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J’aurais pu titrer « L’électorat est cynique », mais l’image n’aurait pas été assez forte. J’aurais aussi pu choisir « L’électorat est sadique », mais « pervers » me semble plus approprié, parce que dans pervers on retrouve autant le côté cruel et immoral du sadisme, que le sens d’effet non désiré.
Tout ça pour vous dire que, semble t’il, le Québec s’apprête à voter pour Mario Dément et son « équipe de rêve» adéquiste. Du moins, c’est ce que les sondages, les analyses et même le fond de l’air nous laisse présager. Pourtant, l’électorat ne prévoit pas et sans doute ne souhaite pas un gouvernement du Tit-Mario. L’électorat prévoit un second gouvernement patapoufien, avec Mario comme pitt bull. L’électorat veut du changement, comme en 2003, mais comme en 2004 et 2005, l’électorat sortira dans la rue, s’il le faut, pour que le changement ne soit pas vraiment mis en œuvre. Ne jetez vos pancartes « On n’a pas voter pour ça », elles serviront sûrement dans les prochains mois. Parce que l’électorat votera Mario, en pensant quand même que d’autres, on ne sait trop qui, sans doute le vote ethnique et les pleins de fric, feront passer Jean Patapouf Charest. Et qui de mieux que Charest pour ne rien respecter de ses promesses et ne rien faire de trop dérangeant, surtout s’il a l’ADQ au cul dans son second « mandat clair ». Vous voyez bien que l’électorat est pervers et que ce n’est pas d’aujourd’hui, ni d’hier. Duplessis a bel et bien été élu plusieurs fois et Hitler aussi. Et Bush et Berlusconi et Chirac et tant d’autres. Croyez moi ce n’est pas juste une vague de conservatisme qui domine la planète, c’est aussi une vague de perversité.
Puisqu’en sondant un simple échantillon de 1 000 personnes, on peut définir les convictions profondes et les intentions de vote d’une population de 7,5 millions d’individus avec une certitude de 95%, 19 fois sur 20, il faut considérer l’électorat ou le « corps électoral », tel que défini dans cet excellent article, comme une collectivité quasiment « intelligente » qui s’apprête à poser un geste concerté et délibérément pervers : voter pour Mario en espérant qu’il botte le cul à Patapouf. L’électorat veut aussi garder le PQ dans le décor mais en sourdine, histoire de pouvoir éventuellement ressortir le tomahawk de l’indépendance quand le Canada sera de nouveau écœuré d’essayer de satisfaire les caprices du Québec, cet éternel assis entre 2 chaises. Le PQ n’aura qu’à se trouver un chef plus proche du monde n’habitant pas le Plateau Mont-Royal et il reviendra nous voir au prochain tour, semble dire le « corps électoral » en se grattant la poche et en bavant légèrement.
Pour participer pleinement et efficacement au « corps électoral », prenez vos directives du CCEQ.
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