Les détenus de « Guantanamo Nord » : Un mois en grève de la faim

Des organismes appellent à la fermeture de la prison en cette journée internationale contre la torture

Montréal, le 26 juin 2006 - Des groupes à Vancouver, Montréal, Kingston, Ottawa et Montréal soulignent la journée internationale contre la torture en demandant au gouvernement de fermer « Guantanamo Nord » - la nouvelle prison à six cellules, bâtie spécialement pour les personnes détenues en vertu d'un « certificat de sécurité» et gérée par l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

Les trois occupants de la prison - Mohammad Mahjoub, Hassan Almrei et Mahmoud Jaballah - sont présentement en grève de la faim et revendiquent de très simples améliorations à leurs conditions de détention. Les trois détenus ont été transférés de Toronto à la nouvelle prison le 23 avril dernier, sur garantie de meilleures conditions de vie. Toutefois, ils ont plutôt trouvé des conditions pires à bien des niveaux. De plus, le long trajet depuis Toronto fait en sorte que les détenus sont presque totalement coupés de leur famille et avocats. Déjà durement éprouvées, les familles font maintenant face à un fardeau supplémentaire en terme de temps et d'argent. Et dans un geste significatif contre la liberté de presse, on a interdit aux journalistes tout contact avec les détenus.

Mahjoub et Jaballah sont en grève de la faim depuis le 23 mai. Hassan Almrei avait déjà entamé la sienne dix jours auparavant. L'état de santé des trois hommes se détériore rapidement. Mahjoub et Almrei sont déjà dangereusement affaiblis par de longues grèves de la faim, de 79 et 73 jours respectivement, qui ont pris fin en septembre 2005. M. Jaballah, un survivant de la torture qui est venu au Canada en tant que réfugié, s'est déjà effondré plusieurs fois.

Mahjoub, Jaballah et Almrei sont détenus sans accusation quelconque et sans procès, sur la base de preuves secrètes selon les provision du certificat de « sécurité ». Mohammad Mahjoub est détenu depuis juin 2000 ; Mahmoud Jaballah, depuis août 2001; et Hassan Almrei, depuis octobre 2001. Ce «Guantanamo Nord » témoigne de l'intention du gouvernement de poursuivre ses violations de la loi internationale et de la justice, en gardant les refugiés en détention arbitraire et indéterminée.

Deux autres détenus du certificat de sécurité sont en quasi-assignation à résidence: Adil Charkaoui à Montréal et Mohamed Harkat à Ottawa, qui a été libéré mercredi dernier. Leurs conditions de libération - imposées sans accusation ou procès, sur la base de preuves auxquelles ils n'ont pas accès - sont telles qu'il leur est très difficile, voire impossible de mener une vie familiale normale, de travailler, d'avoir des loisirs ou de pratiquer leur religion.

Tous ces hommes ont la possibilité de quitter le Canada - s'il acceptent de quitter leur maison et leurs familles et faire face à la torture et à la mort.

Les organismes qui participent à la journée d'action pan-canadienne demandent la mise en place d'une alternative toute simple à la détention indéfinie, à l'assignation à résidence et à la déportation vers la torture : accusez les hommes dans une cour ouverte et faites un procès avec divulgation complète de toute preuve. Ou relâchez-les immédiatement. Cela n'est rien de plus que ce qui leur est dû en tant qu'êtres humains, en vertu des principes fondamentaux du droit international.

*À Montréal, une ligne d'information sera organisée devant le 1010 rue St-Antoine, qui heberge le SCRS, l'Immigration Canada et l'Agence des services frontaliers du Canada (entrée sur la rue Peel), de midi à 13
heures.

*Deux revendications simples demeurent au coeur de la grève de la faim :

1. Accès adéquat à un téléphone. À la prison de Metro West de Toronto (où ils étaient détenus auparavant), les hommes pouvaient composer le numéro et parler à n'importe qui de tôt le matin jusqu'en début de soirée. Présentement, ils ont le droit d'effectuer trois appels de 20 minutes par jour. Toutefois, ils doivent déposer une demande écrite une heure avant de téléphoner. Si, par exemple, ils appellent leur avocat et qu'on leur dit que l'avocat(e) ne sera pas de retour avant 10 minutes, il ne peuvent pas rappeler 10 minutes plus tard. Ils doivent déposer une autre demande, attendre une heure, et espérer que leur avocat sera là. L'accès restreint au téléphone limite aussi leur capacité à communiquer avec leur famille.

2. Les hommes veulent pouvoir accéder à une cantine ou à une cafétéria, comme c'était le cas au centre de détention de Metro West.

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Source:
Comité de soutien aux grévistes de la faim
tel.: 514 859 9023
abolissons@gmail.com

Publié par La Tribu du Verbe le 26 juin 2006 à 09:20 AM TrackBack Commentaires (2)