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Il y eut d'abord cet article en Une du Devoir de lundi passé le 2 avril intitulé "Oui à la proportionnelle" et qui annonçait le lancement d'une pétition pour tenter de convaincre nos élus de l'urgence de réformer notre mode de scrutin.
Puis, dans le Devoir du lendemain, le mardi 3 avril, un suivi intitulé "Proportionnelle: les «conditions gagnantes» seraient-elles réunies ?"
On apprenait aussi en toute fin de cet article qu’il y avait actuellement un débat sur la stratégie permettant de concrétiser le plus rapidement possible cette réforme du mode de scrutin qu'on reporte depuis des décennies au Québec.
La première stratégie correspond à la pétition mentionnée ci-haut. C'est celle de groupes qui font pression depuis des années sur nos élus pour que ce soit eux qui procèdent à cette réforme. L’autre stratégie serait de constituer une Assemblée Citoyenne qui, elle, s’en chargerait. La différence entre les deux est résumée dans l’extrait ci-bas écrit par David Litvak, promoteur de cette seconde voie :
"Une Assemblée citoyenne permettra :
D’enclencher un processus de réforme qui doit aboutir,
De faire une réforme dans l’intérêt des citoyens,
De faire participer les citoyens dans l’élaboration du projet de réforme,
De s’assurer que le projet soit entériné par la population en référendum.
C’est donc un projet sûr, participatif, citoyen et démocratiquement légitime.
L’autre voie de réforme par la pression sur les partis et le gouvernement pour qu’ils réforment le mode de scrutin présente les inconvénients suivants :
Le processus pourrait ne pas aboutir,
La réforme pourrait être polluée par des intérêts partisans,
Les citoyens ne sont appelés qu’à être consultés,
La proposition ne sera pas entérinée par référendum.
Il nous semble donc que procéder par la voie citoyenne est de mise pour s’assurer que la réforme se fasse, et se fasse bien. Cette voie a précédemment été expérimentée en Colombie-Britannique et est en cours en Ontario. "
Les commentaires suivants de Daniel Fortin (écrits suite aux articles du Devoir) sont aussi éclairants :
"Le projet et la pétition qui sont l'objet de cet article proposent de demander aux élus de l'assemblée nationale de réfléchir et réformer eux-même le mode de scrutin. Le danger est que la décision prise (en admettant qu'il s'en prenne une) soit une réforme incomplète ou insatisfaisante comme celle que proposait les libéraux, où un parti devait atteindre 10% à 13% des suffrages pour émerger.
La meilleure façon de réformer le mode de scrutin afin qu'il se colle aux besoins de représentation de la population est de demander à la population même de réfléchir et de proposer la réforme. Il s'agit d'exiger la formation d'une assemblée citoyenne, composée d'électeurs choisis aléatoirement sur les listes, qui accouchera d'un projet de réforme soumis par la suite à l'ensemble de la population lors d'une consultation populaire. Une fois enclenché, ce processus ne peut s'arrêter (donc aboutira, enfin)."
"Au dernier jour de la campagne, je croise le candidat péquiste de ma circonscription, Stéphane Bédard, et je lui dis : j'espère que c'est la dernière élection sous ce mode de scrutin. - Je ne crois pas, me répond-t-il.
Stéphane Bédard est aujourd'hui élu. Dois-je vraiment compter sur mon député pour réformer le mode de scrutin ? J'en doute...
Exigeons donc la mise sur pied de l'Assemblée Citoyenne. C'est un exercice de démocratie participative. De toute évidence, les gens veulent s'impliquer, ont des idées et des suggestions. Est-ce qu'on va encore laisser cela dans les mains des élus, qui sont à la fois juges et partis pour la réforme ?
Allez signer la pétition de M. Litvak pour une ASSEMBLÉE CITOYENNE ! "
Finalement, je terminerai ce petit résumé de la situation sous forme de copier/collé par ce commentaire plutôt direct de M. Litvak concernant le 2e article du Devoir :
"Rappelons, tout en invitant André Larocque à aller se masturber intellectuellement lui-même, que le soi-disant projet de loi qui est sur la table empêcherait les formations politiques qui ont moins de 10-13 % d'émerger à la hauteur de leur poids politique (grâce à des circonscriptions régionales sans compensation nationale, un vote unique pour un candidat directement reporté sur son parti et une méthode de répartition des restes évinçant les petites formations politiques). Il y a donc lieu de croire qu'un homme intelligent, s'il en est, qui se présente sous la bannière du PVQ, devrait comprendre qu'un tel mode de scrutin empêcherait son parti d'être adéquatement représenté à l'Assemblée nationale. C'est parce que des incompétents comme lui ont été derrière cette réforme depuis le début, il fait partie avec Claude Béland, Henry Milner et Vincent Lemieux ainsi que Louis Massicotte, du camp des conservateurs de la réforme (les trois derniers sont compétents, mais conservateurs - Henry un peu moins), que l'on en est arrivé à ce point où il faut faire comme en Colombie-Britannique et en Ontario et reconnaître que les partis politiques, PLQ en tête, et même certains des acteurs du mouvement de réforme, dont le MDCQ, sont en conflit d'intérêt. Ceux-ci, en effet, accepteraient n'importe quoi, tout en sachant qu'un scrutin, ça dure généralement 50 ans, ou plus. (Les Français, qui ont changé le leur en 1958, en tout cas, s'apprêtent à le repenser en mode proportionnel). De toute évidence, personne n'est adéquatement informé des enjeux de la réforme.
Si vous appuyez la proposition d'Assemblée citoyenne sur le modèle de Colombie-Britannique et d'Ontario, signez notre pétition : Oui, à la proportionnelle, mais pas n'importe comment et pas n'importe quoi !"
Publié par Yvon D. Ranger le 09 avril 2007 à 11:10 AM
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