L’impasse parlementaire

À chaque élection, les distorsions de notre mode de scrutin se font de plus en plus évidentes. À ce sujet, Charles de Lugalle nous fait parvenir ce texte, qu'il nous fait plaisir de diffuser ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

L’impasse parlementaire

La dernière élection montre pleinement les limites du système parlementaire basé sur le scrutin uninominal à un tour. Ce sytème est par essense instable, car les boucles de rétroaction de la satisfaction des électeurs génèrent des corrections exagérées qui se traduisent par des soubresauts politiques qui, trop souvent, provoquent des effets pervers.

Le problème est l'omniprésence des partis politiques sans lesquels la politique est impossible. Les partis, en s'insérant entre les citoyens et le gouvernement, contribuent à aliéner ce dernier des réalités sociales.

On entend souvent parler de système de représentation politique proportionnel, c'est à dire où l'influence des partis serait proportionnelle à leur nombres de suffrages reçus. Mais ces systèmes ont le défaut de ne pas directement lier l'électeur au représentant de sa circonscription, et peuvent engendrer un grand nombre de partis, rendant le gouvernement difficile en cas de grande fragmentation de l'électorat.

Pourquoi ne pas établir un système totalement différent?

  • Chaque circonscription a deux députés: un député du "pouvoir" et un de l'"opposition".
  • Chaque circonscription a un seul vote, divisé entre les deux députés.
  • Toute mention ou manifestation partisanne est prohibée à l'assemblée.
  • Les députés sont élus au suffrage à deux tours; le premier détermine les deux finalistes, et le second déterminera lequel des finalistes sera au "pouvoir" et lequel à l'"opposition". Ainsi, l'opposition ne peut pas neutraliser le pouvoir, mais le pouvoir n'est pas concentré.
  • Le vote est divisé entre le pouvoir et l'opposition selon leur pourcentage de suffrages reçus.
  • Les deux députés siègent ensemble, au même pupitre; ainsi, il devront travailler ensemble pour leur circonscription, sans partisannerie. Et ils partagent le même bureau dans leur circonscription.
  • Le mandat de chaque député dure entre quatre et cinq ans. En cas de démission, une élection a lieu dès que possible, déplaçant, si nécéssaire, les élections originalement prévues. Cela introduit un certain hasard dans le calendrier des élections.

Cependant, afin d'éviter les soubresauts politiques, il n'y a jamais d'élection générale (sauf au tout début); elles sont toujours partielles. Les élections sont étalées dans le temps pour que chaque circonscription subisse un scrutin entre quatre et cinq ans. De cette façon, le changement est progressif; il n'y a pas de ces raz-de-marée qui sont si dérangeants.

Charles de Lugalle

Publié par La Tribu du Verbe le 31 mars 2007 à 09:22 AM TrackBack Commentaires (1)