Losique n'est pas mort

Il y a trois ans, j'ai répondu à un article de Robert Lévesque du journal Ici qui annonçait la mort de Serge Losique (fondateur et directeur du Festival des Films du Monde). Lévesque traitait de merde un Festival qu'il boudait lui-même depuis des années.

Depuis la mort du Festival de la Critique à la fin des années 70, Lévesque ne pardonnait toujours pas au FFM de l'avoir tué et pris sa place. Lévesque faisait partie des fondateurs de ce festival dont personne ne se rappelle aujourd'hui. À cause du succès du FFM, le Festival de la Critique est mort presque dans l'oeuf. Que dire du retour en grand du FFM cette année. 215 longs métrages et 194 courts et moyens métrages provenant de 76 pays font partie de la programmation du 30e Festival des Films du Monde.

30 ans plus tard, Robert Lévesque ne devrait pas revenir du chemin parcouru d'un festival qu'il aime haïr. Mais cela demeure son problème personnel. D'ailleurs, le public dont je fais partie se fiche éperdument des petites guéguerres que se livrent des directeurs de festivals de cinéma et toutes sortes de lobby par la voie de journalistes pas si indépendants ni libres d'esprit qu'ils ne laissent croire.

Je me rappelle que Denis Côté, collègue de Lévesque, qualifiait dans ses chroniques de 2003 le FFM de mort et reprochait aux petit monde du cinéma et aux critiques de ne pas être assez critiques à son endroit. "Où êtes-vous passés bande de calices" leur a t-il lancé. Apparemment, le mépris n'aura pas triomphé.

En 1979, des cinéastes et producteurs québécois avaient manifesté contre Serge Losique pour des raisons fondamentalement politiques. Depuis, le festival a fait son chemin et plusieurs parmi les rétracteurs de Losique reconnaissent aujourd'hui, malgré les petites imperfections (et quel festival n'en a pas), que le FFM est devenu un rituel incontournable que des milliers de québécois pratiquent avec bonheur. Le FFM n'est pas le festival des vedettes, des stars et c'est tant mieux ainsi. Montréal ne sera jamais Cannes, ni Toronto.

Le FFM aurait pu s'appeler Vues du monde pour l'extraordinaire rétrospective du cinéma mondial qu'il nous offre. C'est principalement cela qui fait son originalité et son succès envers et contre les critiqueux montréalais.

Le FFM n'est pas mort parce que nous sommes des milliers à faire partie de sa longue vie. Non, Losique n'est pas mort. Son festival est plus que jamais vivant.

Bonne fête FFM.

Publié par Mohamed Lotfi le 24 août 2006 à 09:02 AM TrackBack Commentaires (0)