Pourquoi devrait-on toujours s'en prendre aux assistés sociaux?

Depuis toujours, il y a des gens qui critiquent les assistés sociaux à cause des préjugés que plusieurs entretiennent envers eux. Après tout, qui n’a pas déjà prétendu connaître ou avoir déjà connu des assistés sociaux qui abusaient du système?

Mais il ne faut tout de même éviter de mettre tous les assistés sociaux dans le même panier. Certains bénéficiaires ont peut-être des problèmes de santé; ont eu la malchance de voir leur usine fermée aux profits d’entreprises situées en Chine ou dans tout autre pays en voie de développement; ou encore ils ont été victimes de certaines décisions discutables prises par nos élus.

La réforme de l’assurance emploi au milieu des années 1990 est un bon exemple de ces décisions, puisqu’elle permet aujourd’hui selon M. Alain Proulx directeur régional du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), d’accorder des prestations d’assurance-emploi à seulement 40% des chômeurs, ce qui force donc les autres à se tourner vers l’aide sociale. Et pendant que ces chômeurs se tournaient vers l’aide de dernier secours, Ottawa détournait 45 milliards $ de la caisse d‘assurance-emploi , afin de rembourser la dette et financer les baisses d‘impôts promises qui profitent seulement aux mieux nantis de la société.

Les provinces ont bien appris la leçon d’Ottawa, et ont commencé elles aussi, à étudier certains scénarios pour résoudre leurs problèmes financiers. C’est notamment le cas de la Régie des rentes du Québec qui a envisagé il y a quelques années, la possibilité de "transférer" les personnes invalides de 60 à 64 ans vers les compagnies d’assurance privées et collectives, et si la personne invalide a la malchance de ne pas être assurée en raison des coûts élevés d’une telle assurance , elle devra alors peut être se tourner vers l’aide sociale, ou encore être forcée de prendre une retraite anticipée.

Certaines personnes bien intentionnées avancent toutes sortes d’hypothèses sur la façon de diminuer le nombre d’assistés sociaux comme « encourager » les personnes aptes au travail à faire du bénévolat dans le communautaires, ou encore à suivre des cours de formation, ce qui leur permettrait de toucher le plein montant de leur chèque, mais est-ce que ce sont vraiment des solutions réalistes ?

Le milieu communautaire serait-il intéressé à prendre des bénévoles afin de valider leurs chèques d’aide sociale ? C’est peu probable. Certains organismes communautaires ont le mandat de lutter contre la pauvreté et les injustices sociales, et en acceptant que les bénéficiaires d’aide sociale fassent du bénévolat dans le but d‘avoir le plein montant d‘aide sociale, ce serait comme s’ils donnaient leur aval à la décision gouvernementale ou encore qu’elles renieraient leur mandat. Pour la formation professionnelle, l’hypothèse pourrait être intéressante, mais encore faudrait-elle, qu’elle soit adaptée aux besoins actuels et futurs des entreprises.

Ce qu’il y a de plus pathétique dans tout ça, c’est que le gouvernement persiste à s’acharner sur les assistés sociaux dont les prestations ne permettent même pas à avoir un revenu décent (bien souvent ce revenu n’atteint même pas le seuil du niveau de pauvreté), alors qu’il existe toujours des compagnies qui paient peu ou pas d’impôts, grâce aux mesures fiscales adoptées par nos parlementaires.

Publié par Lawrence le 29 novembre 2006 à 04:53 PM TrackBack Commentaires (13)