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À quiconque étudie la montée des nations à partir de la chute de Napoléon (d’ailleurs, on peut raisonnablement prétendre que Napoléon a précipité l’éclosion des nationalismes) une constante apparaît: les bourgeoisies nationales ont été créées avec l’aide de l’État et le nationalisme les a bien servies. De l’Europe à l’Amérique Latine aux États-Unis, au Canada et au Québec – au Japon, en Russie jusqu’à la Révolution de 1917, etc. – alors que les empires prônaient le libre-échange (la mondialisation-globalisation), les bourgeoisies, mexicaine, argentine, polonaise, québécoise, etc.) s’appuyaient sur les élites politiques, petites-bourgeoises elles aussi, pour obtenir des subventions de l’État, des protections tarifaires, et autres aides gouvernementales, pour construire une économie « nationale » derrière l’armature du nationalisme.
Le phénomène me semble avoir été assez bien étudié par les Alfred Dubuc, Fauteux et Gérard Bouchard (qui l’a étendu aux « nouveaux pays »). Nous avons nous-même observé ce phénomène au Mexique durant nos deux années d’études à l’Université Nationale. Pour ceux que ça intéresse, à lire absolument, La muerte de Artemio Cruz de Carlos Fuentes, traduit en une multitude de langues, qui peint un tableau hallucinant du pourrissement des dirigeants révolutionnaires de 1910-1917, du PRM-PRI qui a régné sur le Mexique pendant 70 ans.
Vous me direz, en quoi cela concerne-t-il le Québec ? Je vous répondrai que la Révolution tranquille – même contradiction dans les termes que pour le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du Mexique – en créant l’État québécois a aussi créé une bourgeoisie francophone nationaliste qui, entre 1960 et 1995 environ, a arraché les rênes du pouvoir à la bourgeoisie anglophone, les « Montrealers ». Bombardier, l’Industrielle Alliance, la Caisse de Dépôt, la SGF, le Fonds de solidarité de la FTQ – hé oui! – Lavallin, etc. se sont construits avec l’aide directe ou indirecte de l’État. Le Québécor de Péladeau, père, s’est nourri du nationalisme québécois. Mais tous ces rejetons de l’état-nation sont maintenant devenus des transnationales, des joueurs majeurs dans le capitalisme « globalisé ». Comme partout ailleurs, le cadre national est devenu trop étroit pour les Bombardier, Quebecor (sic) et autres Lavallin; c’est pourquoi les Péladeau, fils, se sont empressés de laisser tomber les accents sur Québécor. Verrons-nous, à l’instar de Cogeco, les accents de Vidéotron, le Journal métropolitain, etc. s’envoler.
Coïncidence intéressante, un des pères de l’ALENA, Brian Mulroney, n’arrêtait pas de repeter (sic) que le libre-échange était la solution à tous les problèmes; mais devons-nous y perdre notre accent québécois ? Nous n’en sommes pas encore au 7,800 mots d’anglais des Français ou aux réunions du conseil d’administration de Renault en anglais, cependant les dirigeants péquistes devraient comprendre un peu mieux où s’en va le nationalisme quebecois (sic).
Publié par Claude Morisset le 07 mars 2007 à 10:19 AM
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