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La Consommation responsable. Entre bonne conscience individuelle et transformations collectives
Par le Collectif d'étude sur les pratiques solidaires
« Acheter, c’est voter ! » Ce slogan qui a popularisé le commerce équitable semble de plus en plus repris par tout un chacun. Consommation avertie, solidaire, responsable, citoyenne, engagée, verte ou éthique, simplicité volontaire, consomm’action, développement durable, responsabilité sociale des entreprises…
Ces nouvelles pratiques apportent aux individus un certain « pouvoir » politique quotidien et prometteur. Mais alors que plusieurs personnes peinent à se nourrir convenablement, se demander s’il vaut mieux acheter des bleuets bio importés que des bleuets locaux non-bio ou payer deux fois plus cher une veste de design québécois prend un sens équivoque et même superflu. Autrement dit, ces « votes » de consommateurs font-ils vraiment une différence ? Et si la consommation responsable n’était qu’un leurre, un nouvel artifice publicitaire qui « capitalise » sur la conscience sociale des consommateurs et des consommatrices, sans modifier les fondements des inégalités sociales ? La consommation responsable deviendrait alors un outil pour freiner les critiques envers l’économie néolibérale en amoindrissant ses effets pervers. À l’heure où Wal-Mart et Loblaws vendent du café équitable, ces interrogations deviennent plus que pertinentes...
Devant l’impressionnante capacité de récupération du système capitaliste, l’important moteur de transformation sociale que représente la consommation responsable pourrait être compromis. Par conséquent, que peut-on faire pour aller plus loin que le vote économique ?
Les fidèles de La tribu se rappellent peut-être un petit débat qui avait eu lieu ici-même sur cette question un peu provocante : la consommation responsable est-elle au service du néolibéralisme ?
Le livre qui vient de paraître chez Écosociété est le résultat du séminaire du Collectif d’étude sur les pratiques solidaires (CEPS), lequel avait pour but d'élaborer une critique constructive de la logique (réductrice) de l’acheteur-voteur. Le bouquin paraît dans une nouvelle collection, Actuels, qui « propose d’allier débats de fond et sujets d’actualité au sein d’un outil de vulgarisation. Les Actuels sont concis, pratiques et à un prix accessible. »
Étant l'un des concepteurs du livre, je peux vous dire qu’il est très intéressant et assez innovateur quant à sa forme. On a voulu sortir de la forme universitaire très formelle, qui s’approche parfois de la langue de bois. Il y a donc dans ce livre quelques caricatures, la transcription du débat qui a eu lieu ici sur La Tribu, une introduction un peu plus formelle (je l’avoue d’autant plus que c’est moi qui l’ai écrite), la transcription des allocutions des trois invitéEs ainsi que la transcription du débat qui a suivi. On a parsemé ça de citations d’entreprises ou de personnalités publiques : Proctor et Gamble et Monsanto qui nous expliquent le développement durable, Waridel qui précise sa pensée sur le vote, etc. Le tout se conclue par un petit manifeste qui invite à repenser les possibles sans oublier les centaines de millions de personnes qui ne peuvent pas participer au jeu clinquant de la consommation.
Je me place en conflit d’intérêt et je vous le recommande vivement….
En librairie le 24 avril 2007 * 96 pages * 12 $
Lien suggérés :
Collectif d’étude sur les pratiques solidaires
Colloque sur la décroissance soutenable le 26 mai 2007 Montréal
Publié par Le Couac Dinner le 26 avril 2007 à 03:19 PM
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