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Photo : © Greenpeace / Purves
Montréal, le 6 juin 2006 - Une large coalition de groupes de la société civile, de consommateurs, d'agriculteurs et d'environnementaux proteste ce matin, devant le bureau montréalais du premier ministre Charest sur la rue Sherbrooke, contre l'absence de progrès tangible en faveur de l'étiquetage obligatoire des OGM au Québec.
Les groupes condamnent en particulier, les propos du ministre de l'agriculture à l'Assemblée Nationale le 16 mai dernier (1) qui tentait désespérement de justifier le non respect de la promesse gouvernementale. La coalition a adressé aux députés une longue lettre répondant au ministre de l'agriculture. Pour illustrer cet échec gouvernemental, Greenpeace, organisateur de l'événement, a déployé une caricature géante de Jean Charest, dont le nez s'allonge à mesure qu'il est fait mention de l'étiquetage des OGM.
« Jean Charest avec son gouvernement, ne semble pas avoir de pif politique concernant le dossier de l'étiquetage des OGM, affirme Éric Darier de Greenpeace. Depuis des années, une majorité écrasante de québécois (2) réclame l'étiquetage obligatoire des OGM. Que l'on soit péquiste, libéral, adéquiste, solidaire ou vert, on mange tous et on a donc tous le droit de choisir de ne pas manger d'OGM. »
La coalition dénonce l'inutilité de la norme fédérale « volontaire » d'étiquetage des OGM et rappelle aussi que tous les député-e-s de la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation ont recommandé, dans un rapport unanime(3) publié en juin 2004, l'adoption au Québec d'une norme d'étiquetage obligatoire des OGM.
« Le droit à l'information, reconnu par les Nations Unies, fait partie des droits fondamentaux des consommateurs. La présence ou non d'OGM dans un aliment est une information qu'il est indispensable de transmettre aux consommateurs afin qu'ils puissent faire un choix éclairé », note Charles Tanguay de l'Union des consommateurs.
« Le Québec a le pouvoir de légiférer dans ce dossier. L'étiquetage obligatoire des OGM est une promesse électorale du gouvernement Charest qui tarde à se concrétiser après plus de trois ans de présence au pouvoir! Une quarantaine de pays a déjà un système d'étiquetage obligatoire des OGM » rappelle Nalini Vaddapalli d'Option consommateurs.
« L'étiquetage obligatoire des OGM et un système de traçabilité sont essentiels. Aujourd'hui, il n'existe aucun régime strict de responsabilité pour protéger les agriculteurs victimes de la contamination génétique des OGM, les consommateurs ou l'environnement » déclare Benoît Girouard de l'Union paysanne.
« L'étiquetage obligatoire est un strict minimum. Le principe de précaution devrait s'appliquer aux OGM qui ne devraient être disséminés ni dans l'environnement, ni dans la chaîne alimentaire » souligne pour sa part Isabelle Joncas d'Équiterre.
« Le gouvernement se trompe s'il pense que les québécoises et québécois ne vont pas se rappeler de cette promesse non tenue. Bien que Pinocchio soit un personnage sympatique, il ne sera pas un candidat crédible lors de la prochaine élection », prévient Éric Darier qui ajoute : « Nous allons mobiliser les citoyens et citoyennes pour qu'ils fassent augmenter la pression sur le gouvernement ».
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Contacts :
Delphine Grenon, Communications Greenpeace (514) 814-3481
Nalini Vaddapalli, Option consommateurs (514) 598-0620 poste 227
Charles Tanguay, Union des consommateurs (514) 743-0419
Isabelle Joncas, Équiterre (514) 522-2000 poste 229
Benoît Girouard, Union paysanne (514) 605-6800
Éric Darier, Greenpeace (514) 605-6497
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(1) http://www.mapaq.gouv.qc.ca/Fr/Centre_Presse/Allocutions/2006/060516.htm
(2) Sondage Léger Marketing d'octobre 2005. 79% des québécois veut que le gouvernement du Québec impose l'étiquetage obligatoire des OGM et 71% veut que cela soit fait avant la fin du mandat du gouvernement actuel. En excluant ceux et celles qui ne savent pas (8%), c'est plus de 85% des québécoises et québécois qui veut que le gouvernement du Québec impose l'étiquetage obligatoire des OGM.
(3) Recommandation 18 : « La Commission recommande que le gouvernement [du Québec] opte pour l'étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés. Dans le cas des produits dérivés d'OGM ou contenant de tels organismes, l'obligation s'applique à partir d'un seuil minimum, harmonisé avec celui de l'Union européenne. »
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