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Ce texte a été envoyé au Devoir et à La Presse. En vain...
Ce qui se passe actuellement à la prison de Milhaven, à Kingston, en Ontario, est scandaleux à plusieurs égards. D’abord, l’emprisonnement sous certificats de sécurité de trois hommes jamais reconnus coupables de quoi que ce soit puisque jamais jugés. Ensuite, l’intimidation constante dont sont victimes ces détenus, Hassan Almrei, Mahmoud Jaballah et Mohammad Mahjoub (comptage incessant, interdiction d’utiliser un grand espace qui jouxte la prison pour faire le peu d’exercice qui leur est permis, exclusion de la cafétéria de la prison, refus de les soigner dans leur unité de vie, etc.). À tout ceci s’ajoute la détresse psychologique d’un emprisonnement dont les causes et la durée restent indéterminées (plus de 5 ans à ce jour).
Et c’est avec l’argent des contribuables canadiens que tout ce cirque est possible. Plus de 3 millions de dollars (3 fois plus que prévu) ont été déboursés pour construire cette aile de détention dédiée uniquement aux certificats de sécurité. Et ce sont plus de 2 millions qui sont dépensés chaque année pour maintenir ces prisonniers dans de telles conditions.
Aujourd’hui, le 7 février 2007, Mahjoub en est à son 75e jour de grève de la faim, alors que Jaballah et Almrei en sont à 64 jours. Ils se privent de nourriture notamment pour obtenir les mêmes droits que les autres prisonniers fédéraux (accès à une bibliothèque, visites privées de la famille, etc.) et pour qu’un surveillant les accompagne lorsqu’ils doivent quitter leur cellule; ceci afin d’éviter toute intimidation de la part des gardiens. À noter que les prisonniers ont déjà dû faire la grève de la faim par le passé pour pouvoir bénéficier de chauffage en hiver, de paires de lunettes ou de chaussures (sic) ! La visite à Kingston le 25 janvier dernier de Stockwell Day, ministre de la sécurité publique, n’a rien changé à la situation : il n’a pas rencontré les trois hommes; aucune négociation n’a eu court et le scandale se poursuit.
La semaine dernière, les prisonniers ont fait savoir à ceux qui les soutiennent qu’ils se sentaient extrêmement faibles, au point de devoir rester couchés à la journée longue. Aucun médecin n’est venu vérifier leur état de santé. Or, après autant de jours de privation, les trois hommes peuvent à tout moment tomber dans le coma. De nombreux professionnels de la santé, de partout au pays, ont d’ailleurs cosigné une lettre il y a deux semaines demandant que les détenus reçoivent au plus vite une surveillance médicale. Mais rien n’a été fait. Est-ce que le gouvernement compte laisser mourir Almrei, Jaballah et Mahjoub après les avoir traités avec autant de mépris ? Est-ce là toute la leçon qu’il tire de l’affaire Arar ?
(Je publie ce texte ici au risque de me faire "Piloniser" ou "Armand Bessettiser"... La chasse est ouverte : amusez-vous les gars ;-) )
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