Des anges qui vagabondent

Bonjour chers Tribuduverbiens.

Loin de moi l'idée de donner dans l'excès de convergence, mais je ne peux retenir mon désir profond de publier ma dernière chronique du BangBang en cette dynamique Tribu... Surtout suite au No-hell équitable rapporté plus bas par notre collègue Zircona ! Enfin... Sans trop vous gaver de cossins inutiles, ça se donne si bien un disque à un être cher. En toute solidarité avec de courageux travailleurs de la scène alternative de Montréal : Michèle et Serge des Anges Vagabonds.

Bonjour chers Tribuduverbiens.

Loin de moi l'idée de donner dans l'excès de convergence, mais je ne peux retenir mon désir profond de publier ma dernière chronique du BangBang en cette dynamique Tribu... Surtout suite au No-hell équitable rapporté plus bas par notre collègue Zircona ! Enfin... Sans trop vous gaver de cossins inutiles, ça se donne si bien un disque à un être cher. En toute solidarité avec de courageux travailleurs de la scène alternative de Montréal : Michèle et Serge des Anges Vagabonds.

De plus, vous achetez un cd, vous me foutez cette maudite pellicule plastique je-ne-sais-où, dans le bac vert puisque c'est comme ça, et vous faites quelques copies pour la grande guignolée des médiums!

Fais que, c'est ça. Kewl kewl.

S.

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L’ABOMINABLE HOMME DES CONS
Des anges qui vagabondent…
Simon Jodoin

« J'ai le chapeau bas à la main
Devant mes frères bohémiens » - Félix Leclerc

Michèle et Serge ne sont pas mes amis, tout au plus des connaissances, des gens que j’ai croisés assez souvent et avec qui j’aime bien discuter. Je ne suis pas une exception. La vaste majorité des artistes alternatifs de Montréal connaissent Les Anges Vagabonds, petite boutique de disque que ces amis dans la quarantaine entretiennent sans relâche depuis plus de cinq ans à Montréal.

Il y a peu d’exemples aussi riches que celui de Michèle et Serge pour mettre en relief la signification première de la culture, qui s’articule à partir de la notion de culte. Leur boutique est bel et bien un réel petit temple. On y honore le travail des créateurs, on les entoure d’égards et on y cultive un terroir original, à la main, de manière dignement traditionnelle et artisanale. Michèle et Serge prennent soin de leur boutique et de leurs clients autant que des petits producteurs de disques et de spectacles qui y vendent des cd et des billets. Rares sont ceux qui n’ont pas croisé Michèle lors d’un spectacle ou d’un festival, un peu partout au Québec, derrière le kiosque qu’elle trimballe fidèlement afin de vendre une riche collection de disques souvent introuvables ailleurs. Travailleurs de terrain, toujours en quête de nouveauté musicale et d’amis mélomanes, Michèle et Serge sont de ceux qui peuvent se vanter de n’avoir aucune entaille à leur réputation. Ils ont gagné, au fil des ans, le respect de leurs collègues créateurs, producteurs et diffuseurs alternatifs. Dans un monde où avoir l’air de est bien souvent la norme, ce n’est pas peu dire! Avec eux, pas de toc, pas de faux buzz trop sucré, juste la pratique authentique d’un métier d’art : disquaire de quartier. Des vrais.

Je vous parle au présent, mais d’ici quelques semaines, c’est à l’imparfait qu’on devra parler de la boutique de Michèle et Serge. Ils vont fermer leurs portes. Ils ont passé cinq ans à cultiver leur petit lopin situé sur la rue Mont-Royal, jusqu’au printemps dernier où ils ont été forcés de déménager à la suite du bail mis à terme par le propriétaire. Une grosse claque. Ils ont persisté dans l’aventure en ouvrant une nouvelle boutique sur la rue Rachel, mais, du coup, tout le labeur passé à fidéliser leur clientèle a été réduit à zéro. C’est comme ça la vie de quartier…Ça ne se déménage pas. C’est en revenant du boulot, pendant la pause café ou en faisant l’épicerie qu’on arrêtait voir Michèle et Serge, un peu comme on passe prendre un pain chez le boulanger. Ce genre d’habitude se forge avec les années et le résultat ne se recrée pas, en tout cas, jamais de la même manière.

Au cours des derniers mois, la solitude pesait trop lourd dans le nouveau petit local vide de la rue Rachel. Même en ressortant les râteaux et les pioches pour défricher ce nouveau terrain, même en se crachant très fort dans les mains, rien ne permettait d’espérer un redressement de la situation avant très longtemps. Ça peut prendre des années pour apprivoiser ses voisins. Or la faim et l’ennui ne sont pas des problèmes qui supportent des solutions à long terme. Alors c’est fini. Ils vont mettre la clé dans la serrure d’ici la fin de l’année. Mais l’aventure ne se terminera pas là. D’autres projets sont déjà en branle, comme une boutique en ligne, sur le web, qui devrait ouvrir en janvier (on en reparlera). Michèle continuera aussi de tenir des kiosques de disques dans différents endroits. Bref, on ira chercher les mélomanes là où ils se trouvent : devant leurs écrans d’ordinateurs et dans les petites salles de spectacle.

En attendant, cher public mélomane, Michèle et Serge vont ouvrir la boutique sept jours sur sept jusqu’à Noël, afin de liquider leur inventaire et tenter de limiter les dégâts financiers. Cette année, ne donnez pas simplement un cd en cadeau, donnez un cd acheté aux anges vagabonds. Vous encouragez ainsi doublement les artistes que vous appréciez. Ils sont au 72 Rachel est, à Montréal… www.angesvagabonds.com

Que faut-il conclure ? Une seule chose : Bravo et merci Michèle et Serge!

P.S. J’ai promis à Michèle de trahir ma réputation et de ne traiter personne de con en racontant son aventure. Promesse tenue. La semaine prochaine, on tentera de comprendre pourquoi, alors que les artistes «alternatifs» gagnent des trophées, le terroir socio-économique qui leur a permis d’éclore croule lamentablement dans la précarité… À suivre donc!

www.bangbangblog.com


Publié par Simon Jodoin le 11 novembre 2006 à 01:49 PM TrackBack Commentaires (2)