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Le départ de Paul Martin de la politique a fait autant de bruit qu'un pet de canard dans l'eau glacée du canal Rideau. Même le pseudo enterrement de la hache de guerre entre les factions libérales, célébré autour de la tâcherone de l'unifolié Sheila Copps, a fait plus de tapage virtuel.
Mais ne vous en faites pas pour Paul. Lui aussi peut claironner... Mission Accomplie !
Malgré la parution d'ouvrages implacables tels Ces riches qui ne paient pas d'impôts de Brigitte Alepin et Paul Martin et Compagnie d'Alain Deneault, la job de bras que l'honorable a effectué sur la fiscalité canadienne est digne des actes les plus crapuleux à avoir été manigancés contre le bon peuple et ce qui reste de démocratie.
En tant que ministre des finances pendant près de dix ans et actionnaire unique d'une entreprise maritime, soustraite à l'impôt, via des paradis fiscaux; Paul Martin a instauré une nouvelle ère de cynisme corporatif, peu commune. Le fait qu'il ait siégé au FMI, une organisation maintenant reconnue comme une ignoble naufrageuse d'économie au tiers monde, ajoute au malaise (www.gregpalast.com/detail.cfm?artid=192&row=1).
Je cite Alain Deneault dont le brûlot vient d'être traduit en anglais sous le titre Paul Martin and Companies, Sixty Theses on the legal nature of Tax Havens (Vancouver, Talonbooks, 2006).
Seuls les médias croient avoir épuisé un dossier qu'ils n'ont osé ouvrir.
Les paradis fiscaux constituent la négation des principes démocratiques et qui ne s'y oppose pas est antidémocratique. Destinés aux détenteurs de capitaux voulant fuir les contraintes du "contrat social" de leur communauté, ces places prévoient des impôts dérisoires ou nuls, neutralisent toute forme de surveillance juridique et, surtout, voilent totalement leurs activités. Aucun travail substantiel n'y a lieu sinon celui du détournement de fonds inimaginables. Avoir pignon sur rue dans les paradis fiscaux signifie qu'on avalise la criminalité financière.
La question n'est pas de savoir si la cocaïne que transportait le Sheila Ann l'a effectivement été ou non par la CSL aux fins d'activités criminelles - ce que, curieusement, la justice et les médias canadiens n'ont vraiment pas cherché à savoir -, mais de montrer que la dimension vraisemblable du scénario affirmatif dépend de cette conjonction déjà en vigueur dans la « mondialisation » entre les sphères criminelles, financières, industrielles et politiques.
Paul Martin était prêt à toutes les entourloupes pour éviter de payer sa part d'impôt du pays dont il était le Premier Ministre...
Faut le faire !
Pour nos maîtres, la démocratie n'est qu'un autre luxe qu'il faut se payer. L'exercice est systémique car les Bronfman, Desmarais et consorts versent en moyenne 1,9 % de leur fortune en impôt, alors que la fiscalité dépouille la classe moyenne de 50 % de ses revenus. Le Québec est en fait un paradis fiscal pour les grandes sociétés.
Il y a 4191 entreprises, et pas les moindres, qui ne paient qu'un maigre taux d'impôt de 1.7%, alors que le taux statutaire imposé aux autres varie de 8,9 à 16,25%. Rappelons que le Québécois est le contribuable le plus imposé du Canada.
Les puissants détournent une somme qui équivaut à la moitié des 175 milliards qu'Ottawa perçoit, chaque année, des contribuables.
Puis, on vient nous dire qu'il n'y a plus d'argent pour financer les programmes sociaux et qu'il faut se serrer la ceinture...
Révoltant !
La corruption du pouvoir, telle que pratiquée par cette secte économique, isole ses adeptes en chapelle ardente bien à l'abri des faits et de la vérité. Leur arrogance coule de source. Leur sang froid inspire l'apathie, le cynisme et la malice.
Publié par Jean-François William le 13 avril 2006 à 02:29 PM
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