Les derniers exploits du géant Wal-Mart

Les Japonais, après la guerre, ont trouvé le moyen de reconstruire leur économie avec de l'aide étrangère, mais surtout leur travail. Dans les usines, c'était des séances de motivation, de longues heures de travail, une discipline de fer. En retour, sécurité d'emploi absolue, hausse graduelle des salaires, avantages sociaux, etc. Avec Wal-Mart, les dégâts de la guerre, c'est lui qui les produits: étranglement des petits et même gros fournisseurs, séances de motivation avec l'insulte d'appeller de pauvres employés au salaire minimum, des « Associés » - j'ai même entendu le syndicat reprendre ce terme !

On ouvre 3 magasins dans une région semi-rurale où deux suffiraient pour ensuite en fermer un après avoir détruit les commerces des centre-villes de ces petites villes, en amenant les gens magasiner dans les champs, avec tous les effets pervers que ça a sur la vie sociale, économique, communautaire, l'urbanisme, etc. Le géant Wal-Mart pour vendre sa camelote au plus bas prix possible pour s'accaparer du marché, pressure tellement les fournisseurs qu'ils font daillite ou « délocalisent » une partie de leur production dans les pays qui ont un réservoir immense de main-d'oeuvre « taillable et corvéable à merci » qui paient des salaires de 10 ¢ à 80 ¢ l'heure, sans aucuns avantages sociaux, travaillant de 10 à quatorze heures par jour, couchant dans des dortoirs près de l'usine - et même sur le trottoir - mangeant à côté de leur machine. Pendant ce temps, la « Madame est bien contente » et tout sourire comme le petit soleil des bas prix. C'est la misère de millions de semi-esclaves à travers le monde qui permet à l'ogre Wal-Mart de vendre cette chemise fabriquée en Inde 1,25$ de moins que notre boutique de vêtements indépendante ou même Sears et Zellers.

Un exemple terrible: un fabriquant de quincaillerie en région est obligé de fermer ses portes - 60 pertes d'emploi - parce que Wal-Mart lui offrait - comme le Parrain, une offre qu'on ne peut refuser - 1,44$ pour un article: le malheureux propriétaire de PME ne peut la produire à moins de 1,49$ sans faire de pertes: « T'es fini avec nous car on s'est trouvé un fournisseur en Roumanie ». Seulement, Wal-Mart constituait 60% du chiffre d'affaires de cette entreprise régionale. À Jonquière, le monstre a prétendu négocier pendant 9 jours, une première convention collective et a décidé, comme il ne pouvait tout décider comme partout ailleurs, de fermer ses portes.

Je pense que quiconque analyse les effets du système Wal-Mart à travers le monde: destruction des centre-villes, délocalisation et fermetures d'usines et magasins, effet d'entraïnement sur les autres transnationales, etc., s'il n'est pas tout simplement inconscient ou égoïste, n'achetera jamais plus dans ces magasins. S'ils ferment et des « faux associés » perdent leur emploi, tous les travailleurs et les citoyens conscients doivent se mobiliser pour leur trouver un plus digne et mieux rémunéré. Quant à ceux qui ne voient pas de liens entre Wal-Martisation, McDonaldisation et tiers-mondialisation de l'Occident, qu'ils continuent à se faire bouffer par l'ogre Wal-Mart!

Car il n'y a pas plus aveugle ou sourd que celui qui refuse de voir ou entendre.

Publié par Claude Morisset le 07 septembre 2006 à 08:33 AM TrackBack Commentaires (2)