchett.

Farley en est à ses derniers recours juridiques, et comme il a été mentionné plus haut, le temps presse. Pour des détails sur les injustices dont il a été victime et autre aberrations reliées à la peine de mort au Texas et ailleurs aux États-Unis, voir le ici et .

Pour un bilan mondial de l’année 2005 en ce qui concerne la peine de mort, voir un article récent du Couac écrit par la co-organisatrice de cette soirée.

Info : (514) 596-1017

mars 23, 2006

Contrer la bêtise à Orford

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La pétition contre le projet de loi qui autorise la vente du parc du Mont Orford est maintenant en ligne !

Soyez de celles et ceux qui prétendent qu'il n'y a pas "seulement le marché qui peut assurer la viabilité du Mont Orford".

PÉTITION

Aussi, participer au rassemblement à Orford le dimanche 26 mars (AFFICHE)

mars 22, 2006

Evo Morales accuse les USA de vouloir le destabiliser

La police bolivienne détient une Uruguayenne, Alba Rivieros âgée de 40 ans, ainsi qu'un Américain, Claudio Lestad d'Orleans, comme principaux suspects de l'acte terroriste commis à La Paz aujourd'hui, acte terroriste qui a causé la mort de deux Boliviens et en a blessé 7 autres.

Rivieros et Lestad D'Orleans fûrent appréhendés dans un hôtel situé dans la ville de El Alto, située à 12 kilomètres de La Paz, quelques heures après que de puissantes charges explosives aient dévasté deux petits hôtels au centre ville de La Paz.

Le couple fut mis sous arrestation lorsque ces derniers tentèrent de se rendre en sol péruvien. Selon l'inspecteur Gutierez, le couple se serait dirigé vers la ville de El Alto où se joignent les routes des Andes entre le Pérou et la Bolivie. L'inspecteur a indiqué que ces deux funestes personnages seraient au Pérou présentement n'eût été de la vigilance des forces policières du pays.

La police technique et judiciaire de La Paz a confisqué aux deux suspects près de 800 cylindres de dynamite retrouvés dans 4 boites. On a aussi découvert dans les bagages de Rivieros des photographies du couple assis sur une caisse de dynamite. Le président Evo Morales a aussitôt accusé le département d'État américain de tenter de le déstabiliser. Il faut noter que les États-Unis perdent du terrain à tout plan en Amérique Latine. Au Pérou, le candidat Ollanta Humala est en tête des sondages face à la conservatrice Flores Lourdes, alors qu'en Équateur, des manifestations s'étendent un peu partout pour contrer le Traité de libre échange commercial entre l'Équateur et les USA.

Avec l'élection prochaine de Daniel Ortega au Nicaragua et un appui populaire frôlant les 70% en faveur du président Chavez au Vénézuéla, les États-Unis semblent en perte de vitesse dans leur cour arrière. Mais que dire de cette action terroriste contre le pays le plus pauvre du continent Sud-Américain, et par dessus tout contre un président élu avec un confortable appui populaire?

Les USA seraient-ils en train de nous dire que la démocratie, c'est pas juste des élections? Ou qu'elle ne serait valable et souhaitable que dans le cas où elle ne servirait que leurs intérêts?

Nos médias se taisent-ils volontairement? Si on regarde les autres médias, personne en parle... étrange...

Pour voir les photos de l'acte terroriste:
http://www.eldiario.net/

mars 21, 2006

Enrôlez-vous, on va vous éduquer!

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Les National Guards (des soldats de fin de semaine) sont réquisitionnés comme jamais depuis la 2ième guerre mondiale et envoyés en Irak pour servir de protection aux chauffeurs de camion de la corporation privée Halliburton. Les soldats sont payés $20,000, les chauffeurs $70,000 (www.markfiore.com/animation/favorite.html).

Masters of War de Bob Dylan: www.bobdylan.com/songs/masters.html
 
"Political language is designed to make lies sound truthful and murder respectable, and to give an appearance of solidity to pure wind".
George Orwell  

Québec solidaire Sainte-Marie-Saint-Jacques : les électrices et électeurs expriment leur appui aux engagements pris par Manon Massé

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Une assemblée publique qui s'est tenue au Centre Saint-Pierre a permis de constater l'appui emballé des citoyennes et citoyens de Sainte-Marie-Saint-Jacques aux engagements de Manon Massé, candidate de Québec solidaire à l'élection partielle qui aura lieu prochainement dans cette circonscription.

La qualité des échanges et la rigueur des propos avancés autant par la candidate que par les électrices et les électeurs présents ont attiré plusieurs rondes d'applaudissements lors de l'événement. « C'est rare que les politiciens prennent le 'risque' d'être dans la rue ou prennent le temps de nous inviter à nous exprimer » a témoigné Carine Guidicelli, organisatrice communautaire ayant travaillé aux côtés de Mme Massé lors de l'organisation de la Marche mondiale des femmes en 2000. « Avec Manon et ce parti, on ne fait pas que nous consulter, on nous écoute. C'est la première fois que je pense que le fait de s'exprimer peut faire une différence. »

Les trois grands axes de la campagne de Mme Massé, soit protéger la planète et l'environnement de Sainte-Marie-Saint-Jacques, agir pour la justice sociale et contrer l'homophobie, ont été confirmés comme étant bien représentatifs des préoccupations des gens de la circonscription. Ainsi, on a lancé des félicitations lorsque Mme Massé s'est engagée à proposer une politique nationale visant à contrer l'homophobie, à favoriser la construction de 175 nouveaux logements sociaux par année dans la circonscription et à œuvrer à faire du Québec un chef de file mondial en matière de recyclage.

La grande participation de l'assistance à cet exercice démocratique a aussi mis en valeur l'érudition des citoyennes et citoyens concernant les enjeux qui leur tiennent à cœur et qu'ils désirent voir leurs élus porter en leur nom. On a soulevé l'ajout du compostage aux programmes de récupération comme étant une clé pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. On a également rappelé que le salaire minimum a subi une importante baisse réelle depuis 30 ans, un enjeu de taille dans une circonscription où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de faible revenu. « On a l'impression que les autres partis inventent leurs priorités sans être connectés à la réalité » a ajouté une jeune résidante ayant témoigné de son sentiment d'écartement de la démocratie au sein du processus politique.

« Le succès de cette soirée me prouve que notre désir de faire de la politique autrement est partagé par les citoyennes et citoyens. À Québec solidaire, transparence et légitimité ne sont pas que des paroles, ce sont des engagements qui déterminent notre action. » a affirmé Mme Massé. Que les élues et les élus soient contraints à tenir au moins une assemblée avec les citoyennes et citoyens de leur circonscription par année fait d'ailleurs partie des engagements qui seront portés à l'Assemblée nationale par Mme Massé.

Coordonnatrice d'un centre de femmes, Manon Massé a déjà mis son leadership naturel et son souci pour la justice sociale au service du Comité social Centre-Sud, du YMCA Hochelaga-Maisonneuve et de la Fédération des femmes du Québec. Son engagement profond envers la défense des droits de la personne l'a amené à coordonner la Marche mondiale des femmes en l'an 2000 ainsi que des luttes entourant le logement social, l'immigration et les droits des gais et lesbiennes. Aux côtés de Françoise David, elle a participé à la fondation d'Option citoyenne en 2004.

-30-

À surveiller : Position de Manon Massé sur la gestion de la ressource de l'eau au Québec
Renseignements : Josée Vanasse, attachée de presse,
Québec solidaire Sainte-Marie-Saint-Jacques, (514) 802-5759

Et c'est reparti !

"Si les Iraniens obtenaient une arme nucléaire, ils pourraient faire du chantage au monde entier".

Georges W. Bush
Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche
21 mars 2006

"If the Iranians were to have a nuclear weapon, they could blackmail the world."

http://www.cnn.com/2006/POLITICS/03/21/bush.newsconference/index.html

mars 19, 2006

Harper le commandant en chef de notre armée...

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Photo accompagnant le texte d'une grand-mère de "Ottawa raging grannies"

mars 18, 2006

Je ne verrai plus les rainettes versicolores

Après les exemples de "dévelopement" à Tremblant et Orford, Thérése Leclerc nous fait parvenir un texte touchant concernant la situation à Bromont. Il nous fait plaisir de le diffuser ici, en vous invitant comme toujours à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

Je ne verrai plus les rainette versicolores

A Bromont, on dégarnit beaucoup le paysage ces temps ci. Ce fut le bord de la rivière avec ses grandes étendues de prairie humide décapée et ce boisé longeant la voie ferrée, la forêt des anoures, rasée.
 
La ville y fera passer une route de contournement pour camions passant près d'une école primaire. J'avais déjà combattu ce projet il y a longtemps (pétition, articles dans les journaux, etc.) mais cette fois, la ville s'est fait plus discrète. Quand je me suis apperçue qu'un arpenteur installait des piquets dans le boisé j'ai toute suite réagi. Mais ils ont été plus vite que moi avec la scie macanique et le bulldozer.

J'ai fait plusieurs appels, me suis présentée au conseil de ville. J'ai appelé le directeur de l'école,  la présidente du conseil d'établissement, la commission scolaire Davignon. J'ai remis des documents par courriel sur des recherches sur la pollution automobile et les maladies pulmonaires, les risques pour les enfants. Aussi sur les gaz à effet de serre et l'état de l'environnement présentement.
 
Tous les signaux d'alarme, les études, les articles dans les revues dans les journaux scientifiques n'y feront rien. L'humain a besoin de défier ce qu'il pourrait appeler le mauvais oeil. Il ne pense qu'à court terme qu'importe ce qu'il adviendra demain, il ne vivra pas assez vieux pour voir ça, se dit t'il.  La génération qui suit qui héritera c'est pas son problème...
 
J'ai rêvé d'une ville verte mais...
 
Partout, on détruit, on défriche, on coupe des arbres. Le paysage se dégarnit de ses temples, de sa lumière, de sa vie. À Bromont on construit, on développe, mais à quel prix? Un jour, j'ai rêvé d'une ville verte, c'était hier, aujourd'hui je ne la reconnais plus.

Je ne verrai plus les rainettes versicolores s'agripper à la brique encore chaude de juin, ni les crucifères dans leurs appels à l'amour. Je ne verrai plus la couleuvre à ventre rouge se glisser dans la végétation à toute vitesse. Ni le crapaud annoncer une pluie, ni la grenouille des bois, en bandeau sur les yeux, attendant son jour de chance, une mouche insouciante. Je n'entendrai plus le chant des anoures au printemps. Bulldozer gourmand qui gruge dans la terre humide, trouée dans le boisé. Les anoures écrasés dans leur sommeil.

Oh mes belles!! Votre lieu pour vos rendez-vous galants a été détruit, on mettra à la place une coulée de ciment et se déverseront avec la pluie dans les fossés, huiles, poussières et autres saletés laissées par les automobiles. De quoi donner des couleurs à ce qui restera d'eau.

Le pin blanc mon préféré, laissé taillé en chicot mais assurant sa descendance tout autour, ne trônera plus dans le petit sentier. J'ai dit adieu aux amélanchiers, aubépines, thuyas, érables rouges, sureaux blancs, viornes lentago, pommiers sauvages qui assuraient un garde-manger aux cerfs de Virginie. Adieu aux plantes du sous bois, sceaux de Salomon, clintonies boréales, smilacine à grappes, érythrones, tiarelles.

C'était la légèreté du vent et la fraîcheur des ramures aussi. C'était l'odeur d'humus, c'était le lieu privilégié pour apercevoir des oiseaux de toutes sortes, bruants, cardinaux, moqueurs chats, pics maculés, tyrans tritri.

Bulldozer tueur d'images. Dans le sentier se croisaient dans un arc, les branches surchargées des aulnes, aux vrais hivers d'une neige lumineuse et abondante. Ce boisé où se racontaient des histoires à se faire peur dans le noir des nuits d'été. C'était le lieu des bonjours et des comment ça va, des visages qui se rencontrent et se saluent du coin de l'œil.

Les impies, ils ne connaissent rien à la valeur d'un boisé, les inconscients ils vont encore couper et couper avec une rage effrénée. Allez récitons le verbe couper au présent, puisque au futur il n'y aura plus rien à conjuguer. Ils auraient pu en faire un parc école pour les écoliers de la Chantignole. Non, c'est plus éducatif et meilleur pour leur santé de faire passer des camions sur une route qui vont envoyer leurs belles boucanes noires près d'une école. Bien placée l'école... dans un trou, près d'un ancien dépotoir. Baignant dans l'eau au printemps, avant passait un ruisseau là aussi, maintenant une route de contournement, sur le haut de la pente avec voie ferrée complétant le tout. Bel amalgame d'odeurs, polluants, bruit.

A été dépoussiéré un vieux projet, boulevard Montréal pour ville de l'an 2000 d'antan, thème du progrès. C'est significatif de que l'on projetait comme future ville à cette époque.

"Pas dans ma cour" pour les habitants de la rue Shefford. Les décideurs ont tranché à la Salomon: la pollution dans la cour d'école, c'est mieux. Pas grave, on sait que des études mettent en lien l'asthme et la pollution atmosphérique. Pas grave, après tout ce ne sont que des enfants, pas des électeurs, pas des payeurs de taxes.

S'abats chaque jour des dizaines d'arbres, bientôt une centaine et plus et ils vont en planter un petit nombre et les consciences vont se reposer et s'endormir. "Voyez, on a préservé les lieux". Dans la pièce fermée où les grandes décisions se prennent, je les imagine dire machinalement "j'appuie, je seconde". Mais accepteraient-ils ces décideurs qu'on coupe des arbres tout autour de chez eux? Que l'on construise une route à contournement pour camions près de leurs résidences?

Déjà, à côté du jardin communautaire écologique, près de la rivière, a été détruit le paysage. Les berges des rivières appartiennent maintenant aux promoteurs. D'où vient ce besoin sans cesse d'arracher les végétaux indigènes pour les remplacer par du gazon et des bâtiments? Ce qui filtrait la rivière, décapé jusqu'à la terre, les milieux humides qu'il faut protéger, ne sont qu'une poussière dans la bouche des bulldozers. C'était un havre de paix et comme j'ai déjà écrit, les havres de paix attirent les faiseurs de dollars, les fabricants de rêves pour citadins, les promoteurs de béton. Mais à voix basse... chut, le boum immobilier tire à sa fin. Et une phrase qui a perdu tout son sens dans la bouche des politiciens de tous les paliers, "on fait du développement durable".

C'est le prix du développement et de la course effrénée des humains qui nous mêne tout droit à un suicide collectif. Pourtant ce n'est pas faute de ne pas savoir, pourquoi ne pas changer la façon même de concevoir le développement? Attendons-nous d'avoir le signal d'en haut? Il sera ce jour là trop tard. Notre immobilisme nous condamnera.

Partout au Québec, des collectivités se battent pour conserver, des forêts, des boisés, parfois même de petites parcelles, ils défendent la vie. Au moment d'écrire, les citoyens du Québec protestent haut et fort, faut maintenant se battre pour conserver notre patrimoine, un parc provincial, quel signe envoie t'on à l'ensemble de la population? C'est à en pleurer.

Ils nous restent une solution me suis-je dit, s'unir partout au Québec dans un front commun de lutte collective contre la bêtise humaine. Et ramasser des fonds, car sans argent on a encore moins de pouvoir, et achetons des terres et plantons des arbres qui appartiendraient aux citoyens et générations futures mais... jusqu'au jour où il feront des lois spéciales. Que faire alors?

En attendant, j'ai cadenassé dans ma mémoire des trésors d'images, le moqueur chat, de petites billes noires qui scintillent dans le cerisier tardif, palette orgiaque des érables rouges à l'automne et l'odeur des rosiers sauvages. Défilent à toute vitesse dans ma tête les séquences du film pour les mémoriser dans leur détail.

Les saisons se défont, la neige couvre le sol par tâches blanches éparses, les rosés de l'hiver s'estompent, les printemps et automnes deviennent étés. Et personne ne veut s'attarder aux signes annonciateurs d'une nature en déroute, les changements climatiques sont à l'œuvre et nous en accélérerons les effets. Pas besoin de lire les études publiées par la Nasa, Nature, Sciences & Vie, dans tous les journaux, ni écouter le cri de rassemblement de Suzuki pour contrer le réchauffement climatique, ni la 6e extinction annoncée de Hubert Reeves. Nous constatons tous que quelque chose ne tourne pas rond.

En attendant, je reste sans voix, impuissante devant le carnage. Qui a dit que nous venons de cette Terre, qui a dit que nous sommes les enfants de Gaïa? Je me le demande regardant le vide laissé par une machinerie infernale.

Thérése Leclerc
Citoyenne de Bromont depuis 1991

mars 17, 2006

La Société des alcools du Québec n'accepte pas la critique venant de l'intérieur

On a pu apprendre aujourd'hui que 2 employés de la Société des alcools du Québec, ont été suspendus sans solde, respectivement 3 mois et 6 mois pour avoir écrit des choses contre leur employeur dans un forum de discussion et dans une lettre publiée dans le journal Le Devoir.

Certains ont déjà commencé à accuser la direction de la SAQ de brimer la liberté d'expression de ses employés, tandis que la direction prétend que la loyauté prime sur la liberté d'expression. Qui a raison?

Il est certain que dans notre société dite démocratique, nous avons le droit d'écrire, ou de dire des choses, mais il ne faut pas pour autant que ces paroles ou écrits attaquent "la réputation des gens" comme l'indique l'article 4 de la Charte des droits et libertés de la personne: "Toute personne a droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation.". Et le fait de traiter dans une lettre publique, son employeur de crapule peut vraisemblablement entrer dans cette catégorie.

En ce qui concerne la loyauté, j'ai un peu de difficulté avec la définition que semble vouloir donner la SAQ. Ce n'est pas à cause que l'on est pas toujours d'accord avec ce que l'employeur dit ou fait et qu'on le fait savoir, que ça veut dire que l'on est pas loyal à la compagnie, après tout, généralement ce sont toujours les employés qui font un excellent travail malgré les contraintes impôsées par l'employeur qui assurent le succès d'une entreprise, alors que les membres de la direction quitteront après 4 ou 5 ans de service, en ayant accumulé d'immenses primes de rendements sur le dos des travailleurs, et ce peu importe que l'entreprise soit ou non un monopole.

Pour ce qui est des mesures disciplinaires imposées aux 2 travailleurs, il me semble évident qu'elles sont exagérées, et j'espère que les employés suspendus contesteront leurs suspensions et réussiront à diminuer la durée de leurs suspensions et qu'ils réussiront par la même occasion de ne pas perdre trop d'argent, et même en récupérer une bonne partie.

Grande manifestation à Montréal

Samedi 18 mars 2006, à 13h00

Organisée par le Collectif Échec à la guerre

12h30 : Rassemblement au Carré Dorchester Intersection Peel et René-Lévesque (Métro Peel)

13h00 : Départ

Trois ans après l'invasion criminelle des troupes étasuniennes et "de la coalition" en Irak, le 18 mars prochain sera une journée mondiale d'action contre la guerre d'occupation dans ce pays. Tant le Forum social mondial de Bamako que celui de Caracas ont lancé des appels pressants en ce sens.

À Montréal, le Collectif Échec à la guerre organise une grande manifestation le 18 mars pour exiger non seulement le retrait immédiat des troupes d'occupation d'Irak, mais aussi le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan et le rejet du partenariat militaire de plus en plus étroit entre le Canada et l'empire étasunien.

Alors que l'administration Bush vient d'annoncer des demandes de crédits supplémentaires de 120 milliards pour poursuivre ses guerres en Irak et en Afghanistan, et alors que les puissances occidentales menacent de plus en plus l'Iran s'il ne se conforme pas à leur diktat sur la question de l'énergie nucléaire, il est très important que nous manifestions à nouveau notre rejet des guerres en cours et planifiées...

MOBILISEZ DANS VOTRE ENTOURAGE !

Merci de participer en grand nombre à l'organisation
de notre protestation contre la guerre le 18 mars prochain.
Il n'y a pas de "grosse machine" derrière le Collectif
Échec à la guerre. C'est sur nous toutes et tous que
cela repose.

Solidairement !

Raymond Legault,
pour le Collectif Échec à la guerre.

La Canadian-Trans-Afghan-Pipeline-connection... La plus meilleure raison de faire la guerre

Mise à jour de l’article publié le 19 septembre 2005 sur La Tribu du Verbe intitulé "Contre la guerre canadienne pour le Trans-Afghan Pipeline".
 
Nos dirigeants n'étaient peut-être pas intéressés comme le clan Bush-Cheney aux États-Unis à partir en guerre pour le pétrole en Irak... Mais pour le pipeline en Afghanistan, il semble que ce soit une toute autre histoire... L'histoire d'une Canadian-connection mettant en vedette Jean Chrétien, Buried Hill Energy, Thermo Design, Bennett Jones, Hennan Blaikie et cie, dont la suite devrait être signée avec conviction par le nouveau gouvernement à Ottawa....

Sachez qu'en septembre 2004, notre ancien Premier Ministre Jean Chrétien, devenu conseiller pour deux cabinets d'avocats spécialisés dans le secteur du pétrole et du gaz, soit Bennett Jones et Hennan Blaikie, a participé à une délégation canadienne au Turkmenistan, aux cotés de magnats canadiens de l'industrie tel que Roger Haines, président de Buried Hill Energy, pour des négociations concernant le Trans-Afghan Pipeline (8,9,10). Ce pipeline devrait traverser l’Afghanistan et approvisionner le Pakistan et l'Inde en gaz provenant du Turkmenistan, un pays soumis à la dictature du président Saparmurat Niyazov, dénoncé par la communauté internationale pour ses arrestations arbitraires. Le Trans-Afghan Pipeline devrait croiser la ville de Kandahar, en Afghanistan, justement là où se concentreront les troupes additionnelles de l'armée canadienne.

La rencontre fut lucrative, puisque plusieurs contrats ont été octoyés à Buried Hill Energy par la suite au Turkménistan. Roger Haines et Jean Chrétien ont d’ailleurs été ré-invités par le président Niyasov en novembre 2005 (13). Notons que Buried Hill Energy n’est pas la seule entreprise canadienne à bénéficier de la faveur du gouvernement turkmène, puisque que ce dernier a conclu avec Thermo Design Engineering Ltd, une firme basée à Edmonton,  des contrats d’une valeur de près de 110 millions $US pour la construction de raffineries de gaz (14).Soulignons que, si les Talibans étaient initialement très intéressé au projet du pipeline Trans-Afghan (20), leurs exigences, selon Michael C. Ruppert (21) et finalement leur présence, étaient devenue un obstacle à la mise en chantier du projet (22), maintenant solidement relancé(23). La quantité de gaz turkmène qui serait acheminé via le pipeline Trans-Afghan serait d'environ 30 milliards de mètres cubes par année et les réserves en gaz, dans la seule région de Dauletabad-Donmez, sont évalués à plus de 2 830 milliards de mètres cubes (25).
 
La Liberal Party of Canada-Bennett Jones-connection, ne compte pas seulement sur Jean Chrétien comme intermédiaire. Chacun peut également compter sur les services de Benjamin J. Hurtzel, directeur de la Federal Liberal Agency, le comité de surveillance des finances du Parti Libéral du Canada, et présenté avec fierté en tant que partenaire chez Bennett Jones (11). Quant à elle, la Liberal Party-Heenan Blaikie-connection n'est pas en reste en terme de bon contact. Après avoir co-fondé Heenan Blaikie, Donald J. Johnston, aujourd'hui secrétaire général de l'O.C.D.E,  a été, au sein du cabinet Libéral, successivement Président du conseil du trésor, Ministre d'État chargé du développement économique et régional, Ministre chargé des sciences et de la technologie, Ministre de la justice, Procureur général du Canada puis finalement président du parti entre 1990 et 1993 (12). La firme Heenan Blaikie affirme elle-même avec enthousiasme qu'elle "maintient des liens étroits avec Donald J. Johnston" (15). 
 
La Conservative Party-connection est une variation sur le même thème, puisque nos nouveaux représentants à Ottawa bénéficient tout autant de liens privilégiés avec ces deux cabinets d’avocats, pour lesquels travaille maintenant Jean Chrétien dans cette affaire. De fait, un des deux autres co-fondateur d’Heenan Blaikie, Peter M. Blaikie, fut président du Parti Conservateur du Canada entre 1981 et 1983 (16) , tandis que Tony Clement, actuel ministre de la santé et ancien chef de l'Alliance Canadienne, aujourd'hui le Parti conservateur du Canada, a oeuvré pour Bennett Jones pendant plus de 3 ans (17). Mentionnons aussi que l’ex-Premier Ministre conservateur de l’Alberta, Peter Lougheed, travaille maintenant pour Bennett-Jones (18,19).

Manifestement, pour quelques canadiens, les intérêts en jeu en Afghanistan, ne se limite pas à entretenir les relations diplomatiques canado-américaines. C'est dans ce paysage politique que les citoyens devront se faire entendre. Pour