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Décidément, ce n'est pas la semaine du gouvernement de Jean Charest, après le rapport Coulombe sur le nouveau casino, la controverse entrourant le Mont-Offord, le scandale de la SAQ, les hausses de la SAAQ, c'est maintenant la décision de centraliser toute les communications à même le bureau du Premier Ministre qui est contesté.
Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) , appuyé par la FNC et le SCFP, réclame le retrait du décret qui centralise l'information gouvernementale entre les mains du premier ministre Jean Charest. Ce décret avait été promulgé il y a quelques jours, puisque le Premier Minsitre identifiait l'impopularité de ses politiques au fait que les communications n'étaient pas assez efficaces.
«On n'est pas dans une société totalitaire. Le contrôle politique de l'information n'a pas sa place», a déclaré hier la présidente du syndicat, Carole Roberge.
C'est le décret adopté par le gouvernement Charest le 1er février dernier qui a soulevé la colère du syndicat, qui regroupe les 14 000 professionnels du gouvernement. Ce décret stipule que tous les services des communications des divers ministères du gouvernement relèveront désormais du premier ministre. «Nous formulons cette demande au nom du droit du public à une information complète, neutre et transparente», soutient Mme Roberge dans sa lettre.
Le retrait de ce décret est impérieux. Le premier ministre n’arrive plus à convaincre personne de la pertinence de sa décision. Plusieurs experts ont exprimé publiquement dans les derniers jours de sérieuses réserves et inquiétudes face à la centralisation des communications gouvernementales au ministère de monsieur Charest.
« Ce décret assujettit le personnel professionnel des directions des communications des ministères au pouvoir politique, au détriment du service à la population, dénonce la présidente du SPGQ. Monsieur Charest devrait plutôt faire le ménage au sein des cabinets politiques pour régler les problèmes de communication de ses ministres sur la place publique. »
Mme Roberge admet que le gouvernement peut souhaiter une meilleure coordination de ses communications. Mais de nombreux mécanismes existent pour atteindre ce but sans qu'il soit nécessaire de tout concentrer entre les mains du premier ministre. « En mettant les communications gouvernementales sous le contrôle du pouvoir politique, monsieur Charest prive le public de son droit à une information gouvernementale exempte de partisanerie politique, affirme la présidente du SPGQ, madame Carole Roberge. En agissant de la sorte, il ne fait qu’alimenter la perte de confiance de la population envers les institutions publiques et gouvernementales. Pensons seulement ici aux conclusions du rapport Gomery et à la gestion de la SAQ. »
Le Syndicat des professionnels met en relief le fait que tous les fonctionnaires relevant du Conseil exécutif ne sont pas «syndicables», en vertu de la loi. Les communicateurs du gouvernement ne bénéficieront donc plus de la protection que la syndicalisation leur apporte contre l'arbitraire et l'ingérence politique.
Cette concentration de l'information est une preuve de la «grande méconnaissance de la fonction publique» du gouvernement libéral. De plus, elle contribue à «la perte de confiance de plus en plus grande de la population face aux institutions publiques».
Jean Charest n'attire plus l'intérêt des médias
Ceci arrive au moment où M. Charest souhaite mieux gérer le message qu'il envoie à la population, en contrôlant tous les services de communications de l'Etat à partir du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre.
Les données de la firme de recherche Influence Communication montrent que depuis les élections de 2003, l'attention médias a décliné régulièrement et le ton de couverture a chuté de façon draconienne.
A titre d'exemple, M. Charest se retrouve en sixième position dans la liste des personnalités les plus citées au Québec en 2005, derrière John Gomery, Jean Brault, Paul Martin, Jean Chrétien et Charles Guité, tous des acteurs de l'enquête sur le scandale des commandites.
Source: Le Devoir, Matinternet et SPGQ.
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