Le transport en commun au Québec et au Canada: « cordonnier mal chaussé »

Il ne se passe une semaine sans que Bombardier Transport ne décroche un contrat de centaines de millions de dollars en Thaïlande, Angleterre, Turquie, etc. Personne n’ignore que le siège social de Bombardier se situe à Montréal, Québec, Canada; alors, comment se fait-il que ces investissements s’effectuent toujours ailleurs, même aux États-Unis, et jamais ici ? Le Canada et le Québec, semblent préférer continuer à engouffrer des sommes faramineuses dans l’avion – très cher pour le transport des personnes et marchandises sur des distances de moins de 1000 kilomètres – et dans les autoroutes, avec la multiplication des camions lourds et des véhicules personnels, polluants et ruineux pour les entreprises et les particuliers.

Le Canada et le Québec qui ont développé une très grande expertise dans les transports continuent à être des cordonniers chaussés de savates rapiécées et de chaussures mal adaptées aux saisons et au terrain quand il s’agit de permettre aux gens de se déplacer rapidement et confortablement: même dans les autocars ou avions de luxe, tout voyage de plus de deux heures ne sera jamais aussi agréable que dans un train (de même catégorie) !

Depuis les années 50, les pouvoirs publics ont laissé se détériorer le transport public au profit de l’auto et du camion. Plusieurs pays – comme le Royaume-Uni qui a octroyé d’énormes contrats à Bombardier – doivent maintenant investir des dizaines de milliards pour réparer les dégats. C’est sûr qu’en laissant se détériorer le service, tant le transport ferroviaire qu’urbain, on a découragé les gens de les utiliser et on les a poussés, à coup de centaines de millions d’une publicité obsédante de l’industrie automobile et pétrolière, à se tourner vers le « char » qui empoisonne notre air et ruine nos bourses et nos nerfs, ainsi que vers les mastodontes à 8 roues et plus qui défoncent nos routes et sont souvent des bombes roulantes.

Il est temps de revenir au bon sens – au train et au bateau – et que le « cordonnier » recommence à se chausser comme du monde. Nos dirigeants politiques en auront-ils le courage ?

Publié par Claude Morisset le 28 février 2007 à 09:08 AM TrackBack Commentaires (2)