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Le 21 octobre dernier, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec organisait une manifestation à Montréal. C'est près de 600 personnes, venues d'un peu partout à travers le Québec, qui ont marché dans les rues du quartier Hochelaga-Maisonneuve pour réclamer une pleine indexation de l'aide sociale. FILM À VISIONNER
En ce moment la moyenne des chèques mensuels de l'aide sociale est d'environ 545$. Avec cette somme, selon Marie-Josée Corriveau du FRAPRU, c'est à peine si on peut payer un loyer dont la moyenne montréalaise est de 562$ par mois. De plus, ces prestations ne sont soumises qu'à une demi-indexation au coût de la vie, ce qui amène les prestataires de l'aide sociale à s'appauvrir davantage année après année. Selon Nicole Jetté du Front commun, en réclamant la pleine indexation des prestations de l'aide sociale, on permet aux prestataires de répondre à des besoins vitaux: « nous sommes dans l'urgence des urgences » ajoute-t-elle. Aussi, plusieurs manifestantEs ont souligné le fait qu'il faudrait même réclamer beaucoup plus que la simple indexation, c'est-à-dire réclamer la couverture des besoins essentiels, se loger, se nourrir, se vêtir.
Ce court-métrage de 7 minutes est un compte-rendu faisant la lumière sur cette manifestation qui a d'ailleurs été très peu médiatisée. Ce jour-là, il y avait les militantEs du PLC-Québec réuniEs à l'auditorium du cégep Maisonneuve. Les médias de masse ont préféré accorder plus d'importance à « cette mascarade ». Pourtant, cet auditorium est situé à quelques pas du lieu où se tenait la manifestation, il aurait été facile pour les journalistes de faire la couverture de ces deux évènements en même temps.
Il semble évident que pour les médias de masse le spectacle de Stéphane Dion se faisant huer par ses propres compatriotes était beaucoup plus important que les revendications des personnes assistées sociales, qui seraient, comme on l'entend trop souvent , « de toute façon jamais contents et toujours en train de chialer ». Pourtant, les prestataires de l'aide sociale m'apparaissent plutôt courageux et peut-être même un peu trop silencieux, survivre avec 543$ par mois est loin d'être évident, leur cause mérite d'être entendue et diffusée largement!
Pour finir, lorsque Nicole Jetté affirme que la ministre Courchesnes connaît les souffrances des prestataires de l'aide sociale, elle fait référence à cette lettre que la ministre a fait paraître le 17 octobre dernier aux médias, dans le cadre de la journée mondiale du Refus de la misère. Dans cette lettre, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale se permet, en parlant de la lutte contre la pauvreté, « de lancer un appel à la générosité et à l'empathie des entreprises et citoyens afin qu'ils s'impliquent davantage, de façon durable et solidaire, dans ce défi collectif qui se veut certes exigeant, mais réalisable.»
Cet appel à l'empathie et à la générosité a beaucoup irrité la porte-parole du Front commun ainsi que les groupes populaires présents lors de la manifestation, et avec raison. Ils ont été nombreux lors du discours de clôture à dire qu'ils ne voulaient pas de charité. C'est ce qui a amené par exemple Lorraine Guay du Réseau de Vigilance à dire « qu'il n'y a aucun geste de charité, aussi pur soit-il, qui remplace des politiques, des programmes et des lois. »
Quoi qu'il en soit, comme tout bon gouvernement néolibéral, il semble encore une fois, que le nôtre cherche à se défiler de ses responsabilités sociales. Le Front commun pour les personnes assistées sociales du Québec et ses groupes partenaires font ce qu'ils peuvent pour contraindre le gouvernement à respecter ses engagements, mais la lutte est dure et terriblement inégale. Et comme d'habitude, il ne faut pas lâcher, être vigilants et continuer à se battre!
Publié par Santiago Bertolino le 26 octobre 2006 à 12:30 AM
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