Arrivée de la Commission rogatoire d'Espagne au Guatémala

Demande de Rigoberta Menchú en Espagne mène à l’arrivée de la Commission rogatoire : Enquête sur le crime de génocide au Guatemala
 
Le 24 juin prochain, une commission rogatoire d’Espagne arrivera au Guatemala dans le but d’enquêter sur les dirigeants des gouvernements militaires guatémaltèques de la période de 1978 à 1986. En plus du génocide commis contre le peuple maya, d’autres délits leur sont imputés, comme ceux de l’incendie de l’ambassade d’Espagne en 1980 et l’assassinat de plusieurs prêtres espagnols.

En 1999, Rigoberta Menchú, Prix Nobel de la paix, a présenté une demande devant la justice espagnole pour génocide, terrorisme et tortures, fondée sur le principe de la « juridiction universelle ».
 
En 2005, le Tribunal constitutionnel espagnol stipule que la justice espagnole a la compétence pour enquêter et juger, entre autre, le génocide commis au Guatemala contre le peuple maya. Cette décision de la justice espagnole suppose en soi un progrès significatif dans la lutte contre l’impunité et la recherche de justice, qui jusqu’à présent, a été niée au Guatemala. La Commission rogatoire recueillera, entre autre, les déclarations des inculpés présents au Guatemala, tel l’ancien dictateur Efraín Ríos Montt, qui ont été cités à comparaître devant un juge guatémaltèque.
 
Les faits survenus au Guatemala durant le conflit armé (de 1960 à 1996), amplement documenté dans le rapport de la Commission de clarification historique des Nations Unies (CEH), incluent, entre autres choses, 626 massacres commis par les forces de l’État et des actes de génocide. La CEH estime que le nombre de morts et de disparus dans l’affrontement fratricide a atteint plus de 200 000 personnes, dont plus de 83% étaient des Mayas.
 
Jusqu’à maintenant, la justice guatémaltèque a été incapable de condamner les responsables de ces crimes, malgré les multiples dénonciations et les preuves présentées par les survivants et les militants en droits humains.
 
Même si depuis 2004, l’État guatémaltèque a réussi à améliorer son image auprès de la communauté internationale - reconnaissant officiellement sa responsabilité pour une petite portion des violations des droits humains commis durant le conflit armé interne – l’impunité reste en grande partie intacte. Entre 2004 et 2005, il y a eu une augmentation de 46% des attaques contre les activistes de droits humains. Les attaques (menaces, actes d’intimidation, harcèlement, assassinats) sont systématiques contre ceux qui ont présenté leurs témoignages à la justice guatémaltèque et contre ceux qui leur ont apporté un accompagnement légal ou moral. Malgré les dénonciations auprès des autorités compétentes, presque aucun responsables n’ont été identifié ou inculpé.
 
Dans ce contexte d’insécurité, le Projet Accompagnement Québec-Guatemala (PAQG), comme membre actif de la Coordination de l’accompagnement international au Guatemala (CAIG), réitère son engagement d’accompagner la lutte contre l’impunité et de rester attentif à la sécurité des défenseurs impliqués dans des procédures pénales pour les violations des droits humains au Guatemala, en particulier ceux qui contribuent à fournir des éléments de preuves à la Commission rogatoire d’Espagne.
 
Selon, la Coordination de l’accompagnement international au Guatemala, l’État guatémaltèque doit démontrer son engagement en matière de droits humains et de lutte contre l’impunité. En particulier, il doit veiller à la protection, la sécurité physique et psychologique des personnes qui donneront leurs témoignages devant la Commission. Il est aussi fondamental que des enquêtes soient effectuées sur les attaques récentes contre les militants et que les responsables soient condamnés.
 
Il est tout aussi important que le Canada et la communauté internationale remplissent leiu mandat en ce qui concerne la surveillance du respect des droits humains. Le PAQG demande donc aux autorités concernées de prendre les mesures nécessaires afin que le processus de justice se conclue sans d’autres actes de violence contre les défenseurs de droits humains au Guatemala.
 
La Coordination de l’accompagnement international au Guatemala réuni des organisations de neuf pays, et offre une présence internationale et d’observation impartiale auprès des défenseurs de droits humains au Guatemala depuis 2000. Le Projet Accompagnement Québec-Guatemala est membre fondateur de la CAIG.
 

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Publié par La Tribu du Verbe le 22 juin 2006 à 09:35 AM TrackBack Commentaires (1)