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David Litvak, responsable de la Campagne pour une Assemblée citoyenne sur la réforme du mode de scrutin au Québec, nous fait parvenir ce texte traitant de nos choix "démocratiques". Il nous fait plaisir de le diffuser ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.
Une démocratie de Coke et Pepsi
Peut-on vraiment croire que l’on vit en démocratie lorsque les seules alternatives au discours dominants ont… leur propre débat? C’est un peu ridicule, non, d’avoir un débat à trois, un débat de Coke, Pepsi et Coke Diète, et un discours à deux, de jus d’orange et de lait. Eux, au moins, ils sont différents, au point de pouvoir dire qu’ils présentent, véritablement, des alternatives.
Il ne faut pas dire que les autres partis sont identiques, ce serait là négliger le fédéralisme, l’autonomisme et le souverainisme, la droite pragmatique, idéologique et le centrisme, mais il faut se rendre à l’évidence, au Québec, la démocratie, ça se fait dans rue, et le Parlement, qui se pavane de démocratie, n’est en fait que le lieu d’une dictature du conformisme à trois têtes.
Ce n’est pas dire que les forces conservatrices ne peuvent exister, qu’elles n’ont pas le droit démocratique d’exister, mais c’est plutôt affirmer que les forces progressistes, qu’elles soient écologiques ou sociales, ont aussi le droit politique d’exister. La démocratie prime sur l’idéologie, et donc la démocratie, la discussion sur la démocratie est supérieure et prime sur la discussion sur l’idéologie.
La discussion sur la méthode de répartir les sièges en fonction des suffrages, donc, en langage de politicologue, le mode de scrutin, doit donc être menée dans un autre cadre que celui de l’Assemblée nationale. Comment peut-on demander, sérieusement, à des députés de trancher de l’avenir de leur formation politique, du rôle de la compétition politique, de la valeur des suffrages de tous et chacun, sans se retrouver dans la chaise du juge et partie.
Le juge souverain, légitime, en démocratie, c’est le peuple. Mais on ne peut tout de même pas demander à tout le monde de se mettre à débattre sur le mode de scrutin, ce serait là vouloir gouverner à sept millions! Plutôt, il faut sélectionner une Assemblée citoyenne, capable de statuer sur la question et de soumettre une proposition au peuple, qui tranche une fois pour toute ce débat qui dure depuis 40 ans au Québec.
C’est ce qui a été fait, avec succès, en Colombie-Britannique, et c’est ce qui est en train de se faire, présentement, en Ontario, pour réformer le mode de scrutin. Ce n’est pas dire que seuls les membres de l’Assemblée doivent débattre, mais plutôt qu’ils agissent en tant que juge d’une délibération sociétale plus large. Dans le cas de l’Ontario, par exemple, plusieurs Assemblées étudiantes ont été créées, ce qui nourrit le processus délibératif au sein de l’Assemblée citoyenne de l’Ontario.
Au Québec, il est vrai que le processus de réforme a, pour l’instant, été fait de manière classique, celle de la pression sur les instances gouvernementales et parlementaires pour agir sur ce dossier, mais on ne peut raisonnablement espérer du parti au pouvoir qu’il fasse une réforme dénuée d’intérêts partisans. Le scrutin proposé dans l’avant-projet de loi du ministre Responsable de la réforme des institutions sortant, M. Pelletier, était un mode de scrutin made in PLQ.
Il ne faut se le cacher, ni même, réalistement, espérer davantage. Un parti politique en compétition avec d’autres formations émergentes, et celles qui existent présentement, n’ira pas faire une réforme nonobstant ses intérêts partisans. Le seul moyen de réaliser cela, serait d’avoir un scrutin si infect, que la population refuse d’y participer, mais on a quand même des élections, et un semblant de démocratie. Cela ne veut pas dire que cette démocratie soit idéale, et qu’elle ne soit améliorable, surtout, car des modèles alternatifs, en fait, dominants dans les démocraties occidentales, comme le régime proportionnel, existent, fonctionnent et permettent à ces sociétés de vivre dans un cadre démocratique pluraliste, avec des partis qui se font une compétition politique « fair play ». Pour pouvoir en dire autant du Québec, il serait juste, je crois, de promouvoir l’idée d’une Assemblée citoyenne sur la réforme du mode de scrutin au Québec.
David Litvak
Campagne pour une Assemblée citoyenne sur la réforme du mode de scrutin au Québec
Site web et pétition : www.assemblee-citoyenne.qc.ca
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