La catastrophe écologique des Lagunes de Mercier

Dans le cadre des activités En Vert et Pour Tous, Héritage St-Bernard organise une conférence publique portant sur la Catastrophe écologique des Lagunes de Ville Mercier, le mardi 5 juin 2007 à 19h30, au pavillon multifonctionnel de la ville de Châteauguay.

Depuis 1968, la région de Ville Mercier est le théâtre d’une des pires catastrophes environnementales du Québec suite au déversement de 40 000 tonnes d’hydrocarbures dans le sol. Quarante ans plus tard, l’eau et l’air continuent d’être pollués par les activités industrielles d’un incinérateur et d’une usine de pompage sur le site des « Lagunes de Mercier ». Mais qui s’en souvient ? À l’heure actuelle, où en est rendu le dossier ?

Cette conférence évoquera les enjeux de la contamination du site ainsi que l’importance de l’action écocitoyenne dans l’évolution de l’histoire. La conférence sera prononcée par deux intervenants : Daniel Green, président de la Société pour vaincre la pollution et environnementaliste bien connu au Québec, qui est l’un des piliers du dossier des lagunes de Mercier et Maude Laberge, sociologue de formation et employée d’Héritage Saint-Bernard, qui a fait sa maîtrise en sciences de l’Environnement. Son mémoire de maitrise porte sur les interventions écocitoyennes du dossier de la catastrophe écologique de la région de Mercier.

Pour souligner la Journée Mondiale de l’environnement et pour inciter la population de la région à se renseigner sur un cette catastrophe écologique, la conférence sera offerte gratuitement à la population. Les personnes intéressées sont toutefois invitées à s’inscrire à l’événement en rejoignant Héritage Saint-Bernard au (450) 698-3133.


Information et réservation: (450) 698-3133

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Catastrophe écologique des lagunes de Mercier

C’est arrivé près de chez vous

Le dossier des lagunes de Mercier, ça vous dit quelque chose? Un vague souvenir? Une vieille rancœur? Ce dossier est si proche et si loin à la fois: proche géographiquement, loin dans nos pensées, dans nos actions, dans l’histoire… Alors, pour raviver notre mémoire collective, rappelons que depuis près de 40 ans, l’eau, l’air et le sol sont contaminés par des activités industrielles, à ville Mercier. Que s’est-il passé ? Qui sont les responsables ? Où en sommes nous aujourd’hui ?

Les lagunes noires de Mercier

L’histoire commence à la fin des années 1960. Le gouvernement du Québec autorise alors une compagnie à utiliser une carrière de ville Mercier pour y déverser des déchets toxiques. Le site choisi était en bordure du rang Sainte Marguerite, au beau milieu d’une zone agricole. Il comportait quelques étendues d’eau de petites tailles, nommées « lagunes ». Celles-ci étaient désormais destinées à recevoir des milliers de tonnes de déchets liquides dangereux, notamment des huiles usées et des hydrocarbures. Les lagunes bleues se transformèrent en un magma toxique aux couleurs et aux odeurs douteuses…

Les déchets liquides déversés dans ces lagunes se sont infiltrés graduellement dans la nappe phréatique située juste au dessous, polluant ainsi une ressource inestimable d’eau potable. Le panache de la contamination souterraine est évalué aujourd’hui à 30 km2. C’est pour cette raison que plusieurs municipalités dans la région sont désormais dépendantes de l’aqueduc de Châteauguay pour s’approvisionner en eau.

De la pollution…dans l’air du temps

La catastrophe écologique ne se limite malheureusement pas à la contamination des lagunes et des eaux souterraines. Les autorités gouvernementales ont fait construire, quatre ans après le début des déversements, un incinérateur. Celui-ci était présenté comme une solution technique visant à « éliminer », dans les airs cette fois, les déchets liquides qui n’étaient pas encore « disparus » dans la nappe phréatique. Encore une fois, la construction de cet incinérateur fut autorisée par le gouvernement, mais a toujours été opéré par des firmes privées, dont l’identité a changé à plusieurs reprises au fil des années. Ajoutons que l’incinérateur ne devait être en opération que pour une durée limité de quelque mois, puisque la décontamination des lagunes devait se conclure rapidement. La réalité est toute autre puisque cet incinérateur rejette dans l’air des émissions sans interruption depuis maintenant 34 ans. Notons que ni le site, ni la nappe phréatique n’ont été décontaminés. En fait, l’incinérateur est l’une des plaques tournantes de l’industrie des déchets dangereux en Amérique du Nord. Or, tout porte à penser que ce fructueux commerce amplifient les problèmes écologiques de notre région déjà lourdement éprouvée.

De la pollution à l’action écocitoyenne

Depuis le début de la saga, nombreux furent les citoyens et environnementalistes mobilisés dans le dossier pour défendre un droit élémentaire de vivre dans un environnement sain. Malgré les nombreux épisodes de mobilisations collectives, malgré leur constance et leurs différentes stratégies, il faut néanmoins constater que les gouvernements successifs n’ont jamais répondu à leur requête principale. Celle-ci, à la fois simple et exigeante, formule le souhait de connaitre les risques environnementaux et sanitaires liés à la pollution industrielle, qu’il s’agisse des lagunes ou de l’incinérateur.

L’histoire de cette contamination environnementale est typique: actions de pollution (autorisée par les autorités gouvernementales), réactions des citoyens, actions des environnementalistes, jeu de cache-cache juridique entre responsables des contaminations pour déterminer qui payera la facture liées à la décontamination… Dans tous les cas, l’avenir du dossier réside à la fois dans des solutions techniques visant la décontamination, certes, mais aussi, faut-il le rappeler, au niveau social, dans la volonté des différents acteurs impliqués de mettre de côtés leur intérêts parfois partisans, souvent corporatifs, au profit d’un engagement pour le bien commun.

Maude Laberge

http://lagunesdemercier.blogspot.com/

Publié par Stalker le 29 mai 2007 à 08:03 AM TrackBack Commentaires (0)