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Aujourd'hui au Québec, le débat politique tourne autour de concepts antagoniques atteints de sclérose aigus : fédéraliste / souverainiste, lucide / solidaire, fonds des générations / système de santé, etc.
Quand cesserons-nous d'être primaire politiquement en tant que peuple, d'être au stade de la préadolescence politique où l'immaturité pullule allègrement? Je me le demande, mais aussi me dis-je que nous avons derrière nous une courte histoire qui nous fit combattre à la fois le Dieu consumériste typique de l'Amérique du Nord ainsi que l'impérialisme que connut le 3/4, sinon plus, de cette planète.
Reste que l'éternel débat constitutionnel n'est qu'un mirage culturel au-delà duquel s'aventurent bien peu de raisonnements politiques et de réflexions fécondes. Et même alors que certains bravent l'inconnu, ils le font maladroitement, avec les outils que leur fournissent l'Empire. Quelle pitoyable galère!
Ce dont il faut avant tout s'extraire est de cette vision typique des jeunes nations de ce monde : une vision concurrentielle de la Nation. Bien que nous vivions dans un environnement de globalisation des marchés et de continentalisation de l'économie, cela ne veut pas dire que nous devions vivre selon les valeurs de concurrence typiquement nord-américaines qui nous entourent. Faisons cesser l'utilisation d'un discours fortement répandu ici et qui vise à mettre l'esprit de compétitivité de l'avant. C'est seulement de cette façon que nous arriverons à développer des débats démocratiques féconds desquelles émergeront des idées nouvelles. Il faut que les gens arrêtent d'avoir peur. Il faut arrêter cette culture de la « démonisation » de l'interlocuteur, il faut arrêter d'être si dogmatique et commencer à écouter, à se parler d'humain à humain, putain!
Ce texte vise à régler une question. Celle de l'indépendance du Québec. Il n'y a pas 36 façons de réaliser cet idéal, et l'unique façon de le faire nous a glissé des mains lorsque Claude Morin est devenu le premier conseiller constitutionnel de René Lévesque. Quand le mythe qu'est ce bon vieux René mit sa tête sur le billot au IVe congrès du PQ, en 1974, afin de faire entériner cette profonde connerie qu'est l'« étapisme » et le référendum, c'en était fait. Une fois de plus, nous nous sommes gentiment agenouillés devant le maître. Ne pensez-vous pas qu'un homme de la trempe de PET réalisa instantanément, en octobre 70, que le PQ allait un jour ou l'autre être élu? L'homme savait pertinemment que tel serait le cas... Devinez quand Morin devint membre du parti...
Dès lors que le référendum était au programme, l'unité canadienne ne fut plus jamais en danger. Un « oui », depuis 1974, ne signifie plus qu'une hypothétique réforme du fédéralisme canadien. Cette formule utilise la corde sensible du peuple Québécois : la peur. La peur d'exister. Le fameux p'tit pain. Ce christ de p'tit pain! Dans l'imaginaire collectif, la solution idéale a toujours été de sortir du Canada pour mieux y re-rentrer en partenaire égal et respecté... Quel beau pays, n'est-ce pas, que le nôtre!?
Et maintenant, nos plus prolifiques artistes viennent nous rappeler que le projet manque d'âme! D'une part, Lepage symbolise l'immaturité politique des Québécois, lui qui a besoin d'un sauveur à la Lucien Bouchard et qui veut que le Canada se rapproche de l'esprit du « fédéralisme » européen. Bravo pour les connaissances politiques cher créateur Lepage! Bouchard... non mais come on mon Bob...
Par contre, l'ami Tremblay met le doigt sur le bobo péquiste : Le parti qui incarne le projet erre depuis trop longtemps. Il joue le jeu de l'« ennemi ». En combattant sur le terrain de l'économie, le PQ ne fait que suivre le courant. N'est-il pas clair que le gouvernement fédéral canadien, depuis 1995, opère afin de gouverner seul les orientations de la politique sociale. Le fédéral ne fait rien de différent que tous les gouvernements fédéraux du monde : il a soif de pouvoir et aspire à diriger les grandes orientations du pays. Le tristement célèbre déséquilibre fiscal n'est rien de plus que ça : un concept pour combattre la voie que prend Ottawa depuis 11 ans.
Ainsi, il n'y a que deux façons de vivre ce tournis constitutionnel : prôner la route des institutions ou celle des tambours et trompettes. La voie institutionnelle implique qu'on se batte pour intégrer la structure parlementaire fédérale afin d'être en mesure d'avoir part aux affaires de la fédération. Ceci nécessite une grande part de solidarité entre les exécutifs provinciaux; en somme, de se retourner vers un modèle plus coopératif de Nation visant à égaliser les conditions de vie sur l'ensemble du territoire. Développer un processus afin que la redistribution de la richesse soit la plus équitable possible (et oui, ça se fait ailleurs). Quant à l'autre option, elle nécessite une bonne dose de prière afin que les Québécois sorte de leur préadolescence et deviennent de vrais citoyens alertes et ouverts.
God praise the Republic of Québec 'stie!
Publié par Julien McEvoy le 19 avril 2006 à 10:54 AM
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