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À force de lire les journaux, je savais bien que je finirais par découvrir quelque chose d'intéressant. Il y a quatre ou cinq ans, j'avais lu un article de Martineau qui parlait d'un scientifique/environnementaliste qui parlait le même langage que les multinationales. Armé de quelques mots clés, j'ai fini par retrouver l'article et un livre dont il est co-auteur. William McDonough et son acolyte Michael Braungart ont publié en 2002 Cradle to Cradle : Remaking the Way We Make Things, une lecture que je conseille fortement au ministre Béchard et à toute personne croyant encore que le développement économique tel qu'on le pratique depuis le début de l'ère industrielle - c'est-à-dire sans aucun respect pour l'être humain et l'environnement - n'est pas une méthode à remettre en question.
Sans chercher à démolir les vieux modèles de développement et les techniques de design industriel des cent quelques dernières années - les auteurs n'ont pas le temps pour ça - Cradle to Cradle met de l'avant le concept du Eco-Effectiveness. Si je généralise au maximum, l'idée de l'Eco-Effectiveness est de créer des objets de consommation qui peuvent être retournés en toute sécurité à la nature, de transformer les entreprises de production en entreprise de service au citoyen et de permettre à la nature de reprendre le dessus sur le béton.
Depuis plus de cent ans, aucune entreprise ou gouvernement ne s'est réellement soucié de comment le consommateur se débarrassait des produits de consommation et pour les auteurs il faut tout repenser la chaîne de montage. Remaking the way we make things. C'est ainsi que les auteurs ont créé une chaussure NIKE qui une fois retournée à la nature se décompose sans aucun danger. Ils ont créé des environnements de travail où l'air ambiant est bon à respirer, quelque chose d'assez rare dans les tours à bureaux et usines dans les pays industrialisés. Ils suggèrent également que les entreprises deviennent responsable de la façon dont on devra disposer de leurs produits; pas en créant des lois, mais en proposant un modèle d'affaires.
Les auteurs ont une telle passion pour l'environnement qu'ils ont accepté un contrat de 2 milliards de dollars avec Ford pour décontaminé un terrain souillé par la compagnie depuis les années 20 aux abords du Lac Michigan. Les auteurs ont même publié leur livre sur une matière plastique entièrement recyclable, et ce, sans dommage sur l'environnement. Ils critiquent aussi l'implantation de la pelouse qui est si cher au banlieusard, un écosystème qui a été introduit dans un autre sans jamais réfléchir aux effets que ça pourrait avoir. Les toits en bardeaux d'asphalte y passe également. L'industrie du packaging et du marketing. Etc.
Pour chaque problèmes soulevés, les auteurs ont une solution viable, qu'ils ont déjà vendu ou qu'ils sont déjà capable de réaliser. Des gars qui gardent une attitude très positive malgré l'état de santé de la planète.
Sans renier cette pratique, les auteurs critiquent fortement l'industrie du recyclage, parce que oui c'en est une. Une industrie qui pollue énormément, qui déverse des produits hautement toxiques dans les cours d'eau, entre autres, afin qu'on ait tous notre beau papier recyclé tout blanc pour s'essuyer les fesses.
Finalement, les auteurs opposent aussi l'idée du "less bad" au "good" que je me permets d'expliquer ainsi: ce n'est pas parce qu'on fait moins mal qu'on fait bien.
Depuis le temps que j'avais envie de partager cette lecture - qui n'est pas facile soit dit en passant, c'est écrit par des scientifiques - j'ai pondu ce texte assez vite, mais j'espère quand même que vous ferez un effort. Vous ne verrez plus votre savon à lessive de la même façon.
CRADLE TO CRADLE : Remaking the Way We Make Things. By William McDonough & Michael Braungart
North Point Press, 2002
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